Notre bilan du Pérou
- 1anenparenthese

- 19 avr. 2022
- 9 min de lecture
Le Pérou, ce pays légendaire, berceau de grandes civilisations précolombiennes qui ont légué de grands mystères aux passionnés d'histoire.
En septembre 2012, avec Emilien, on s'était donné comme objectif d'aller au Pérou (et surtout au Machu Picchu) avant notre 10ème anniversaire de mariage. Nous avons attendu 9 ans, mais c'est maintenant chose faite. Le grand Empire des Incas m'a toujours fasciné et le sentiment que j'ai eu en arrivant à Lima a été celui de toucher mon rêve du doigt. J'avais beaucoup d'exigences et d'attentes de ce voyage au Pérou, que j'ai imaginé sous toutes les formes. Je pensais connaître beaucoup de choses sur ce pays, mais en réalité mes connaissances étaient limitées aux préjugés touristiques. Tant mieux, car finalement la découverte a été plus surprenante et plus riche en émotions.
Le Pérou, nous a d'abord surpris par la variété de ses paysages (côtes arides et désertiques, montagnes en altitude, vallées verdoyantes) et par la richesse culturelle de son passé (et de son présent).
La découverte a été plus inattendue dans l'ensemble de sa partie Nord. Nous ne pensions pas sa côte Pacifique si désertique et aride, ni sa Cordillère Blanche si majestueuse et imposante avec ses lagunes turquoises. Moins touristique, cette partie du pays n'est pas des plus belles d'un point de vue architectural (cela étant dû aux nombreux tremblements de terre qui ont détruit les villes), mais elle dispose d'un héritage historique riche, laissé par les cultures Chavin, Moche et Chimu (autour de Huaraz, Trujillo et Chiclayo). En termes de nature et paysages, la beauté de ses montagnes et de ses lagunes réunies autour de la Cordillère Blanche (notre coup de cœur) ne peut pas être décrite en mots et contraste avec l'aridité de la côte. Cette côte Pacifique (de Mancora jusqu'à Nazca) nous a paru très poussiéreuse, malheureusement remplie de déchets, avec des constructions très chaotiques et souvent inachevées. Les plages ne nous ont pas impressionnés, même si nous gardons un bon souvenir de Mancora et de ses tortues vertes. Toujours dans le Nord, nous restons avec une pointe de regret pour ne pas avoir pu visiter Chachapoyas et les ruines de Kuelap (suite à la destruction récente de la route par un tremblement de terre), mais nous sommes globalement satisfaits et contents de nos découvertes dans le Nord du pays.
Côté Sud, à part Ica et Nazca qui sont encore très arides, tout change pour nous à partir d'Arequipa. Climat plus clément, urbanisation plus harmonieuse, rues plus propres et surtout une identité culturelle plus forte, visible à travers les habits et les costumes traditionnels. C'est d'ailleurs dans la partie Sud et dans l'Altiplano que nous découvrons l'artisanat, les jupes, les ponchos et les chapeaux traditionnels, portés avec fierté par le peuple Quechua en particulier (par ailleurs, il paraît que ce n'est pas correct de dire les Incas, il faudrait dire plutôt les Quechuas; l'Inca est le mot pour désigner le "grand chef" et non pas le peuple en soi). C'est ici, dans la partie Sud également, que nous croisons les premiers lamas, alpagas et vigognes, ces animaux typiques de l'Altiplano. C'est la partie la plus touristique et la plus "médiatisée" en Europe, mais il faut reconnaître qu'elle est magnifique! Entre le lac Titicaca, l'Altiplano et la Vallée Sacrée, cette partie du Pérou est peut être la plus mythique et elle vaut largement la peine de faire le voyage sur le continent sud-américain.
En arrivant au Pérou après l'imprévisible Colombie, ce fut une nouvelle adaptation pour nous: la rigueur est de retour. Personne n'échappe au port du double masque, au contrôle du pass sanitaire avant de rentrer en magasin, au contrôle du passeport avant de t'acheter une carte SIM, etc.
Bienvenu au Pérou où le double masque est de rigueur!
Ce que nous avons retenu du Pérou après nos 2 mois et 1 semaine de voyage, dans un ordre très aléatoire :
Il n'y a pas de système de chauffage, même dans l'Altiplano où les températures baissent beaucoup la nuit, le seul moyen de se réchauffer est de se couvrir avec 5 couvertures à la fois.
Les douches électriques qui ne fonctionnent pas toujours bien et surtout qui sont douteuses de point de vue sécurité;
Les salles de bain 3 en 1: douche, lavabo, toilettes
L'appellation "mami" ou "mamita" dans les dialogues avec les locaux. Les filles s'amuseront longtemps avec l'expression "Es un buen precio mamita. Llévatelo." Ça fait partie de toutes les négociations sur les marchés et ça signifie : "C'est un bon prix, mamita. Prends-le toi."
La désinfection des billets et des pièces à chaque transaction. On se demande comment leurs billets ne se déchirent pas, tellement ils sont mouillés avec du désinfectant pulvérisateur. Toujours dans le registre monétaire, nous retenons la vérification des billets à la lumière, pour s'assurer que ce ne sont pas des faux.
Les télés installées dans les restaurants/ bistrots et les infos passées en boucle, qui nous ont accompagnés lors de nos repas.
L'alimentation : l'almuerzo du midi (formule soupe+plat principal+ boisson et dessert parfois) est aussi présent au Pérou à un prix imbattable. Il veut mieux acheter un almuerzo que cuisiner soi-même. Nous gardons en tête les délicieuses et copieuses soupes (au quinoa, maïs, blé, pâtes et à l'incontournable pomme de terre), les ceviches, les humitas, le choclo con queso (maïs blanc avec une tranche de fromage), les milanesa de pollo (poulet pané), le lomo saltado (bœuf sauté servi avec du riz), sans oublier nos initiations à la viande d'alpaga et cochon d'Inde. Niveau boisson non alcoolisée, nous nous rappelons de la chicha morada (jus à base de maïs violet) et de l'Inka Kola, mais surtout de nos matés préférés à la feuille de coca et à la muña. Niveau bière, il y a beaucoup de choix entre la Cusqueña, l'Arequipeña et la Callao (de Lima), sans compter le pisco (une eau de vie de raisin). Maëlys se rappelle de ses chips de banane (comme en Équateur) et ses chips de patate douce.
Quelques exemples de produits péruviens que nous avons découverts lors de notre séjour
Les marchés colorés et variés (notamment en choix de pomme de terre) de la partie Sud du Pérou.
L'embarras du choix
Les déchets dans la partie Nord qui viennent gâcher et polluer le paysage.
Les gens qui coupent les files et qui nous passent devant; on dirait que c'est écrit touriste sur notre front (en effet, c'est évident avec nos apparences et nos grands sacs à dos) et que cela leur donne priorité. Pour tempérer ces rares cas, il faut surtout rappeler l'amabilité et la gentillesse de la majorité des gens que nous avons rencontrés.
Les chiens errants ou appartenant à des maisons, mais toujours en meute (notamment à Mancora).
Les animaux "exotiques" de l'Altiplano : lamas, alpagas, vigognes et...le chien du Pérou, sans poils.
Lamas, alpagas, vigognes et chien du Pérou. Savez-vous les reconnaître?
Les magnifiques costumes traditionnels: des jupes, aux chaussures et aux chapeaux en passant par les ponchos et les châles. C'est un merveilleux spectacle de couleurs et de motifs souvent géométriques, mais surtout une preuve vivante du savoir-faire du peuple Quechua en terme de tissage.
Les Plazas de Armas dans chaque ville (c'était la Plaza Bolívar en Colombie).
La sur-utilisation du claxon: ils claxonnent beaucoup, pas par méchanceté, mais pour signaler leur passage par exemple dans les virages et dans les carrefours, car pas de priorité à droite.
Nos premiers bus de nuit et bus à deux étages, avec le système d'enregistrement de bagages que nous pouvons enfin mettre en soute. Moins glorieux, notre dérapage de bus dans la neige.
Les bâtiments non-finalisés à l'état brique du côté extérieur ou étage non construit.
Les petits magasins au coin de la rue, dans lesquels tu trouves l'essentiel et qui sont fermés parfois par des grillages (sûrement depuis le Covid), ce qui ne permet pas de rentrer, ni de toucher les produits que tu veux acheter, mais seulement de les commander.
Les vendeurs ambulants, avec leur petit stand mobile dans la rue, qui vendent de tout: des chips jusqu'au paquets de mouchoirs. Tu te demandes souvent comment ils arrivent à vivre de ces petites ventes journalières. Les vendeurs dans les bus.
Une vendeuse dans le bus
Le passage obligatoire par des agences de tourisme, des "tours" ou des chauffeurs privés pour accéder à des excursions ou à des visites de sites (ex à Paracas ou à la montagne de 7 couleurs). Peu de bus publics relient les villes aux sites d'intérêt touristique.
L'altitude: au Pérou nous avons battu notre record en montant jusqu'à 5100m au glacier Pasturori, dans la Cordillère Blanche, mais nous avons surtout passé plus de 4 semaines en altitude, depuis le canyon de Colca et jusqu'à notre départ de Cusco.
Le souvenir des deux moments festifs de l'année : Noël et Nouvel An que nous avons passés au Pérou (à Piura/Lima et à Ica).
Noël et Nouvel An au Pérou
Les momies; comment oublier les momies de Pérou ? Nous n'en avons jamais vu autant de notre vie. Entre la Señora de Cao au Nord, les effrayantes momies de Nazca et la petite Juanita d'Arequipa au Sud, nous avons pu en observer beaucoup.
Le fascinant artisanat et le savoir-faire des populations Quechua. Je pourrais passer des heures et des heures dans les boutiques souvenir. C'est pour moi l'un des points forts et attractifs du Pérou. La diversité des produits est incroyable, le savoir-faire mérite d'être apprécié à sa juste valeur et pour les amoureux des couleurs, ici c'est le paradis.
L'artisanat du Pérou
L'importance des rituels et des croyances, notamment dans l'Altiplano, qui se concrétisent par des célébrations de la Pachamama et, en moindre mesure, du Pachatata. Les pratiques des offrandes (des feuilles de coca surtout) sont très fréquentes et les fêtes et les traditions Quechua reprennent le dessus sur les pratiques chrétiennes.
Les avis de chacun d'entre nous:
Anca
Voyager au Pérou c'est pour moi un rêve devenu réalité. J'ai adoré apprendre sur place l'histoire des civilisations pré-Inca et Inca, de mettre mes pieds dans les lieux mythiques du Pérou comme Nazca et Machu Picchu et de decouvrir le quotidien, les coutumes, les traditions et l'artisanat du peuple Quechua, lors de notre séjour dans l'Altiplano. Niveau "nature", mon grand coup de cœur reste la Cordillère Blanche avec ses innombrables sentiers de treks en altitude.
J'ai appris que mon nom (écrit exactement "anca") veut dire "aigle" en Quechua. Moi, qui suis fascinée depuis petite par cette civilisation, vous imaginez à quel point je suis ravie de l'apprendre, l'aigle étant l'un des trois animaux sacrés des Incas. Pour la petite anecdote, jusque là (en Equateur et en Colombie) j'avais observé sur les cartes des restaurants le plat "punta de anca", qui voulait dire jarret de porc. Beaucoup moins glorieux ! Merci les Quechuas pour la nouvelle traduction 🙂
J'ai moins aimé la côte Pacifique, très poussiéreuse et avec une très faible conservation d'identité culturelle, mais les découvertes historiques et archéologiques que j'ai faites dans ces lieux m'ont passionné et impressionné.
Alicia (qui a été très inspirée pour son bilan)
J'ai bien aimé les dames en costumes colorés. Au Pérou il y avait beaucoup de couleur et c'est ici qu'on a rencontré Mamoun et Papé. J'ai bien aimé les visites. On est allé sur la côte et à Mancora on s'est baigné. On a vu Juanita et d'autres momies qui avaient des tatouages et qui étaient impressionnantes et effrayantes. J'ai aimé manger du choclo (maïs blanc). J'ai aimé le lac Titicaca où on a rencontré Juana et Zoé et j'ai bien aimé leurs repas. On est allé à la Lagune 69 et c'était long et difficile mais j'ai été fière de moi. J'ai bien aimé les souvenirs. J'ai vu des alpacas, des lamas et des vicuñas. J'ai bien aimé leur argent, le sol, et les Incas qui vivaient dans les montagnes.
Je n'ai pas aimé la viande et voir des animaux morts sur les marchés. J'ai pas aimé manger au marché, car les viandes me donnaient envie de vomir. J'ai pas aimé les déchets.
Maëlys
Ce que j'ai aimé au Pérou ce sont les couleurs, ils en portaient plein! J'ai aimé les paysages et les animaux. Il y avait de la nature et de l'aventure et j'ai adoré être au Pérou. J'ai bien aimé les histoires des Incas quand ils faisaient des sacrifices humains des enfants. On a vu aussi des squelettes et des momies.
Ce que je n'ai pas aimé c'est qu'il fallait porter le masque tout le temps et il fallait en porter deux. Au marché il y avait les animaux morts et on les voyait et ça me donnait envie de vomir. Je n'ai pas trop aimé leurs bus.
Emilien
Vu de la France, le Pérou est le pays emblématique des Andes et de la civilisation Inca, il le mérite bien. La partie nord du Pérou est pourtant tellement différente et j'ai beaucoup apprécié la connaître, surtout la Cordillère Blanche et la randonnée de la Laguna 69 qui restera à jamais gravée. En revanche, Chiclayo est un désastre à tout point de vue : densité de population, pollution plastique abondante, aucune identité liée aux séismes qui détruisent la ville à répétitions. Arrivé dans la moitié sud, j'ai eu l'impression de marcher sur les traces des documentaires diffusés depuis l'Hexagone. Les Andes sont d'un dépaysement total et le fait d'échapper au tourisme de masse habituel "grâce" à la situation sanitaire actuelle y a beaucoup contribué. Par contre, l'artisanat pratiqué est magnifique, mais j'en ai fait une overdose par son omniprésence. Pour ce qui est de la vedette du Machu Picchu, le site m'a transporté mais c'est bien son environnement qui m'a émerveillé et laissé sans voix. Pour conclure, il restera pour moi un bien beau pays aux multiples facettes par ce qu'il propose : Andes, déserts, treks de hautes montagnes, plages, sites archéologiques, altiplanos, savoirs faire et coutumes.
To be continued...































































Belle aventure péruvienne! Bravo pour vos commentaires. Bises à vous 4