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La Vallée Sacrée : coeur des Andes

  • Photo du rédacteur: 1anenparenthese
    1anenparenthese
  • 9 avr. 2022
  • 8 min de lecture

Jour 1 : visite de Chinchero

Pour aller à Chinchero, en sortant du musée Machu Picchu, nous nous dirigeons vers le mercado central pour attraper un bus. Le trajet est plutôt court puisqu'il dure seulement une heure. Le chauffeur nous dépose comme prévu à Chinchero, ville connue pour la qualité de son artisanat et son site Inca. En revanche, pour y accéder, il faut se munir d'un boleto turistico qui permet l'accès à 14 sites différents. Nous l'avons en poche, suite à l'acquisition que nous avons faite à Cusco moyennant 130 soles (32€) chacun. Les portes nous sont donc grandes ouvertes ! L'objectif de la journée est de visiter les ruines Inca, l'église coloniale et de découvrir l'artisanat local.

Nous déposons nos sacs à dos dans un hôtel du centre, le temps de quelques heures pour se sentir plus léger. Puis, nous longeons quelques ruelles pavées pour accéder au site, parsemées de boutiques d'artisanat sur les côtés, la plupart étant fermées. Avec la pandémie, l'activité du tourisme y a laissé des plumes. Nous arrivons sur zone, face à une petite place carrée ou quelques dames vêtues d'habits traditionnels, de couleur rouge, sont installées. N'ayant pas grand monde à se mettre sous la dent, elles sont de farouches vendeuses. Nous craquons pour deux ou trois articles, à prix très peu négociés, car le travail fourni par ces dames est impressionnant et les prix sont très abordables. Ce n'est que partie remise, nous négocierons plus tard dans des boutiques où les gérants sont uniquement acheteurs/vendeurs. Les emplettes terminées, nous admirons la qualité des gros blocs de pierres arrondis, embriqués les uns aux autres à la perfection, le style Inca est vraiment reconnaissable. Côté vallée du site, nous avons une vue sur quelques terrasses agricoles en parfait état. Nous les longeons sur l'accès qui nous est possible, puis ressortons pour revenir à nouveau dans une ruelle pavée. De l'autre côté, une vue sur le futur aéroport de Cusco, car l'actuel est tout petit et situé en plein coeur de la ville, il n'est donc pas extensible. Il est en construction depuis 2017 et comme tous travaux, cela prend du retard. Nous apprenons plus tard que c'est à l'entreprise Hyundai que la municipalité a confié les travaux.


Le site Inca de Chinchero et l'église coloniale


Pour le grand malheur de Jean-Yves et du mien, c'est maintenant l'heure de partir à la conquête de l'artisanat de Chinchero. Heureusement pour nous deux, de nombreuses boutiques sont fermées, limitant ainsi les dégâts. Nous descendons donc les ruelles en enchaînant les commerces, puis nous passons au Centro textil Urpi : un lieu qui présente le tissage, la teinture des laines, les variétés de maïs et de quinoa. Sur place, nous sommes les seuls touristes et deux dames en costumes traditionnels y vendent leurs bracelets et autres articles en laine de baby alpaca. D'ailleurs, la laine de baby alpaca représente la première tonte de l'alpaga (plus douce mais surtout plus chère) et non de la laine de bébé alpaga, chose à laquelle j'ai cru pendant longtemps.


Costume traditionnel de Chinchero


Nous continuons à arpenter les ruelles du village ainsi que ses boutiques pendant une bonne heure, puis nous attrapons un taxi pour nous amener à Urubamba, située à 30 minutes de Chinchero.

Urubamba est pour nous une étape stratégique. Effectivement, la ville de 10 000 habitants n'a que peu d'attraits. En revanche, elle est parfaitement située par rapport à nos attentes et nos prochaines visites. La ville se place au carrefour des routes de Pisac, Cusco, et Ollantaytambo, elle est donc une étape idéale. Nous arrivons à la tombée de la nuit à Urubamba, puis rejoignons notre hôtel, plutôt chic et bon marché. Pour le repas c'est une autre paire de manches, nous testons une parilla (restaurant servant de la viande au barbecue) pas très loin : ce n'est pas très bon. D'autant plus qu'Anca et moi nous trompons dans la commande, on se retrouve avec des tripes dans l'assiette, ce qui est inconcevable pour nous. Jean-Yves en raffole, il est volontaire pour nous porter secours. Passé ce "festin", nous rentrons à l'hôtel pour une grosse nuit.


Jour 2 : Moray et Maras

Notre hôtel nous permet d'y laisser les bagages pour la journée, nous allègeant d'un certain poids, surtout que l'on souhaite faire un peu de randonnée. Non loin de l'hôtel, on passe prendre un café/thé avant de partir. Après une longue attente, c'est immonde, l'eau est sale et n'a en plus même pas bouilli. Impossible d'avaler nos breuvages, la serveuse insiste pour que l'on paye. Nous le faisons à contrecoeur, la pire adresse de notre voyage. Passé ce désagrément, nous prenons un taxi pour Moray, une merveille de la civilisation Inca.

Moray est un site regroupant un ingénieux système de terrasses agricoles disposées en forme d'amphithéâtre dans quatre cirques naturels. Les Incas l'utilisaient probablement pour des recherches agronomes. Le principe est de créer un microclimat à chaque étage : du plus chaud au fond vers le plus frais en haut. Cela permet de profiter de différentes cultures en été comme en hiver. Les Incas mériteraient bien un prix Nobel rien que pour Moray !

En arrivant sur le site, nous remarquons enfin que nous sommes dans la Vallée Sacrée. C'est bondé de minibus de Tour Operator : la majorité louant leurs services pour bâcler la Vallée Sacrée en une journée. A ne faire que si vous manquez de temps, sinon vous ne profiterez pas pleinement des merveilles ici présentes. Malgré cette foule dont nous n'avons pas l'habitude (il faut bien trouver un avantage à la période pandémique, les sites touristiques sont vidés), nous entamons le circuit autour des terrasses. C'est non seulement ingénieux, mais c'est également très beau. Pour accéder à chaque niveau, les Incas ont laissé dépasser du mur des pierres faisant office d'escalier. Nous prenons notre temps et restons une petite heure sur le site.


Maëlys au bord des escaliers


Pour la suite de notre matinée, nous partons en randonnée sur un petit sentier en direction du village de Maras. La ballade n'est pas compliquée mais il fait chaud et il n'y a pas un seul point d'ombre. Au bout d'une heure et demie, nous atteignons Maras.


De Moray à Maras


A Maras c'est bien animé pour un village ! Il y a un évènement sportif aujourd'hui, de nombreux cyclistes arrivent sur la place principale au compte goutte. Nous trouvons tant bien que mal un restaurant où manger un almuerzo bon marché. Contrairement à ce matin, c'est très bon, nous voici réconciliés. La chaleur est écrasante, nous décidons de faire la portion suivante de 3km en taxi. Direction les Salines de Maras, un site qui ne nécessite pas le boleto turistico, ce qui est assez rare pour le souligner.

Nous apercevons au détour d'un virage les salines par le haut, c'est impressionnant ! Je ne pensais pas y voir un si grand nombre de bassins. Les Salines de Maras datent d'avant les Incas, ils ont seulement continué à développer l'extraction de sel. Ici, on en récolte trois types : sel de bain, gros sel et fleur de sel. A noter que les 3900 bassins sont toujours en activité et appartiennent à différentes familles, organisées en coopérative, un héritage de génération en génération. La récolte n'est pas possible toute l'année en raison de la saison des pluies qui inonde les bassins. Le spectacle de ces salines ne nous laisse pas indifférents, nous observons le paysage sous toutes ses coutures et n'hésitons pas à mitrailler de photos.


Las Salinas de Maras


Quelques boutiques proposent la vente de sel ainsi que des dégustations de chocolat au sel de Maras. Comme pour toutes les dégustations au Pérou, c'est copieux mais le rythme est déchaîné : la suite est servie alors que tu maches encore le précédent morceau de chocolat. Ils devraient les renommer dégustations sportives.

En redescendant, nous croisons un homme qui nous demande d'où on vient. De là en découle une longue discussion. Il vient chaque jour ici car il possède avec sa famille quelques bassins aux Salinas. Il nous explique que le sel provient du Rio coulant de la montagne et quelques anecdotes qu'il semble prendre plaisir à raconter. Nous continuons de descendre, car notre objectif est de rejoindre à pied la route principale reliant Urubamba. Nous y arrivons en une petite heure, le sentier est d'ailleurs très agréable.


Le sentier qui descend des Salinas de Maras


En traversant un village, nous croisons quelques habitants qui vendent des objets sculptés en sel, avec qui nous discutons quelques moments sur l'actualité du pays. Nous essayons, en vain, de trouver un taxi pour nous ramener en ville. Une première équipe, composée des filles, trouve un tuk-tuk et monte à bord. Quelques secondes plus tard, la chance sourie également à Jean-Yves et moi, un deuxième tuk-tuk se présente, on ne le laisse pas filer.


Notre tuk-tuk a doublé celui des filles, permettant de les accueillir


De retour à Urubamba, la journée n'est pas finie. Nous prenons nos bagages, direction le terminal de bus. Nous arrivons juste à temps, car nous occupons les dernières places d'un minibus prêt à partir. Notre destination : Ollantaytambo (bon courage pour la prononciation !). La route longeant le Rio Urubamba est belle et le temps passe vite. Une heure plus tard, nous sommes déjà arrivés à Ollantaytambo. La nuit est tombée entre temps et nous sommes accueillis au village par le très chaleureux gérant de l'appartement que nous avons loué. Il nous guide vers son emplacement, nous faisons le tour du propriétaire, c'est très cosy, parfait ! Après cette grosse journée, nous filons au restaurant sur la place centrale : une soupe pour Chaton, un lomo saltado (boeuf sauté aux oignons) pour Jean-Yves, une pizza pour les filles et pour Anca et moi une trucha (truite). Notre repas est perturbé par une coupure d'électricité qui ne paraît pas surprendre le personnel du restaurant: ils ont une solution de secours et ils allument une grosse lampe sur batteries.


Jour 3 : Ollantaytambo, c'est beau !

Aujourd'hui, le programme est un peu moins dense et nous avons l'avantage d'être déjà sur place : pas de minibus, tuk-tuk, taxi, le bonheur !

Ollantaytambo est un village situé au bout de la Vallée Sacrée et s'est construit autour d'une forteresse Inca imprenable, les conquistadors Espagnols en ont fait les frais. De là, les soldats pouvaient aussi surveiller le chemin de l'Inca. Ajoutez à cela que le village a conservé son authenticité et ses milliers de pierres taillées, c'est un point de chute idéal avant de partir vers le Machu Picchu. Ayant toujours notre boleto turistico en poche, ou plutôt bien au chaud dans le sac à dos de Jean-Yves, nous partons à la découverte de la forteresse d'Ollantaytambo. Le vestige Inca est un point de passage pour tous les Tours Operators: nous croisons de nombreux minibus qui y déposent les touristes pour une heure, avant qu'ils ne repartent pour Cusco. L'avantage pour nous, c'est qu'on a tout notre temps pour en profiter.

Le début de la visite fait face à une imposante et impressionnante muraille construite en forme de terrasses. Ainsi, la construction a également une vocation agricole en plus de sa première fonction militaire. Les escaliers sont abruptes et l'on prend vite de la hauteur, les vues sur le village et sur la vallée sont imprenables.


La façade de la forteresse d'Ollantaytambo


Une fois en haut, nous sommes dans les quartiers des militaires de hauts rangs ainsi que des édifices sacrés. Dans la civilisation Inca, ce qui saute aux yeux est la grandeur et la qualité de taillage des pierres en fonction de votre statut social. Plus vous appartenez à la noblesse, plus la finesse est visible.


Moment bronzette sur un beau bloc de pierre


La suite de la visite se passe dans ce qui devait être les greniers, notamment utiles au stockage du maïs et des pommes de terre, puis aux habitations des soldats. Enfin, nous redescendons par une autre façade également en terrasses, la forteresse Inca.


La fin de la forteresse qui s'unit avec la montagne


Quoi de mieux après une bonne visite, que d' errer dans le marché artisanal à sa sortie pendant deux heures ?... Nous voilà donc embarqués par les filles dans ce jeu de marchandage et de négociation avec les Péruviennes. Si vous aimez les couleurs, vous y êtes servis.


Trop cute les petits bonnets lama


Le shopping c'est bien, mais c'est tout de même plus intéressant lorsqu'il s'agit de nourriture. Nous partons donc au marché pour faire les achats du repas du soir, ainsi que pour les sandwichs du lendemain. Pour finir cette journée en beauté, Jean-Yves nous fait sa recette secrète de crêpes : tout le monde se régale !


Merci Jean-Yves !


Notre aventure à Ollantaytambo achève notre passage dans la Vallée Sacrée. Demain, c'est le grand départ pour le M_ _ _ U P_ _ _ _ U. Vous avez jusqu'au prochain article pour trouver la réponse !


To be continued...

2 commentaires


Gabrielle Bernhard-Van Den Heuvel
Gabrielle Bernhard-Van Den Heuvel
10 avr. 2022

Digne de Pékin Express la course en Tuk Tuk entre l'équipe des filles et celle des garçons 😂 Quels beaux souvenirs de Ollantaytambo! Merci de m'avoir permis d'y retourner le temps de lire l'article! J'ai adoré y rester quelques jours! J'adore les petites piques concernant le shopping 😂 je constate que ce n'est pas ta tasse de thé, Emilien! 🤪 Biz à vous 4 !

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Chantal Gautier
Chantal Gautier
09 avr. 2022

Magnifique ! Ollantaytambo ....on a adoré ! Rigolo la laine de bb alpaga..moi aussi je croyais que c'était les bb 😮

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©2021 par 1 an en parenthèse.

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