top of page

Buenos Aires, aux pas du tango

  • Photo du rédacteur: 1anenparenthese
    1anenparenthese
  • 29 juin 2022
  • 9 min de lecture

Jour 1: atterrissage réussi dans la capitale 

Nous quittons l'appartement d'Ushuaia à 17h. Dehors il y a beaucoup de vent et le ciel est très couvert. Nous avons vraiment eu beaucoup de chance avec la météo ensoleillée pendant nos 5 jours de randonnées à Ushuaia. L'avion décolle à 19h et c'est le premier que nous prenons en Argentine. C'est le fils de Benito, notre chauffeur de taxi à Ushuaia, qui nous emmène à l'aéroport. Le petit bâtiment est construit en bois et possède un certain charme. Le temps passe très vite dans ce beau cadre et nous voilà embarqués pour 3 heures de vol. Comparés au sièges des bus, ceux de l'avion sont moins confortables et disposent de moins de place pour les jambes. Nous atterrissons à l'aéroport Ezeiza, au sud-ouest du centre de Buenos Aires, vers 22h et il y fait déjà bien nuit. Nous récupérons nos bagages et sortons à la recherche d'un taxi. L'objectif est de trouver un taxi à l'extérieur de l'aéroport, où ils sont souvent moins chers, mais nous apprenons qu'il y a un tarif unique pour rejoindre le centre-ville. Puisque le tarif est unique, pas besoin de négocier, de se méfier ni de chercher plus loin. Nous montons donc dans la voiture d'un monsieur bien bavard et grand fumeur, vu l'odeur dans son taxi. L'accent espagnol de la région de Buenos Aires est fortement influencé par la langue italienne. Notre chauffeur nous dit que lui-même est issu d'une famille d'immigrants italiens. Pendant les 45 minutes de traversée de Buenos Aires jusqu'à notre appartement, les filles s'endorment. Emilien et moi ne nous ennuyons pas, car le chauffeur nous tient bien réveillés avec ses anecdotes, mais surtout avec sa conduite imprudente: il roule vite et regarde très peu la route, étant trop occupé à nous regarder nous, pendant qu'il nous parle. Arrivés devant l'immeuble, nous descendons de la voiture soulagés et attendons que le propriétaire descende nous ouvrir la porte. Celui-ci nous emmène carrément sur le toit de l'immeuble où se trouve l'ingénieux duplex, un peu obsolète mais spacieux tout de même. Nous avons réservé uniquement 3 nuits à Buenos Aires, ce qui devrait largement suffire pour ce que nous voulons faire. 


Jour 2: premier spectacle de tango 

Ce matin, les filles ont du mal à se réveiller après l'arrivée tardive de la veille. Il est presque 10h quand elles descendent dans la cuisine. Après quelques biscuits en guise de petit déjeuner, nous sortons à la découverte de Buenos Aires. L'objectif est de visiter le centre et d'assister à un spectacle de tango.


Étrange mode de construction


Cette capitale multiculturelle de 3 millions d'habitants (si on compte uniquement la ville) est constituée de plusieurs quartiers aux multiples facettes. La ville n'est pas très dépaysante pour nous, les Européens. En effet, les Porteños (habitants de Buenos Aires) descendent notamment des Espagnols et, plus récemment, des Italiens qui ont largement influencé l'architecture et le mode de vie de Buenos Aires qui est aujourd'hui une réplique de ville européenne. Sa métropole réunit 13 millions d'habitants, presque le tiers de la population argentine. Nous savons donc à quoi nous attendre en sortant de l'appartement pour la visite du centre-ville. Nous marquons un premier arrêt dans notre rue, à une agence WesternUnion toute neuve, qui n'était pas recensée sur Google map. Cela nous arrange car l'autre agence se situe beaucoup plus loin. La transaction prend un peu de temps et, en sortant, les filles nous annoncent qu'elles ont faim. Nous croisons un Carrefour City et leur achetons deux sandwichs triangle. Emilien et moi commençons à avoir faim aussi et nous craquons pour quelques empanadas dans une boulangerie que nous croisons plus loin, à un coin de rue. Les prix sont un peu élevés, ça doit être à cause du quartier chic dans lequel nous nous trouvons, entre Palermo et Belgrano. Maintenant que nous avons quelque chose dans le ventre, nous marchons vers l'arrêt du train qui nous emmène à la gare routière. Nous sommes surpris que ce soit un train. Nous pensions à un métro ou à un bus, mais c'est une sorte de RER. Nous chargeons les billets sur la carte SUBE, celle-là même que nous avons utilisée à Bariloche. C'est pratique d'avoir la même carte de transport dans les grandes villes! Comme nous sommes arrivés en avion cette fois-ci, nous n'avons pas pu acheter nos billets de bus pour le prochain trajet. Étant dans la Semaine Sainte, nous préférons les acheter en avance et être sûrs d'avoir nos places. Quelques minutes plus tard, mission réussie: nous avons nos billets de bus. De la trop animée gare routière, nous sautons dans un bus qui va en centre-ville.


On se croirait à Montparnasse


Il est déjà 15h quand nous arrivons dans le Centro, pour visiter la partie historique de Buenos Aires, où se trouve la majorité des monuments. Nous avons vraiment le sentiment d'être dans une capitale européenne. Le plan d'urbanisme en général, les grands boulevards avec les terrasses sur les trottoirs et l'architecture des bâtiments y est pour beaucoup dans cette impression. Le bus nous dépose devant la Plaza de Mayo, ce lieu qui a abrité les grandes manifestations de la ville pendant les derniers siècles. Par terre reposent plusieurs feuilles de papier, nous ne savons pas trop si c'est exceptionnel ou si la place n'est jamais vraiment propre. Juste à côté de la place se trouve le Palacio de Gobierno qui est surnommé "Casa Rosada" du fait de sa couleur rose. L'édifice se visite, mais nous passons notre tour. À la place, nous préférons visiter le Cabildo, l'un des derniers bâtiments survivants de l'époque coloniale. Le musée présente les évènements historiques qui ont marqué la ville et notamment la révolution de mai 1810 qui a marqué la formation du 1er gouvernement argentin indépendant.


La Casa Rosada, la Plaza de Mayo et le Cabildo


En sortant du musée il est déjà 17h et nous partons nous balader dans les larges avenues du Centro pour admirer les façades des bâtiments culturels et résidentiels. À un moment donné, nous arrivons sur un marché artisanal qui est en train de fermer mais nous réussissons tout de même à acheter quelques fromages et des spécialités libanaises. Le stand du pain est déjà rangé quand nous y arrivons, dommage. Pendant deux heures nous arpentons les rues, jusqu'à l'Obélisque construit en 1936 pour commémorer les 400 ans depuis la fondation de la ville. 


Balade dans les rues de Buenos Aires


La nuit tombe vite et nous nous installons dans une pizzeria, dans une rue piétonne remplie de terrasses, pour manger quelque chose avant d'aller au spectacle de tango que nous avons réservé 10 jours avant. Le spectacle a lieu dans le théâtre Piazzolla Tango, et commence à 22h, mais nous devons y être 30 minutes avant. Nous avons choisi d'aller uniquement pour le spectacle, mais l'établissement propose également un dîner qui est évidemment trop cher pour notre budget. Après la déception que j'ai eue à Cali où je n'ai pas pu admirer la salsa, à Buenos Aires il est hors de question que je passe à côté d'un show de tango. Le tango est né ici même à la fin du 19ème siècle parmi les immigrants venus d'Europe. Les filles et moi sommes toutes excitées en attendant l'heure du spectacle, mais Emilien est un peu moins ravi. Il préférerait assister à un match de foot dans le mythique stade de la Bombonera (qui se trouve dans le quartier La Boca) et qui a lieu en même temps. Mais la supériorité numérique des filles dans la famille a dit son mot. Bien installés à notre table, on nous sert une boisson et le spectacle commence pile poil à l'heure. Les danseurs sont très professionnels, élégants et sensuels; la musique jouée en direct par une petite équipe de musiciens situés au-dessus de la scène est de très bonne qualité. Après une heure de voyage au cœur du tango argentin, nous quittons l'établissement, ravis. J'ai retenu cette phrase de Georges Clemenceau qui résume bien ce que j'ai observé ce soir et qui dit: "Dans le tango, on ne voit que des figures qui s'ennuient et des derrières qui s'amusent"! Nous, les spectateurs, nous nous sommes bien amusés aussi. Même Emilien reconnaît la qualité du show.


En sortant du théâtre à la fin du spectacle, nous rencontrons un petit problème: il est 23h, il n'y a plus grand monde dans les rues et nous avons du mal à trouver un taxi. Buenos Aires est très grand, impossible de rentrer à pied et les bus sont très rares à cette heure-ci. Nous n'avons pas d'autre choix que de tomber sur un taxi disponible. Notre persévérance paye et, après 10-15 minutes d'attente, un taxi libre voit nos gestes et s'arrête. Le chauffeur est un Péruvien qui vit en Argentine depuis 10 ans. Nous lui racontons notre voyage dans son pays et discutons beaucoup avec lui. Arrivés à l'appartement, nous nous écroulons sur nos lits: c'est la deuxième nuit d'affilée où nous nous couchons après minuit. 


Jour 3: petite balade au programme 

Le réveil est dur ce matin et nous prenons le petit déjeuner vers 10h. Je déniche une très bonne boulangerie à deux rues de l'appartement et le pain est délicieux. La matinée passe vite et le temps de décider quel est le programme de la journée, il est déjà 14h. Nous hésitons entre une visite du quartier coloré de La Boca, berceau du tango, du prolétariat et du foot argentin, situé au sud de la ville et une sortie dans la ville de Tigre, au nord, où se trouve un très beau delta fluvial. Les deux endroits de trouvent à environ 1h de transport en commun. Ce qui nous fait 2h rien que pour l'aller-retour. Comme tout le monde est un peu fatigué et que la journée est déjà bien entamée, nous nous mettons tous d'accord pour une sortie nature et détente dans le Jardin Botánico qui se trouve à environ 20 minutes en bus. Le parc est très animé et est divisé en deux parties: une section où est présentée la flore argentine et une autre section qui regroupe des arbres et des plantes représentatives des 5 continents. Nous avons bien fait d'y venir car l'ambiance est très agréable. Seul bémol: le jardin aux papillons est fermé.


Sympa ce jardin en pleine ville


Après 2h dans ce havre de verdure, nous prenons le bus dans l'autre sens pour rentrer à l'appartement. En chemin, nous achetons quelques fruits et légumes et de quoi cuisiner ce soir et faire les sandwichs pour notre journée de bus le lendemain. 


Jour 4: dernier jour de visite

Il est déjà temps de quitter Buenos Aires. Nous avons prévu peu de temps ici, car généralement nous n'aimons pas trop les grandes villes et les capitales. Il y a sûrement de quoi visiter pendant une semaine à Buenos Aires, mais nous estimons que ces 3 jours sont suffisants pour nous. Pour le dernier jour, le programme est tout fait: déposer nos bagages dans les casiers de la gare routière et partir à la découverte du quartier Recoleta. Nous quittons l'appartement à 12h, heure de check-out et nous nous dirigeons vers l'arrêt du train qui nous emmène de nouveau à la gare routière. Une fois débarrassés de nos sacs à dos, nous montons dans un bus qui nous dépose en plein cœur du très chic quartier Recoleta. Comme ce lieu se trouve près de la gare routière et que nous avons encore 5 heures d'attente jusqu'au départ de notre bus, nous nous donnons comme objectif de visiter le fameux Cementerio de la Recoleta et le quartier parisien. Le cimetière, qui est surnommé le "Père-Lachaise latino-américain" est le clou de la visite de Recoleta. Il abrite les tombes des personnes célèbres ou issues des grandes familles de Buenos Aires. Apparemment, 3 quarts des noms des rues de la ville se retrouvent ici... Il y a de quoi intriguer les touristes qui viennent visiter le somptueux endroit.


Autour du cimetière de la Recoleta


À l'entrée du cimetière il y a une nouvelle règle: l'entrée est gratuite pour les Argentins et (très) payante pour les étrangers. Le fait que nous n'ayons pas prévu cette dépense dans le budget de la journée et l'idée de rendre payante l'entrée à un cimetière, nous convainc à faire demi tour. À la place de cette visite, nous trouvons une autre occupation: un énorme marché artisanal a lieu dans le parc situé à côté du cimetière. Au début nous observons quelques œuvres d'art et pensons que c'est tout, mais les stands continuent dans tout le parc. De nombreux objets de fabrication artisanale y sont proposés à la vente: des tissus, produits en cuir, en bois, des matés tant utilisés par les Argentins pour leur rituel de consommation de thé, des bijoux, des aliments. Il y a de quoi s'occuper pendant des heures et nous y trouvons aussi de quoi grignoter.


Un petit souvenir du marché artisanal pour Mushu


D'ici nous nous dirigeons vers le quartier parisien qui regorge d'immeubles bourgeois de style français datant du début du 20ème siècle. Nous y tombons nez à nez avec le superbe édifice qui abrite l'ambassade de la France. C'est vrai qu'on se croirait à Paris, le nom du quartier est bien choisi. Des galeries d'art, des boutiques de luxe et des immeubles résidentiels marquent notre passage dans le quartier de la Recoleta et dans le mini quartier parisien.


L'ambassade de la France à Buenos Aires


En nous promenant dans les rues, nous arrivons sans trop nous rendre compte vers la gare routière. Une grande avenue sépare l'univers paisible et aisé de la Recoleta de l'univers chaotique et défavorisé de la gare routière où les personnes sans domicile dorment dans la rue et cherchent de la nourriture dans les poubelles. Le passage d'un quartier à l'autre est, dans ce cas, assez brutal. Il est presque 17h quand nous sommes de retour à la gare routière et pendant l'heure qui nous reste, nous tentons d'aller au Musée de l'immigration. Sur la carte il paraît tout près, mais en réalité nous devons faire un grand détour pour y arriver. Nous faisons demi-tour à mi-chemin quand nous réalisons que nous n'aurons jamais le temps de faire l'aller-retour et la visite avant le départ du bus.


De retour vers la gare routière


À 18h nous sommes sur le quai et embarquons pour une nouvelle nuit sur 8 roues. Arrivée prévue à 7h dans le village de San Ignacio pour visiter les ruines de ce que fut une prospère mission jésuite, 2 siècles en arrière. 

Buenos Aires nous a bien plu, mais c'est loin de faire partie de nos villes préférées: nous apprécions son cosmopolitisme, son dynamisme et la facilité de s'y déplacer, mais sa dimension, sa densité d'habitants et sa ressemblance avec les capitales européennes ne la rendent pas spéciale à nos yeux.



To be continued...

Commentaires


Post: Blog2_Post

©2021 par 1 an en parenthèse.

bottom of page