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De Rio Dulce aux embruns caribéens de Livingston

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    1anenparenthese
  • 23 déc. 2022
  • 16 min de lecture

Jour 1 : Road trip au milieu de nulle part

Ce matin, le réveil sonne de bonne heure. Le temps de faire un brin de toilettes, de prendre nos sacs à dos, puis de descendre au rez-de-chaussée où nous attend déjà notre chauffeur du jour. Il est 8h, nous remercions l'équipe de notre hôtel qui a été aux petits oignons pour nous, puis nous embarquons dans le 4x4 pour une journée d'aventure.

L'objectif est de rejoindre Rio Dulce dans la journée. En terme de kilomètres cela semble aisé, mais à y regarder de plus près, le trajet se complexifie : la majeure partie est une piste impraticable, excepté si vous avez 4 roues motrices. Ce qui explique la privatisation de notre trajet, impossible d'ailleurs de faire autrement. Nommé "shuttle", ce mode de déplacement est très courant au Guatemala pour les touristes. Le prix est évidemment plus élevé que les transports en commun. Cependant, les shuttles mettent en avant leur temps de trajet plus court ainsi que l'aspect sécuritaire et confort pour les touristes. C'est donc alléchant, mais ce type de déplacement vous prive de toute authenticité selon nous, car ce n'est pas le moyen de transport privilégié par les locaux. Pour notre trajet du jour, la question ne se pose même pas puisqu'il n'existe aucun transport en commun effectuant la liaison, le terrain étant trop accidenté. La veille, nous avons longuement négocié avec le gérant de l'agence proposant ce service, et pour une fois nous n'avons grapillé que quelques miettes. Le prix ne nous convient pas, mais nous n'avons pas le choix car nous sommes perdus au milieu de nulle part et nous voulons nous diriger vers le sud-est (Rio Dulce), au lieu du traditionnel nord-est (vers la ville de Flores). C'est ainsi que nous nous retrouvons aujourd'hui à effectuer un trajet privatisé.

Notre chauffeur est jeune et semble bien connaître la région, il n'est en revanche pas très bavard. Malgré tout, il fait quelques efforts pour répondre à nos nombreuses interrogations. Par moment, nous nous enfonçons dans la jungle profonde, la piste devient invraisemblable : c'est vraiment la route par là ? Heureusement, nos estomacs ont désormais l'habitude et sont maintenant bien accrochés, car ça secoue pas mal. Nous observons à nouveau de petites parcelles de brûlis sur les versants des montagnes. Ces terres vont servir ensuite aux cultures des paysans.

En pleine campagne...


Nous apercevons des Guatémaltèques en pleine récolte d'un fruit venant d'un arbre qui nous est inconnu. Le pilote nous raconte que cette zone est entièrement consacrée à la culture de la cardamome. Et bien, il faut aller la chercher loin celle-ci ! Nous sommes tellement intrigués que notre chauffeur s'arrête pour nous laisser aller à la rencontre des paysans. La cardamome se dégustant également fraîche, nous leur demandons s'il est possible de leur en acheter un peu pour tester. Pas de soucis, pour 5 quetzal, nous voici en possession d'un kilo de ce précieux fruit. La valeur des choses est totalement différente suivant le lieu où l'on se trouve : pour moins d'un euro nous avons l'équivalent d'une centaine d'euros à la revente en Europe, une fois le produit transformé. Évidemment, ce ne sont pas les producteurs qui s'en mettent plein les poches...

La star de la région : la cardamome !


Plus loin, nous passons devant une zone d'embarquement : d'énormes sacs de récolte de cardamome sont disposés au sol, c'est impressionnant. Le marché paraît juteux, j'avoue que l'idée d'une reconversion dans ce business me traverse.

Après plusieurs heures de route, nous sortons des montagnes pour rejoindre une piste de bien meilleure qualité. La raison est simple : il y a une grosse carrière juste à côté et cette piste permet aux camions de rejoindre la route principale. C'est donc dans le plus grand des conforts que la suite de notre trajet se déroule. Avant d'arriver au niveau du Lago Izabal, nous faisons halte pour manger un almuerzo dans un village. Par je ne sais quel quiproquo, nous offrons le repas à notre chauffeur, alors que de notre côté nous faisons une assiette pour deux. Habituellement, nous trouvons normal d'offrir le repas aux guides/chauffeurs si l'occasion se présente, mais pas cette fois car le trajet nous a déjà coûté bien assez cher ! Il faut avouer qu'on a parfois marre d'être pris pour de riches touristes américains qui consomment à tout va.

Le repas fini, nous reprenons la route. Cette deuxième portion est nettement moins intéressante et moins belle que la première. La zone est fortement industrielle, ne laissant que peu de place à la végétation ou aux animaux, les camions déposent de gros nuages de poussières derrière eux. Bref, nous voilà sorti d'un paradis pour rejoindre l'industrialisation à outrance.

Une heure plus tard, nous arrivons enfin à destination : la ville de Rio Dulce. Quelle déception ! C'est une véritable fourmilière sale et bruyante. Pas étonnant, car la ville est le carrefour entre le Belize, Puerto Barrios, Ciudad de Guatemala (la capitale) et Flores. Le chauffeur nous dépose dans un parking, puis nous lui faisons nos adieux. Je ne sais pas si c'est du courage ou de l'inconscience, mais il effectue dans la foulée le trajet retour. Autant dire qu'il n'arrivera pas avant le milieu de la nuit. Heureusement, nous avions bien bouquiné avant de venir et notre hôtel se situe bien plus loin, sur les berges du Rio. Après avoir appelé la réception, une lancha (petit bateau à moteur) pointe le bout de son nez. Et là, c'est tout l'envers du décor : le Rio et ses abords sont sublimes, les couleurs y sont incroyables. La traversée ne dure que 10 minutes et c'est bien dommage, on s'y plaît bien sur cette lancha. Le petit ponton de l'hôtel Kangaroo est en vue, nos amis Charlotte, Laurent, Emma et Arthur aussi (nous nous étions croisés à Antigua). Je sens que les 2 nuits ici vont être très bonnes, car l'univers m'enchante.

La fin de l'après-midi passe très rapidement : le temps de poser bagages, discuter avec nos amis rennais autour d'une bière locale, faire trempette dans le Rio Dulce, qu'il fait déjà nuit. L'hôtel Kangaroo est idéalement situé, loin de tout, et seule une lancha peut vous faire regagner la civilisation. Mais il y a évidemment un inconvénient pour nous, pauvres baroudeurs que nous sommes : le prix du restaurant. Effectivement, il va falloir remédier à cela, car manger 48h à ce tarif n'est pas une option. Mais la journée a été longue, nous sommes bien fatigués, nous nous laissons tenter par la facilité et le délice du restaurant de l'hôtel. D'autant plus que Charlotte, Laurent et leurs enfants y mangent également. Après ce merveilleux repas, nous regagnons notre chambre. Celle-ci nous rappelle notre passage dans la jungle en Équateur. Des moustiquaires à l'imperméabilité douteuse en guise de fenêtres, le bruit nocturne amplifié d'animaux encore inconnus à nos oreilles, un vrai bonheur. A peine la lumière éteinte, un carfard géant tombe du plafond sur le lit des filles, c'est la catastrophe (surtout pour mes tympans) ! Je me serais bien passé de devoir installer d'urgence la moustiquaire en notre possession. Cette fois ça y est, les princesses sont en lieu sûr, c'est parti pour une bonne nuit de sommeil.


Jour 2 : profitons du Rio Dulce...

La nuit a été reposante pour moi, mais moins pour Anca et on est tous ravis à l'idée de rester au repos aujourd'hui. Surtout dans cet endroit fabuleux. De bon matin, nous faisons rapidement quelques calculs et la sentence est irrévocable. Si nous voulons rester dans notre budget, je dois repartir en lancha pour la ville afin d'y faire quelques courses alimentaires. Pas de temps à perdre, car moi aussi je veux ma journée au calme. Je profite de la lancha matinale des personnes quittant l'hôtel pour m'y incruster, moyennant la modique somme de 20 Quetzal. Après 10 minutes de traversée, je retrouve le brouhaha de la ville de Rio Dulce, qu'est-ce qu'on est bien à quelques kilomètres de là !

Sur le ponton principal de Rio Dulce


Étant parti le ventre bien vide, celui-ci réagit à l'odeur dégagée par une panaderia sur mon chemin. Le gâteau de banane, spécialité locale, me fait un gros clin d'oeil. C'est tellement riche et gourmand, je ne regrette pas mon choix.

De quoi vous mettre d'aplomb


Cette fois-ci, j'ai l'énergie nécessaire pour traverser la folie de la ville jusqu'au grand supermarché situé à l'opposé. Je vise des articles ne craignant pas la chaleur, car nous n'avons pas de réfrigérateur sur place, ainsi que deux bidons d'eau de 5L (l'hôtel facture chaque litre d'eau potable demandé). Sur le chemin du retour, je m'arrête dans un restaurant populaire pour commander deux burritos frites, cela fera notre repas du midi. Me voilà chargé comme un mulet, ne reste plus qu'à attendre une bonne heure la lancha depuis le ponton principal. Bien que les frites et le burritos soient froids, ça passe très bien car nous sommes affamés. De vrais morfales !

De retour à l'hôtel, nous passons du temps avec nos amis rennais car ils partent aujourd'hui vers Livingston (qui est également notre prochaine destination). Au programme, baignade dans le Rio Dulce. L'endroit est paisible et réconfortant. Petits et grands, nous prenons plaisir à effectuer nos plus beaux sauts dans la rivière, ainsi qu'à jouer avec la corde de Tarzan mise à disposition. Nous y passons des moments précieux et remplis de bonheur.

La douceur du Rio Dulce


Puis, vient l'heure des "au revoir" avec Charlotte, Laurent, Emma et Arthur. Mais nous nous reverrons bien assez tôt. Ils ont également apprécié leurs deux jours passés ici.

À la prochaine !


Pour quelques Quetzals, l'hôtel met en location des kayaks. Je saute sur l'occasion pour partir avec Maëlys, Anca et Alicia étant moins emballées par l'activité.

Nous nous donnons comme objectif de rejoindre le Castillo San Felipe, monument emblématique marquant le passage du géant lac Izabal au magnifique Rio Dulce. Ce site est également visitable, mais pour une raison inconnue le prix d'entrée est exhorbitant. Nous irons donc le voir uniquement depuis le Rio, interdiction de poser pied à terre, sous peine de devoirs s'acquitter des billets d'entrées. Nous voici donc partis en ballade kayak avec Maëlys. Les environs sont tout aussi paisibles et plaisants que ceux de notre hôtel. Il y règne une forme de douceur de vivre de ce côté du Rio Dulce. Après avoir slalomé entre les racines, nous rejoignons la branche principale du Rio. Il y a pas mal de vaguelettes et de courant, la ballade devient tout de suite plus sportive. Le Castillo est en vue, nous touchons à notre but. Maëlys m'épate par son courage et sa motivation, elle est d'une grande aide dans notre avancée. Nous restons quelques minutes à admirer l'architecture du petit château, avant de repartir par un autre cap afin de faire une boucle. Après 1h30 à pagayer, nous sommes de retour au ponton de l'hôtel, bien contents de notre sortie.

Promenade en kayak sur le Rio Dulce


Le reste de l'après-midi se déroule comme dans un rêve, nous passons notre temps à nous détendre, à nous baigner et à faire des concours avec la corde de Tarzan.

Cheetah n'a qu'à bien se tenir !


Le soir venu, nous esquivons la case restaurant grâce aux achats du matin. Le repas est sommaire et sans saveurs, mais il a le mérite d'équilibrer les comptes. Comme c'est épuisant de ne rien faire, nous tombons rapidement de sommeil.


Jour 3 : transfert en lancha vers Livingston

C'est presque tristes que nous nous réveillons, le départ est prévu aujourd'hui vers 14h. Le temps est passé bien trop vite ! Dernier café matinal avec vue sur le paisible Rio, dernières baignades, le temps de faire les sacs à dos et de régler les comptes avec l'hôtel, qu'il est déjà l'heure du départ.

Le café est merveilleux dans ces conditions...


La lancha arrive, nous plaçons nos sacs sur l'avant de l'embarcation, puis nous voilà partis pour 2h de trajet. C'est le temps nécessaire pour avaler les 43km du Rio Dulce jusqu'à Livingston, situé au bord de la mer des Caraïbes.

Nous sommes ravis de faire cette escapade car cet itinéraire a très bonne réputation, les paysages y sont paraît-il incroyables. Après 10 minutes, nous passons sous le pont de la ville de Rio Dulce, c'est parti pour la découverte !

Livingston nous voilà !


La première partie du trajet se fait dans le Golfete, là où le Rio est le plus large. C'est une zone encore habitée et nous croisons quelques yachts et hôtels luxueux. Il fait bon vivre dans ce coin du Guatemala : une température idéale toute l'année, des parties de baignades à l'eau douce quand on le souhaite, un niveau de vie au dessus du reste du pays. Tous les ingrédients sont rassemblés pour s'y plaire. Une autre espèce y a posé bagages : le lamentin. Quoi de plus normal qu'un animal paisible et innofensif perdurant dans un lieu où la douceur de vivre semble être le slogan ? Nous ouvrons grand nos yeux, surtout aux abords de la réserve naturelle Chocon Machacas, mais rien à faire, pas de lamentin en vue. Ce sera pour une prochaine fois. En revanche, nous observons une multitude d'oiseaux. Plus loin, le motoriste nous fait passer le long d'habitations traditionnelles, dans un univers rempli de nénuphars fleuris, c'est magique. La magie opère jusqu'à l'apparition d'une barque venant vers nous, une dame vend des bibelots souvenirs. Cette rencontre organisée détruit un peu notre sensation d'être privilégiés. Mais ne faisons pas les fines bouches, la traversée est déjà merveilleuse.

Traversée d'El Golfete


A partir de maintenant, nous quittons la partie habitée pour rejoindre une partie plus sauvage : le Canyon du Rio Dulce. Les berges se resserent très nettement, la végétation s'épaissit et le terrain s'accidente peu à peu. Aussi, le Rio Dulce commence à s'onduler tel un serpent, forme typique des fleuves en jungle. Le paysage est de plus en plus beau et nous nous emerveillons toujours plus à chaque virage. Puis, nous faisons halte à la Cueva del Tigre, ou plutôt à son départ de sentier. C'est une excursion à faire à la demi-journée avec un guide, dans le but d'aller découvrir la grotte et de s'y baigner. Le lieu est sauvage et peu touristique, cela pourrait être une option pour le futur. Mais pour le moment nous nous contentons de barboter dans les eaux thermales présentes dans ce secteur. Elles dégagent une forte odeur d'oeuf pourri, pas très glamour le souffre. Quelques minutes plus tard, le motoriste nous indique que nous repartons. Il enclenche tout le potentiel de son moteur 75cv 4 temps, c'est parti pour une pointe de vitesse et de fun. Malgré tout, nous profitons du décor qui se dévoile sous nos yeux, car c'est assez unique et somptueux. Petit à petit, le Rio Dulce s'élargit à nouveau, symbole de notre approche vers la mer des Caraïbes. Parmi des épaves de bateaux, quelques pélicans sont là pour nous accueillir. Nous voilà arrivés à destination : Livingston.

Du Canyon du Rio Dulce jusque Livingston


Cette ville n'a pas d'équivalence au Guatemala. Pour commencer, elle n'est pas accessible par voie terrestre, seules les voies fluviales et maritimes sont possibles. De par cette particularité, elle s'isole déjà du reste du pays. A une époque, Livingston était le seul port du Guatemala, jusqu'à ce que le port de Puerto Barrios ne vienne écraser les marchés commerciaux, notamment avec l'exportation massive de la banane. La ville s'est ainsi isolée au fur et à mesure des années, vivant désormais principalement du tourisme. Une autre particularité est présente à Livingston, et non des moindres : ses habitants. La majorité de la population de la ville est composée de Garifunas. Descendants d'esclaves naufragés du Nigeria, ils ont trouvé leur cachette sur ce bord de mer des Caraïbes. Au 16ème siècle, une embarcation qui conduisait des Nigérians mis en esclavage s'est échouée sur l'île antillaise de Saint Vincent. Sur cette île, les indigènes déjà présents, appelés Indios Arawak ont accueilli les naufragés. Le mélange de ces deux peuples a donné naissance à la culture Garifuna. Suite à l'oppression et la tentative d'asservissement des anglais, le peuple a migré vers les côtes du Belize et du Guatemala. Les Garifunas sont désormais reconnus au patrimoine mondial de l'UNESCO, au titre de la préservation de sa culture. Bien que communiquant aisément en espagnol, ils parlent une langue créole (mélange d'arawak-français-espagnol-anglais).

C'est dans cet univers que nous débarquons sur le ponton principal. Le changement d'ambiance se ressent immédiatement. Notre premier contact est un homme à l'apparence bien détendue, vêtu aux couleurs rasta (vert-jaune-rouge), coiffé de longues dreadlocks. Pour achever le cliché, il me propose gentillement de lui acheter du cannabis. Livingston est aussi appelé "la Jamaïque du Guatemala", pas étonnant...

Il fait terriblement chaud, chargés de nos gros sacs à dos, nous partons en direction de notre hôtel situé à l'opposé de la ville. Nous avons réservé 3 nuits dans l'établissement le moins cher de Livingston car les prix étaient assez élevés pour notre budget. Nous appréhendons quelques peu sur le confort que l'on va y trouver. Après 20 minutes à transpirer sous cette chaleur écrasante, nous arrivons à l'hôtel. Autant la bâtisse est belle, autant la propreté et l'état de la chambre son désastreux. Les matelas sont tachés de partout et ont dépassé leur espérance de vie depuis bien longtemps, les cafards géants prolifèrent dans la salle de bain, je n'ose même pas faire bouillir de l'eau dans la cuisine commune, pour faire court c'est un véritable désastre. C'est un coup dur pour Anca, car avec la chaleur additionnée à tout ça (évidemment pas de clim non plus), pas facile de se projeter sur ces prochains jours. Nous faisons le choix de réduire notre séjour à 2 nuits et de prendre cette expérience à la légère, nos conditions de logement seront meilleures la prochaine fois...

Un hôtel si beau d'extérieur, et pourtant...


Ayant envie de passer le moins de temps possible dans la chambre, d'autant plus que nous sommes les seuls clients, nous repartons aussitôt pour partir à la découverte de la ville et de la culture Garifunas.

Nous partons tout d'abord en direction de la rue principale. Nous sommes étonnés de voir à quel point celle-ci est animée et colorée. Nous y croisons également quelques touristes, mais c'est très loin du tourisme de masse. Quelques boutiques et restaurants mettent en avant la culture Garifuna que nous ne connaissons pas. La mer des Caraïbes nous appelant, nous marchons en direction de la Playa Capitania. Mais encore une fois c'est la déception, la plage est sale et polluée. Pas question de s'y baigner !

La Playa Capitania


Nous rebroussons donc chemin vers la ville afin de nous renseigner sur les prix des excursions. En passant dans les boutiques souvenirs, nous observons une spécialité, plus précisément une boisson : le gifiti. C'est un alcool à base de rhum et de plantes. En Garifunas, gifiti signifie amertume, ce qui ne laisse aucun doute sur le goût de la boisson. Les locaux l'utilisent traditionnellement pour la médecine, avec une composition de plantes différentes selon que ce soit à destination des hommes ou bien des femmes. De nos jours, il est également consommé à des fins récréatives. Nous craquons évidemment pour une bouteille, notre curiosité culinaire est insatiable.

Quelques mètres plus loin, des mamas proposent leur service pour faire des nattes afros. Nous en avons déjà croisé la veille, mais cette fois-ci la négociation aboutit. Maëlys et Alicia sont toutes contentes de se faire coiffer. Mais il faut souffrir pour être belle, ce vieil adage semble aujourd'hui bien vrai, Alicia en verse même une petite larme, la pauvre... Les femmes sont pourtant expertes et exécutent les mouvements avec un automatisme déconcertant. En revanche, je n'irai pas me frotter à elles, leur non-chalance et leur franc-parler en font des adversaires redoutables à coup sûr...

Le résultat est convaincant


Au détour d'une rue, nous croisons Roberto, un phénomène. Poète et séducteur, il est fier de sa ville et de sa culture. Nous le remercions pour ce moment d'authenticité et continuons notre visite.

Le soir venu, nous testons la spécialité locale dans un restaurant qui a bien du cachet. Le "Tapado" est LE plat des Garifunas par excellence. Il se compose de fruits de mer, de bananes, de crabe, de poisson et d'un bouillon épicé de lait de coco. C'est un régal et une véritable découverte culinaire.

Le fameux Tapado !


C'est bien repus que nous rejoignons à contrecoeur notre chambre, puis nous tombons dans un sommeil léger et agité à cause de la chaleur.


Jour 4 : excursions à Siete Altares et Playa Blanca

Le réveil est difficile car la nuit n'a pas été des plus reposantes. La chaleur insoutenable et l'inconfort des lits s'est bien confirmée. Ne souhaitant rester plus longtemps dans cette chambre, nous sortons de bon matin pour trouver un petit déjeuner dans la ville.

Il est maintenant temps de rejoindre Charlotte, Laurent, Emma et Arthur; nous nous sommes donné rendez-vous au port de Livingston. Anca a obtenu une bonne offre la veille pour une excursion en lancha pour nous huit. C'est ainsi que nous embarquons, sous un soleil de plomb, vers notre première destination : las Siete Altares.

En longeant la ville par la mer, nous passons devant la statue El Salvador del Mundo. Il s'agit du saint patron de Livingston. La pauvre statue est prise d'assaut par les oiseaux.

El Salvador del Mundo


Quelques minutes plus tard, nous atteignons la première destination. Notre motoriste est bien sympathique et nous dit de prendre notre temps, il ne bouge pas d'un pouce et attend notre retour.

Une chose est sûre, c'est que ça ne grouille pas de touristes par ici. Personne en vue et notre bateau est le seul amarré. Nous ouvrons la porte de la billetterie, une forte odeur de plantes brûlées vient immédiatement nous saisir les narines. Nous questionnons l'homme chargé du droit de passage pour les plus jeunes enfants (Arthur et Alicia), car ce n'est pas très clair. Celui-ci se retourne et pose à nouveau la question à son chef. Le gourou s'avance vers nous, avec un style particulier, désigne Arthur en précisant que c'est gratuit. Pour Alicia en revanche il faut payer. Nous n'allons pas chercher plus loin pour les critères de passage, ça semble déjà bien assez compliqué comme ça... Après quelques minutes de marche, nous atteignons le premier des sept paliers. Nous sommes un peu déçus malgré que l'on s'y attendait car c'est la saison sèche : il n'y a que très peu d'eau. Les lieux sont donc évidemment beaucoup moins impressionnants. Malgré tout, nous décidons de continuer la ballade jusqu'au 7ème palier. Cette stratégie s'avère payante car une petite piscine naturelle a résisté à la sécheresse. C'est le bonheur, ni une ni deux, passage en tenue de bain. Il fait si chaud que c'est un régal de plonger dans ces eaux froides. Nous décidons d'en profiter un maximum et d'y flâner une bonne demie-heure avant d'envisager de faire le chemin retour.

Las Siete Altares en mode asséchés


À peine de retour à la lancha, que nous croulons déjà à nouveau sous la chaleur. Vivement la prochaine baignade !

Nous faisons environ 30 minutes de trajet pour rejoindre le clou du spectacle : la Playa Blanca.

En route vers Playa Blanca


La plage est considérée comme la plus belle du Guatemala, rien que ça ! Le motoriste nous dépose sur un petit ponton, à quelques mètres de l'entrée de la plage, et nous redit de prendre notre temps.

Manque de bol, cette fois-ci ce n'est pas la sécheresse le problème, mais plutôt les sargasses. Cette petite algue brune a envahi les lieux pour y rester quelques jours, transformant la plage paradisiaque en une scène d'horreur. On va pas se mentir, nous sommes dégoûtés... Habituellement payante, car entretenue et décorée, l'entrée à la plage nous est offerte pour réconforter notre désarroi.

Les sargasses, véritables criminels...


Une fois notre déception digérée, nous longeons la plage jusqu'à l'autre extrémité, puis revenons sur nos pas afin de pique-niquer sur une table mise à disposition. Au menu, tortillas remplies de thon en conserve et d'haricots rouges. C'est pas si mal !

Après le repas, nous décidons de braver les algues et d'aller malgré tout se baigner. Je ne sais pas si c'est l'idée du siècle car il paraît que les sargasses peuvent être toxiques, mais sur le coup l'idée nous paraît cohérente. La mer des Caraïbes est tellement bonne que la baignade nous rafraîchit à peine. Après deux bonnes heures sur place, nous nous résignons à retourner à la lancha. Au moins, même si on n'en a pas profité, on l'aura vu cette fameuse plage.

Playa Blanca reste très belle


Le motoriste comprend notre déception mais nous rassure en disant que le phénomène des sargasses arrive régulièrement dans le secteur. C'est d'ailleurs pire d'années en années d'après ses dires.

Trois quarts d'heure plus tard, nous voici de retour à Livingston. Nous décidons de continuer à flâner dans les rues, où nous découvrons une autre spécialité locale : le pain de coco (délicieux !). Puis, nous partons boire une bière sur la Playa Capitania. A l'heure du repas, nous faisons halte à un petit restaurant un peu à l'écart. Les prix y sont bons marché et le poisson de bonne qualité. Pour conclure en beauté cette journée passée ensemble, nous prenons un digestif dans le jardin de l'hôtel où logent nos amis rennais. Le gifiti est mis à l'honneur et c'est horriblement amer !

Santé !


La nuit est déjà bien tombée quand nous faisons route à pied vers notre hôtel. Tout le monde est épuisé, c'était une grosse journée. Demain déjà nous quittons Livingston.

Prochaine destination : El Remate !



To be continued...

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