Cusco, le nombril du monde Inca
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- 21 mars 2022
- 16 min de lecture
Jour 1: Cusco, nous voilà !
Le moment est venu de quitter Juana et le lac Titicaca. Notre réveil sonne à 5h30 et à 5h45 nous sommes déjà à table autour du petit-déjeuner. Heberson, le chauffeur de taxi qui nous a emmené chez Juana il y a 3 jours, revient nous chercher à 6h30. C'est avec lui que nous allons à Juliaca pour prendre le bus vers Cusco. Après avoir dit au revoir à Juana et à Zoé dans le froid matinal, nous montons dans la voiture, bien au chaud. C'est vrai que nous repartons un peu "refroidis" après ces 3 jours au bord du lac. Les filles sont tristes de quitter Juana, elles ont adoré son caractère doux et sa gentillesse. Heberson nous dépose juste devant le terminal de bus et nous propose même de nous accompagner pour acheter nos billets, mais nous l'assurons que nous nous débrouillons et lui remercions de son amabilité. De plus, Emilien a déjà acheté les billets de bus sur internet. Nous vérifions les horaires au guichet de l'agence qui nous annonce que le bus est un peu en retard. Nous attendons donc quelques moments sur le quai. La circulation à Juliaca est assez chargée et chaotique, mais nous voilà sortis de la ville.
L'attente sur le quai et vue du bus à la sortie de Juliaca
Notre trajet dure 6 à 7 heures sans encombres (malgré la chaleur du bus) et nous arrivons à Cusco en fin d'après-midi. Autour du terminal c'est le chaos. Notre chauffeur a du mal à se frayer un chemin parmi les autres bus garés sur le côté de la route, mais il arrive enfin au parking. Être chauffeur de bus en Amérique de Sud, ce n'est pas facile! Soulagés et contents d'être enfin à Cusco, nous montons tous les 6 dans un taxi qui nous emmène à notre hôtel. Celui-ci se trouve à deux pas de l'agréable quartier de San Blas. Un jeune couple (et leur petit bébé de 8 mois) nous accueille et nous indique les deux chambres où nous allons passer nos 6 prochaines nuits. Nous y laissons nos bagages et partons rapidement découvrir le centre de Cusco. J'ai tellement entendu parler de cette ville des Incas et j'ai imaginé plusieurs fois ce moment. Mes attentes sont hautes, certes, mais je ne suis pas déçue. Je suis même impressionnée par la Plaza de Armas, la Cathédrale et les autres édifices qui l'entourent. Qu'est-ce que c'est beau! Le temps de faire le tour de la place, le soleil se couche majestueusement sur la ville et nous gâte avec un spectacle de couleurs. Le soleil laisse ensuite la place à la lune (la pleine lune) et aux lumières jaunes et blanches qui s'allument dans l'obscurité sur les versants environnants. Ce moment est magique ! On dirait des guirlandes dans un décor de Noël. Nous nous aventurons dans les petites rues adjacentes qui sont très animées (nous passons devant plusieurs bars et discothèques) et trouvons notre bonheur dans une pizzeria, avant de retourner à l'hôtel.
Cusco de soir, puis de nuit
Jour 2: que les visites commencent !
Cusco regorge de monuments historiques et de musées. Située à 3400 m d'altitude, la ville est assez fraîche le soir, mais de jour il peut faire très chaud quand le soleil répond présent. "Qusqu" (qui veut dire nombril en quechua) a été fondée par Manco Capac. Au fil du temps l'empire Inca se développe sur les territoires actuels de l'Equateur, Sud Colombie, Peru, Bolivie, une grande partie de l'Argentine et le nord du Chili. Cependant, Cusco reste la capitale des Incas. Les lieux sacrés, les temples et les palais qui y ont été construits démontrent l'importance religieuse, politique et administrative du lieu. En 1534, Francisco Pizzaro arrive dans la ville et les Espagnols s'y installent et construisent la ville coloniale sur les ruines de la cité Inca. En effet, les constructions espagnoles les plus importantes s'appuient sur les bases et les ruines des bâtiments Inca. Ainsi, des églises et des monastères s'élèvent sur les blocs de pierre parfaitement ajustés (grâce aux excellentes connaissances techniques des Incas) des temples et des lieux sacrés. Ce mélange d'architecture est très flagrant et très intéressant à observer. Je perçois cela comme un privilège pour notre œil de touriste, car ces détails permettent d'observer et d'imaginer, malgré les destructions des édifices d'origine, les endroits les plus importants de la culture Inca.
Cusco a beaucoup à offrir, mais comme nos 6 jours ne suffissent pas pour tout visiter, nous établissons une liste des priorités. Ce jour, nous commençons la visite par le quartier San Blas. Situé dans les hauteurs de la ville, le quartier, un des plus anciens de Cusco, possède un charme indéniable. Avec ses petites ruelles pavées et étroites, ses petits escaliers, ses traditionnelles maisons blanches de plein pied, ses cafés et ses boutiques d'artisans, San Blas est un quartier très agréable. On pourrait y passer des heures et des heures (ce que nous avons fait)! Nous descendons ensuite les quelques escaliers pour arriver sur la petite et charmante Plaza de San Blas. Une église, bâtie en 1569, s'y trouve imperturbable, après toutes ces années d'existence. Elle est fermée et nous ne pouvons pas la visiter, apparemment elle est en rénovation. Mais d'autres lieux attirent notre attention sur cette place: les boutiques d'artisanat. Elles sont colorées et invitent à jeter un coup d'œil aux multiples objets qui y sont entassés: des textiles et céramiques jusqu'aux petits lamas en porte clé, tout s'y trouve. La créativité des artisans est impressionnante! Grands et petits y trouvent leur bonheur, sauf peut-être Emilien et Jean-Yves. Les filles s'occupent à négocier les prix avec les vendeuses, elles apprennent les formules en espagnol et elles sont finalement assez douées. Elles arrivent à faire leur marché.
Le quartier San Blas et ses boutiques
Il est déjà 14h quand nous sortons des boutiques et notre plan de manger au marché tombe à l'eau. Le mercado se situe plus loin et nous avons encore des objectifs touristiques à visiter dans la zone centrale. Nous mangeons un almuerzo à côté de la Plaza San Blas et nous partons vers le musée d'art religieux en longeant la fameuse rue Hatun Rumiyoc. Cette ruelle est bordée par un mur de pierres parfaitement taillées et ajustées par les Incas. La vedette ici c'est la pierre aux 12 angles, parfaitement taillée et emboîtée à 12 endroits avec d'autres pierres. Ce n'est qu'un des nombreux exemples de maîtrise technique des Incas dans le domaine de l'architecture.
Avez-vous trouvé la pierre à 12 angles ?
Dans le prolongement de ce mur se trouve l'entrée du musée d'art religieux, ancien palais de l'archevêque. Le palais est construit sur les ruines du palais du grand Inca Roca. Aujourd'hui, ce lieu d'une belle décoration intérieure abrite des peintures de l'école de Cusco. La particularité de ces peintures sombres avec des motifs dorés est qu'elles intègrent des éléments indigènes, comme c'est le cas d'un tableau représentant la Vierge Marie avec un manteau noir triangulaire (en forme de montagne, sacrée pour les Incas) ou encore avec des représentations du soleil et de la lune.
Le patio du palais et ses alentours
En sortant du musée, nous nous dirigeons vers la Cathédrale avec notre "boleto circuito religioso". A Cusco, plusieurs billets permettent de regrouper les visites des objectifs touristiques et c'est toute une organisation qui s'impose afin d'être dans le bon timing, les billets ayant des durées de validité limitées.
La Catedral del Cusco est immense. Elle a été construite sur les ruines du temple Inca dédié à Viracocha (dieu créateur). Elle est constituée de 3 églises: Templo de la Sagrada Familia, Catedral et Templo del Triunfo (la première église construite à Cusco en 1536). Sans guide, c'est un peu difficile de comprendre dans lequel des 3 bâtiments nous nous trouvons à chaque fois, mais nous le déduisons approximativement, d'après le panneau d'information situé à l'entrée. Un fait marquant pendant cette visite de la Cathédrale est la présence des miroirs (importants pour les Incas, car ils affirment la matérialisation de l'âme par le reflet). C'est interdit de prendre des photos à l'intérieur alors nous ne pouvons rien vous montrer...
Nous nous dirigeons ensuite vers le Convento de Santo Domingo et Templo del Sol Qorikancha. Ce monastère est construit sur l'un des plus importants lieux de l'Empire Inca: le temple du Soleil. D'après les différentes théories, les Incas y célébraient également le dieu du Jour et Viracocha. Dans ce lieu sacré où les Inca organisaient leurs rituels, les conquistadors auraient trouvé énormément d'or qui a été pillé et envoyé en Espagne. Le lieu a été offert ensuite aux dominicains qui y ont construit leur monastère. Dans le temple du Soleil, dont une partie est restée conservée, nous observons à nouveau l'incroyable savoir-faire des Incas qui ont réussi à superposer des pierres parfaitement taillées et polies. De plus, l'inclinaison des murs a permis à ces constructions de résister aux tremblements de terre qui ont par ailleurs détruit des bâtiments coloniaux. Les murs Inca, eux, sont restés debout! Quelques explications et images sur place nous permettent d'imaginer la grandeur de ce temple à l'époque des Incas. Nous visitons également le jardin en terrasses et l'exposition temporaire située à l'étage.
Santo Domingo et le Temple du Soleil
Entre temps, la pluie s'est invitée à Cusco et en sortant dans la rue, nous avons un peu froid. Mais nous croisons rapidement une dame qui vend des "escarpins" en laine, des sortes de chaussettes mais qui ne couvrent que les mollets (comme les guêtres). Nous en achetons 3 paires et cela nous réchauffe vite.
Retour dans les rues de Cusco sous la pluie
Et nos supers "escarpins"!
La pluie s'arrête quand nous arrivons à notre dernier lieu de visite de la journée: le musée du chocolat. Ici, nous avons droit à une dégustation de chocolat et de pâtes tartinables avant de clôturer la visite par un très bon chocolat chaud. Il fait déjà nuit quand nous sortons du musée, mais il nous reste un objectif : trouver une agence pour organiser la sortie à l'une des montagnes aux 7 couleurs. Nous finissons par trouver un bon prix et la sortie est prévue dans 2 jours. La journée a été longue et remplie de découvertes, alors une fois rentrés à l'hôtel, nous nous endormons assez vite.
Un bon chocolat chaud et au lit!
Jour 3: suite des découvertes à Cusco
Ce matin, Alicia a mal à la gorge. Depuis le lac Titicaca, nous avons tous pris un peu froid et les températures de Cusco, ville en altitude, n'aident pas. Après le petit-déjeuner, nous partons en direction du fameux marché San Pedro. En chemin, nous observons d'autres endroits plus populaires et différents du centre ville. Après quelques essais sans succès dans des pharmacies, nous trouvons finalement des petits bonbons au miel pour Alicia. Il est déjà l'heure du repas quand nous arrivons au marché de San Pedro. Les tables des stands qui servent l'almuerzo sont bien remplies, nous arrivons à l'heure de pointe. Finalement, une dame nous trouve une place derrière sa cuisine et nous sert un copieux repas; nous avons du mal à terminer nos assiettes. Nous continuons notre tour dans le marché qui est immense. Ici, on trouve du tout: des légumes et fruits jusqu'aux produits d'artisanat. Nous faisons une halte au rayon des jus frais pour nos boissons favorites à la mangue et maracuya et nous remplissons nos sacs de quelques produits locaux et originaux pour le repas du soir.
Notre repas au marché San Pedro
De retour au centre de Cusco, nous nous dirigeons vers le monastère de Santa Catalina. Il y a plusieurs couvents et monastères à Cusco et comme nous avons adoré la visite dans celui d'Arequipa, nous choisissons d'en visiter un autre à Cusco. Celui-ci a la particularité d'être construit sur les ruines d'"Aqllawasi", qui était déjà à l'époque des Incas une sorte de monastère. Les "épouses du Soleil", choisies pour leur beauté parmi les jeunes filles de la noblesse, y passaient toute leur vie à broder et préparer des boissons rituelles. Parmi ces filles on choisissait aussi celles qui étaient sacrifiées, comme Juanita, lors des offrandes réalisées pour le dieu de la montagne. Ce premier usage du lieu lui apporte, à mes yeux, un intérêt particulier. Nous visitons quelques salles où sont exposées des peintures de l'école de Cusco et où sont reconstituées des scènes de la vie quotidienne des sœurs (dans le réfectoire, le dortoir), avec des objets de l'époque et des broderies réalisées sur place.
Le monastère de Santa Catalina
Juste à côté du monastère se trouve le musée de Machu Picchu, mais il est fermé l'après-midi. Nous décidons de rentrer à l'hôtel car Emilien et Jean-Yves ont une activité prévue pour ce soir: aller chez le coiffeur du quartier.
Séance coiffeur : le kit cheveux et barbe pour Jean-Yves
Jour 4: premier contact avec la Vallée Sacrée
Le programme de la journée est simple et clair: aller visiter les ruines de Pisac. Il s'agit d'un site archéologique situé au début de la zone appelée "la vallée sacrée des Incas" à une trentaine de km au nord de Cusco. Pour y aller, nous montons dans un minibus et au bout d'une heure nous arrivons dans le village. Les ruines se trouvent plus haut, à flanc de montagne. Pour y aller, nous devons chercher un taxi. Le chauffeur nous dit de nous dépêcher car nous arrivons dans le créneau des travaux et la route risque d'être fermée pour un moment. Nous avons de la chance et nous passons ! Les travailleurs sont en pause. Sur le parking, plusieurs minibus indiquent la présence des touristes et quelques vendeurs proposent de l'artisanat. Nous n'avons jamais vu autant d'artisanat qu'à Cusco! Les filles s'achètent un choclo (maïs blanc cuit à l'eau) au fromage pendant qu'un guide nous propose ses services. Compte tenu du fait que sur le site il n'y a aucun panneau et aucune explication, nous acceptons sa proposition.
La visite commence par les ruines des maisons en adobe et en pierres. Le guide nous explique que ces terres appartenaient à la civilisation Huari avant que les Incas s'y installent. Il nous conduit ensuite vers un versant où nous pouvons observer des cavités à même la falaise, qui sont en réalité des tombes. Il s'agit des trous dans lesquels on plaçait les corps momifiés, en position fœtale. Ces lieux ont eux aussi été pillés par les chasseurs de trésors. Malheureusement il ne reste pas beaucoup de contenu dans ces 4000 tombes qui s'étendent à perte de vue. Nous avançons de plus en plus haut, vers des ruines plus sophistiquées où nous observons des pierres plus lisses. Le guide nous apprend que plus les pierres sont travaillées et polies, plus grande était l'importance de l'édifice et des personnes qui l'habitaient. La cité de Pisac était à la fois un village, un centre religieux, agricole et militaire. Les vestiges que nous traversons attestent l'existence de ces 3 fonctions. La culture en terrasse est un mode d'agriculture bien maîtrisé par les Incas, qui leur a permis de cultiver sur les pentes abruptes des montagnes. Nous observons le système ingénieux des terrasses et les filles sont passionnées par les marches installées en diagonale, qui permettaient aux villageois de passer d'une terrasse à l'autre. Ici on cultivait du maïs, du quinoa, des pommes de terres, des fèves.
Les habitations et les terrasses agricoles de Pisac
Une fois que le guide se sépare de nous après une heure de chemin commun, nous entamons la descente vers le village de Pisac, sur un autre versant de la montagne. Le sentier est très abrupte par moment et nous longeons des précipices qui donnent le vertige à certains d'entre nous. Mais cela vaut la peine car le paysage est magnifique. Nous croisons peu de touristes en chemin. Deux femmes habitant en haut des montagnes y vendent des produits artisanaux.
La descente de l'autre côté du versant
Après quelques minutes de marche nous arrivons au temple du Soleil et de la Lune. Ceci est le centre religieux de ce site archéologique. Les pierres y sont très bien taillées et ajustées et malgré la destruction provoquée par les conquistadors, le lieu est plutôt bien conservé.
Nous longeons d'autres ruines plus ou moins en bon état et nous nous émerveillons tantôt des pierres que nous voyons et qui nous laissent deviner la grandeur du site à son apogée, tantôt des paysages que nous avons sous les yeux. Peu à peu, nous descendons le versant et nous nous approchons du village.
En descendant vers le village
Nous avons faim car l'heure du déjeuner est dépassée et nous dénichons une sorte de restaurant tenu par une dame dans une des ruelles du village. Avant de rentrer à Cusco, nous ne voulons surtout pas rater le fameux marché de Pisac, reconnu pour son artisanat. Nous passons une bonne heure à nous promener parmi les nombreux stands colorés et nous partons avec quelques beaux souvenirs et surtout avec de belles images enregistrées dans nos têtes. Pour rentrer à Cusco, notre timing s'avère parfait car nous arrivons au minibus à 2 minutes de son départ et il reste ni plus ni moins que 6 places dans le véhicule. Cette journée fait partie de nos coups de cœurs dans la région de Cusco, les ruines de Pisac constituent un beau début dans la découverte de la Vallée Sacrée et de Machu Picchu.
Le marché artisanal de Pisac
Jour 4: la montagne aux 7 couleurs
Ce matin, c'est au tour d'Emilien de ne pas se sentir en forme. J'ai moi-même un peu mal à la tête, mais c'est supportable. En échange, Emilien a 40° de fièvre et il n'a pas d'autre choix que de rester se reposer à l'hôtel car il ne s'imagine pas monter à 4900 m d'altitude dans son état. Nous ne pouvons pas annuler le tour que nous avons contracté 3 jours plus tôt et nous partons, à contrecœur, à 5 au lieu de 6. Le chauffeur-guide vient nous chercher à 7h30 devant l'hôtel. Nous avons 3 heures de route à l'aller comme au retour.
Mais à peine partis de l'hôtel, Alicia me dit qu'elle a mal au ventre et malgré le comprimé de cocculine, qui fonctionne habituellement pour le mal de transport, elle se met à vomir. Une fois, deux fois ... six fois, avant qu'elle s'endorme sur mes genoux. Décidément, entre l'état d'Emilien et celui d'Alicia, aujourd'hui ce n'est pas la grande forme. Le chauffeur fait une pause à un restaurant placé à mi-chemin entre Cusco et Palcoyo. Nous y prenons notre petit déjeuner et nous continuons notre route. Nous contemplons les paysages et profitons des riches explications de notre guide qui connaît beaucoup des choses. Nous apprenons ainsi que le lama noir est un animal sacré pour les Incas. Pour eux, il aurait même une constellation dédié.
La constellation du lama noir que nous avons vue à Cusco (Temple du Soleil)
Palcoyo se trouve assez loin de Cusco et avec 6 heures de voiture aller-retour, cela annonce une longue journée sur la route. Mais la destination vaut la peine: la montagne de Palcoyo, située à 4900m, est très spéciale. Les minéraux y sont si riches qu'ils donnent 7 couches de couleurs différentes au sommet. La découverte est récente, car auparavant les neiges éternelles ne permettaient pas de voir ce que s'y cachait. Aussi nommée la petite sœur de Vinicunca, qui se trouve elle à 5200m, Palcoyo est plus accessible car il y a moins de marche à pied pour y accéder. Et puis, nous ne le savions pas, mais le paysage que nous traversons pour y aller est merveilleux. Le mariage des couleurs vertes et rouges créent un effet incomparable devant nos yeux émerveillés. Les cultures de maïs et pommes de terre y sont omniprésentes, tout comme l'élevage des lamas. Quelques vigognes sauvages se laissent aussi observer de temps en temps. Les villages que nous traversons sont authentiques et rustiques. À l'aller comme au retour, nous en prenons plein les yeux.
La route vers Palcoyo
Arrivés en haut de la montagne, nous laissons la voiture sur le parking et nous commençons à marcher vers le sommet de Palcoyo. La météo, calme et ensoleillée jusque-là, change brusquement à 4900m. La pluie commence à tomber, les foudres et les tonnerres grondent au loin et peu à peu la grêle se forme. Le vent se met à souffler très fort, mais nous avançons malgré tout vers le sommet. De loin, nous n'avons pas de visibilité sur les couleurs de la montagne car la grêle à tout recouvert de blanc. Maëlys et Alicia, qui n'étaient déjà pas en forme, font demi-tour pour se mettre au chaud dans la voiture. Jean-Yves les accompagne pendant que Chaton et moi poursuivons la marche. Au bout de quelques minutes nous arrivons à la montagne aux 7 couleurs. La tempête s'éloigne et la grêle commence à fondre et à laisser la place aux couleurs. Nous les apercevons enfin! Nous imaginons qu'avec le soleil les couleurs ressortent encore plus, mais nous sommes chanceux quand même de les voir tout court.
Les 7 couleurs de la montagne
Sur le chemin de retour, nous nous arrêtons dans un village pour voir un pont Inca. L'endroit est particulier car nous pouvons y observer 3 ponts: un Inca, un colonial et un contemporain. Nous passons le test de la traversée et nous retournons ensuite dans le même restaurant du matin pour le déjeuner (un peu tardif car il est 15h). Les filles vont mieux, elles ont retrouvé l'appétit et la forme. De retour à l'hôtel, nous retrouvons Emilien qui a, lui aussi, l'air d'aller mieux que le matin. Nous commandons une pizza pour le dîner et nous nous endormons avec les 7 couleurs en tête.
Le pont Inca et le pont colonial
Jour 5: des ruines Incas au refuge pour les animaux
C'est notre dernier jour à Cusco avant de partir vers la Vallée Sacrée et le Machu Picchu. Ce matin tout le monde se sent mieux après une bonne nuit de sommeil, même si Maëlys est encore un peu fatiguée. Nous nous rendons à la place San Blas où nous négocions le prix avec un taxi que nous privatisons pendant 4 heures. Nous arrivons au Santuario animal de Cochahuasi qui est un refuge pour des mammifères et des oiseaux andins. La star de la visite est clairement le condor, cet énorme oiseau qui peut atteindre jusqu'à 3,5m d'envergure. D'autres animaux comme le tout mignon ours à lunettes et le féroce puma nous attirent l'attention. Le refuge est à taille humaine ce qui nous permet d'observer les animaux de près.
Les animaux du refuge
En redescendant vers Cusco, nous marquons 4 arrêts à chacun des sites qui abritent des ruines Incas. Nous commençons par le Tambomachay, aussi nommé le bain de l'Inca car celui-ci y venait accomplir des rituels religieux. Le système de canalisations et de terrasses est très ingénieux et comme tout lieu sacré, celui-ci est construit avec des pierres bien taillées et emboîtées à la perfection.
Le bain de l'Inca
Sur le site de Pukapukara on trouve les ruines d'une forteresse qui était très vraisemblablement un poste de défense à l'entrée de Cusco.
Le troisième lieu est un sanctuaire, un lieu qui servaient aux rituels et aux célébrations des Incas (y compris sacrifices d'animaux), aménagé directement dans la roche préexistante à cet endroit. Ce n'est donc pas une construction, mais un monolithe transformé en sanctuaire.
Pukapukara et le sanctuaire avec vue sur Cusco
Le clou du spectacle reste le dernier site: le Saqsaywaman. Je n'arrive toujours pas à prononcer ce mot quechua, mais l'image de sa grandeur est bien imprimée sur ma rétine. Nous restons bouche béé devant l'immensité des blocs de pierre (le plus gros a 12 tonnes) qui y sont posés l'un sur l'autre. Mais comment les Incas ont-ils pu réaliser une telle construction ? C'est incroyable ! Nous sommes tout petits à côté de ces murs. Nous sommes ici sur les hauteurs et Cusco se dévoile en contrebas. Nous avons une très belle vue sur la ville. Saqsaywaman est un lieu sacré, un sanctuaire et un lieu d'observation astronomique. De nos jours, l'endroit accueille la fête du Soleil (Inti Raymi) qui y est célébrée le 24 juin.
Le site de Saqsaywaman
Définitivement impressionnés et conquis par le système de construction des Incas, nous revenons dans le centre de Cusco pour visiter le museo histórico régional à quelques minutes de sa fermeture. Le musée m'attire d'abord parce que le bâtiment est la maison natale de l'écrivain et historien Garciloso de la Vega, fils d'un capitaine Espagnol et d'une princesse Inca. L'endroit illustre rapidement l'existence des civilisation précolombiennes dans la région de Cusco et les événements marquants de l'époque coloniale, comme l'exécution sur la place, en 1780, de Tupac Amaru II, dernier grand révolutionnaire Inca. Ce fut une autre grosse journée de découverte pour petits et grands qui se termine dans une boutique d'artisanat.
Jour 6: visite du musée de Machu Picchu
Avant de partir vers la Vallée Sacrée, nous passons visiter le musée dédié à cette merveille du monde que nous avons hâte de voir : le Machu Picchu. Nous y trouvons des informations sur la découverte du lieu par Hiram Bingham en 1911 avec des photos de l'époque. Ensuite, nous apprenons plus sur les connaissances astronomiques des Incas, la vie quotidienne, l'agriculture et les activités pratiquées au Machu Picchu. Nous découvrons aussi le quipu, un ensemble complexe de cordes avec des noeuds, qui servait de système de comptabilité aux Incas. Ce système était étudié également dans l'école découverte sur le site de Machu Picchu.
Nous sommes prêts maintenant à attaquer la visite de la Vallée Sacrée et son lieu emblématique : le Machu Picchu.
To be continued...









































































































































































































































































Chouette pour le musée du Machu Picchu, il était encore fermé quand on y était!
Anca: Saqsaywaman, c'est "sexy women" 😜😂