Rencontre avec les Mayas à Tikal
- 1anenparenthese

- 6 janv. 2023
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Jour 1: une longue journée dans les transports
Ce matin, nous quittons Livingston de bonne heure, après une autre nuit trop chaude et peu reposante. Je suis assez contente de partir de cette ville atypique (mais qui vaut le détour), même si notre prochaine destination a l'air tout aussi chaude et humide, d'après certains voyageurs. Notre objectif du jour: arriver à El Remate, un village au pied du Parc National Tikal où se trouvent d'impressionnantes ruines Mayas. À 9h nous sommes au niveau du port et nous attendons notre bateau pour Rio Dulce. Nous n'avons pas d'autre choix que de revenir en arrière vers cette ville, afin de remonter ensuite en bus à Flores, puis à El Remate. Une fois rempli, le bateau démarre sa traversée.
Départ de Livingston et arrivée au pont de Rio Dulce
Une heure plus tard, nous débarquons dans l'agitation d'un grand axe routier. Nous étions bien dans la quiétude du fleuve ! C'est drôle comme Rio Dulce peut être si paisible et calme du côté du fleuve et si animée et bruyante du côté des axes routiers. Il fait très chaud aujourd'hui à Rio Dulce, nos sacs à dos nous paraissent lourds. Et puis, c'est vrai que nous sommes de plus en plus chargés avec des souvenirs que nous avons accumulés jusqu'ici. Le trajet jusqu'à Flores est long: environ 6 heures de routes. Pour plus de confort, nous décidons d'oublier les chicken bus et de prendre un bus direct de la compagnie privée FDN (Fuentes del Norte). Cette compagnie nous a été conseillée par d'autres voyageurs qui en étaient satisfaits. Nous négocions (difficilement) un tarif pour tous les 4. Nous avons à peine le temps d'aller aux toilettes que le bus est déjà là. Le chauffeur nous presse à y monter, le bus n'a pas de temps à perdre. Tous nos espoirs de confort s'évaporent au moment où nous montons dedans. Le bus est très obsolète, n'a pas d'air conditionné et il est plein à craquer ! À part l'avantage qu'il soit direct, ce n'est pas mieux qu'un chicken bus. Les 6 heures risquent d'être longues! Je prends Alicia sur mes genoux, Emilien trouve une place sur une autre rangée de sièges et une dame prend son enfant sur les genoux pour laisser une place à Maëlys. Ce bus est un vrai sauna! Nous sommes transpirés et avec Alicia sur mes genoux, nous nous tenons encore plus chaud. Le bus avance très doucement. En plus, pour la première fois au Guatemala, nous découvrons les contrôles. Les policiers (armés) entrent dans le bus et demandent les pièces d'identité. Si dans les autres pays, le passeport étranger nous avantageait, ici ce n'est pas le cas. Nous avons l'impression que cela soulève plus de questions encore. Par ailleurs, lors des contrôles, les locaux sont épargnés, alors que nous devons montrer nos papiers à chaque fois. En Argentine c'était le contraire: si les policiers voyaient que nous étions étrangers, ils nous laissaient partir tout en s'excusant de nous avoir dérangé. En même temps, aujourd'hui nous sommes les seules étrangers dans ce bus rempli de Guatémaltèques. Un groupe de jeunes nous intrigue. Ils sont une dizaine, mineurs (16 ans peut-être), encadrés par 2 adultes, plutôt jeunes aussi. Les adultes leur distribuent de l'eau, de la nourriture et s'occupent d'eux. Un de ces jeunes est placé à côté de moi, à la fenêtre. Il me demande de temps en temps à quel endroit nous nous trouvons et combien de temps de route il nous reste. Je ne suis même pas sûre qu'il soit Guatémaltèque, car il n'a pas l'air de connaître le pays. À un des contrôles policiers il montre un papier manuscrit, à priori une autorisation de la part de ses parents, pour voyager seul. Il est plutôt retenu quand il s'agit de parler de lui et j'en déduis que le groupe traverse la frontière avec le Mexique en compagnie des deux adultes. La situation reste assez mystérieuse et énigmatique. Je me demande encore quelle était l'histoire et le sort de ces jeunes. Petit à petit, le bus s'approche de Flores. À la fin, nous sommes assoiffés, affamés et transpirés ! Ce bus est vraiment insupportable et fait que ce trajet est l'un des pires du voyage. C'est en réalité dans la ville de Santa Elena (collée à Flores) que nous descendons soulagés. La joie ne dure pas longtemps, car le soleil cogne dehors. Qu'est-ce qu'il fait chaud dans ce pays! Un homme se dépêche vers nous et nous demande où nous allons. Nous lui disons que nous allons à El Remate et à partir de ce moment-là, il ne nous lâche plus. Il veut que nous montions tout de suite dans son véhicule. Nous lui indiquons que nous avons besoin de manger d'abord. Alors il nous accompagne pour nous montrer une sorte de cantine. Je ne sais pas s'il le fait par gentillesse ou par peur de ne pas perdre ses potentiels clients, mais il est vraiment trop insistant, un vrai pot de colle. En employant un peu plus de fermeté, il finit par nous lâcher et nous allons vers une sorte de KFC, d'une enseigne locale. Nous achetons quelques frites, ensuite quelques produits de panification et surtout de l'eau dans un petit magasin adjacent. Un problème est résolu! Reste un deuxième: trouver un distributeur car nous n'avons plus d'argent. Nous le trouvons juste en face, ouf! Ça aurait été presque impossible de faire plus que traverser la rue sous cette chaleur et sous le poids de nos sacs. Maintenant, nous pouvons aller chercher le bus qui va à El Remate. C'est en réalité un minibus. Un autre monsieur, qui paraît honnête, nous accompagne au fond du parking vers un véhicule. Nous le voyons échanger quelques mots discrètement avec le chauffeur et nous comprenons qu'il est en train de nous arnaquer sur le prix du billet. Cela nous agace, ce n'est vraiment pas plaisant d'être menti et d'être vu comme une portemonnaie sur pattes, mais nous sommes tellement épuisés et n'avons qu'une envie: monter dans ce minibus qui nous amène à notre hôtel coûte que coûte. Mais cette longue journée de transports n'est pas terminée car le minibus met presque une heure pour se remplir et il nous balade dans le marché de Santa Elena, à la recherche des clients. Quand nous arrivons enfin à l'hôtel, après 45 minutes supplémentaires de route, le soleil est en train de se coucher. Après l'inconfort de ces derniers jours, nous croisons les doigts pour que l'hôtel soit bien cette fois-ci. Nos prières sont écoutées! La chambre est propre et confortable, il y a de l'air conditionné (tellement nécessaire sous cette chaleur) et même une cuisine commune. La (très) petite ville nous plaît beaucoup. Elle est calme et il y a assez de boutiques et de restaurants pour manger convenablement. Le sourire s'installe sur nos visages et nous nous détendons petit à petit. Nous terminons la journée sur la terrasse avec une pizza et une bière froide. Et bien sûr un jus pour les filles. Nous faisons également la connaissance de nos voisins de palier : Janine et son compagnon, un couple Allemand, très gentils et agréables.
Jour 2 et Jour 3 : détente et baignade au bord du lac Peten Itza
Nous sommes très contents d'être dans ce petit village paisible, situé entre la jungle et le lac Peten Itza. Les conditions d'accueil et l'ambiance du village nous réconfortent beaucoup. Avant d'entamer la visite du site archéologique de Tikal, qui est quand même la raison de notre présence dans ce coin du Guatemala, nous nous accordons deux jours de repos. Nous intégrons à notre programme quelques temps d'école, de lessive, d'écriture de blog et de préparation pour le passage de la frontière avec le Mexique. Les moments passés à El Remate sont magiques: nous nous y sentons bien et nous rechargeons nos piles pour la suite du voyage.
Nous gardons un très bon souvenir de El Remate
Jour 4: face à l'histoire, au pied des pyramides mayas
Ce matin, nous avons rendez-vous à 5h30 avec Lucie (que nous avons rencontrée lors de l'ascension d'Acatenango) et avec notre guide, Miguel, pour la tant attendue visite du site archéologique de Tikal. Miguel nous a été conseillé par un autre guide francophone, qui était lui, indisponible à cette date. Nous montons donc dans le premier minibus de la journée qui va à Tikal. Miguel nous a conseillé d'aller tôt pour profiter d'un peu de calme et pour ne pas trop subir la chaleur. Sur ses conseils, nous avons demandé à nos voisins allemands de nous acheter les billets d'entrée un jour plus tôt, lors de leur visite: cela nous évite la file d'attente à la billetterie, ce matin. Le minibus transporte les habitants de El Remate qui travaillent sur le site. Miguel les connaît tous. Il a la soixantaine et parle très bien français. Il est calme, poli et gentil, mais surtout très bien informé de point de vue historique et archéologique puisqu'il a fait lui-même partie de l'équipe qui a réalisé les fouilles scientifiques sur ce site maya. Je suis impressionnée par ses connaissances et ses anecdotes. Nous apprenons un peu plus tard qu'il est également guide dans la jungle. Il possède beaucoup de connaissances sur la flore et la faune et il accompagne souvent des chercheurs ou des équipes de télévision dans cette forêt subtropicale qu'il connaît si bien. Il est vraiment une encyclopédie vivante. Nous arrivons à la première barrière qui marque l'entrée sur le site, à 6h. D'ici nous avons encore un peu de route, toujours en minibus jusqu'au début du parcours de visite.
Tikal est l'un des plus grands sites archéologiques et centres urbains de la civilisation maya précolombienne. Le site fait partie du parc national éponyme créé en 1955. En 1979, il a été inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO.
Tikal était la capitale d'un des royaumes les plus puissants des anciens Mayas. Bien que l'architecture monumentale du site remonte jusqu’au IVe siècle avant Jesus-Christ, Tikal n’atteint son apogée qu’au cours de la période classique (entre 200 et 900 de notre ère). À cette époque, la ville dominait politiquement, économiquement et militairement une grande partie de la région maya, tout en interagissant avec d’autres régions de l'Amérique Centrale. Après la fin de la période classique tardive, aucun nouveau monument important n’a été construit à Tikal, et les palais de l'élite ont été brûlés. Ces événements se sont déroulés parallèlement au déclin démographique progressif, culminant avec l'abandon du site à la fin du Xe siècle. Tikal est l’une des mieux connues des grandes cités mayas grâce à la transcription d’une longue liste de rois, ainsi que par leurs sculptures monumentales, leurs temples et leurs palais.
Au coeur de la jungle, les ruines se dévoilent petit à petit
La visite est très intéressante et le temps passe vite. Il est déjà 12h quand Miguel se sépare de nous. Nous restons encore une heure sur le site et montons directement sur le temple au pied duquel nous faisons nos adieux à Miguel. Ensuite, nous revenons sur nos pas pour monter dans un autre temple situé sur la place principale. Le sentiment et les émotions sont uniques. Cet endroit vaut vraiment le détour. Nous sommes impressionnés aussi par la taille de cette ancienne cité maya, dont une très grande partie reste inexplorée et recouverte de végétation.
La cité maya de Tikal
Nous faisons aussi quelques rencontres avec la faune du site: ici, des singes hurleurs et des coatis côtoient les touristes. Les fourmies construisent leurs chemins et les arbres sont imposants.
Au milieu de la jungle
Il est 13h quand nous décidons de sortir du site pour chercher un minibus de retour vers El Remate. Nous avons très chaud depuis deux heures; en pleine journée les températures sont vraiment difficiles à supporter. Nos réserves d'eau sont terminées, alors nous en achetons une bouteille à la boutique du site. À la sortie, nous apprenons qu'il n'y a pas de transport entre 12h et 14h. Nous devons attendre encore une heure sur place. Finalement, avec d'autres touristes, nous arrivons à convaincre un chauffeur de minibus à nous emmener au village, en échange d'une contribution financière légèrement plus élevée que la normale. Nous sortons du minibus sous une pluie tropicale qui fait presque du bien. Nous faisons quelques courses rapides pour le déjeuner et passons le reste de l'après-midi à rêver aux Mayas et à la cité de Tikal à son apogée.
Un après-midi sur la terrasse
Nous devons ensuite préparer nos sacs à dos pour le lendemain, car la charmante île de Flores nous attend pour une nuit, avant de partir vers le Mexique.
To be continued...









































































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