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Des sommets pleins les yeux à Huaraz (1ère PARTIE)

  • Photo du rédacteur: 1anenparenthese
    1anenparenthese
  • 2 févr. 2022
  • 10 min de lecture

C'est avec détermination, que tôt le matin, nous prenons la direction du terminal de transport de MovilBus. Effectivement, le centre de Lima est beau, mais ça reste une capitale bien trop grande et animée à notre goût. C'est donc avec joie que nous grimpons dans notre bus en direction de Huaraz, ville de 120 000 habitants située à 8h de route plus au nord. Une fois confortablement installés, nous nous emerveillons sur la qualité du bus, rien à voir avec nos moyens de transports habituels de Colombie. Sièges inclinables et de bonne facture, espace suffisant au niveau des jambes et surtout service de bagages en soute sécurisée. Pour une des premières fois, nous ne trimballons pas nos gros sacs à dos avec nous, c'est le luxe ! Pour autant, ce constat de qualité est éphémère : notre bus à un défaut technique, nous attendons une heure avant d'être transférés dans un autre... Cette fois-ci, plus rien ne vient interrompre le bon déroulement de notre trajet. A la sortie de Lima, du sable a perte de vue mais pas que ! Des milliers de déchets viennent décorer le bord des routes. Cette présence de l'homme au milieu du désert fait tâche. Il faut dire que la sensibilisation à la gestion des déchets en Amérique du Sud est inexistante. A maintes reprises, nous croisons adultes et enfants jeter leur emballage au sol sans la moindre hésitation ni remord. C'est bien triste et nous espérons que les mentalités changeront dans les années à venir, car c'est un paradoxe d'avoir de si beaux paysages et de les décorer à coup de plastiques à chaque recoin. A mi-parcours, c'est la traditionnelle pause restauration du chauffeur. Les passagers sont également invités à consommer dans l'établissement affichant bien sûr des prix exagérés. Nous faisons l'impasse car nous avions prévu un en-cas et attendons que le chauffeur ait terminé son almuerzo.


Peru's qualitat !


Quatre heures plus tard, nous arrivons enfin à destination, à la tombée de la nuit. Huaraz est situé dans la province d'Ancash, à 3 050m d'altitude. C'est donc un parfait point d'ancrage pour s'acclimater avant d'attaquer la haute montagne et de minimiser le soroche (mal des montagnes). Étant déjà passés en haute altitude en Équateur, nous prenons cette fois-ci bien au sérieux le problème pour ne pas gâcher notre expérience dans la cordillère Blanche, car Maëlys ne s'était pas sentie très bien à 3 900m. En 1970, la ville de Huaraz a subi un gros tremblement de terre menant quasiment à sa destruction totale, ce qui explique la laideur de son urbanisme qui s'est reconstruit en vitesse. Côté humain, les dégâts furent énormes, plus de 70 000 morts dans toute la vallée... Mais ce n'est pas pour la beauté de la ville que nous venons, les alentours de Huaraz ont tant à offrir ! Nous rejoignons notre hôtel, il est bien situé et l'accueil est chaleureux. Fatigués, nous deballons nos affaires avant d'aller se réchauffer sous la couette.


Day 1 : acclimatation et organisation

Le lendemain, nous en profitons pour rester cool et visiter le centre ville, ainsi que pour planifier les neuf jours que nous passons ici. De nombreux tours sont proposés aux alentours de Huaraz, difficile de faire un choix et de trouver le bon compromis entre difficulté des randonnées pour les filles et montée progressive en altitude. Nous plaçons la barre haute et planifions quatre sorties à la journée dont une où la présence d'enfants est plutôt rare.


La Plaza de Armas de Huaraz


Une fois le planning effectué et les tarifs négociés, c'est déjà la fin de cette première journée placée sous le signe de l'acclimatation à l'altitude.


Day 2 : acclimatation et visite du musée et du marché

Aujourd'hui, il est encore nécessaire de s'acclimater. Après, un copieux petit-déjeuner proposé par l'hôtel, nous en profitons pour apprivoiser la culture pré-inca des Chavin au musée régional d'Ancash, situé dans le centre-ville. Le musée est intéressant et assez complet, il nous permet de nous initier aux rituels effectués par cette civilisation et de leur importance, ainsi que de comprendre la déformation des crânes et leur croyance envers les différents dieux.


Statues ressemblant à celles vues au sud de la Colombie et momie en position foetale, prête à être réincarnée


Sortis du musée, nous partons tâter la température au marché. En Amérique du Sud, les marchés sont le poumon de la ville, ils reflètent la façon de s'alimenter, de s'habiller. Ils reflètent également le dynamisme de la ville et l'agriculture qui y est pratiquée. C'est un lieu passionnant ! A Huaraz, le bâtiment du marché n'est pas suffisant, les rues adjacentes sont occupées aussi: des stands de fruits et légumes parsèment les trottoirs. Nous faisons les emplettes pour le repas du soir ainsi que le plein de fruits secs et de physalis, produits amplement représentés dans le marché.


Marché de Huaraz, côté restaurant et boucherie


Day 3 : le glacier Pastoruri

Nous sommes le 6 décembre, c'est la Saint Nicolas ! Bien que nous soyons à l'autre bout du monde il a pensé à nous, preuve que nous sommes très sages. Les filles profitent quelques minutes des cadeaux reçus au petit réveil dans leurs chaussures, qu'elles ont bien astiquées la veille.


Trop le bonheur !


Notre temps étant compté, Maëlys et Alicia laissent leurs nouveaux trésors dans la chambre, puis nous embarquons dans un minibus. L'objectif de la journée est le glacier Pastoruri situé à 5 000m d'altitude, rien que ça ! Nous nous permettons cette altitude car il faut marcher seulement 2km pour y accéder, avant de redescendre. Le mal des montagnes n'a donc pas trop le temps de nous affecter. En cas de pépin, nous avons le kit coca du parfait randonneur au Pérou !


Kit anti-soroche : feuilles de coca, caramel à la coca et altiVital (gellule de plantes naturelles)


Le tour propose deux arrêts avant d'atteindre le glacier. Le premier d'entre eux est une lagune et ses sources d'eaux chaudes disposées autour de celle-ci. Ce n'est pas un arrêt mémorable, bien que le panorama des montagnes environnantes commence à être bien sympathique.


Un peu plus loin, nous effectuons le deuxième arrêt. Il est étonnant ! Nous y découvrons une plante hors du commun : la Puya Raimondii. Elle porte son nom du naturaliste Antonio Raimondii qui l'a découvert au XIXème siècle. La plante possède plusieurs particularités : elle ne pousse qu'entre 3 200m et 4 800m d'altitude, vit entre 70 et 100 ans, mesure jusqu'à 9m de haut et ne possède qu'une floraison d'une 20aine de milliers de fleurs (elle meurt ensuite). Son look est également surprenant, elle ferait partie de la famille des ananas. Bien que n'étant pas venus pour découvrir la Puya Raimondii, nous sommes ravis de rencontrer cette espèce en danger.


Les surprenantes Puya Raimondii !


Cette rencontre d'un autre type terminée, nous continuons la piste en direction du glacier. La météo n'est pas charmante, il pleut légèrement et il semble faire bien froid. En même temps, c'est la pleine saison des pluies dans les Andes, donc rien d'anormal. Nous remarquons cependant que les treks à la journée sont réalisables en cette saison car la journée est découpée en deux temps: beau temps/nuageux du matin jusque 14 ou 15h, pluie de 15h jusqu'au lendemain matin. Cela s'avérera être le cas sur nos 9 jours passés à Huaraz. Nous arrivons au parking, signe du début de la petite randonnée. Nous prenons notre courage à deux mains, et c'est parti pour la légère ascension. Niveau altitude pas de soucis, le souffle est court mais rien d'inquiétant, nos deux jours d'acclimatation nous ayant grandement aidés. En revanche, Alicia est sensible au froid et la pluie fine et glacée des 5 000m d'altitude ne lui plaît, mais alors pas du tout ! Elle pleure un peu mais prend sur elle, pas facile pour le p'tit bout de chou. La pluie s'estompe et le paysage se libère peu à peu, laissant place à un spectacle que nous admirons avec plaisir. La vue sur les sommets de la cordillère Blanche est incroyable, et pourtant la météo n'est pas des meilleures.


Après 40 minutes de marche, nous sommes au pied du fameux glacier Pastoruri. Bien qu'imposant, il ne représente désormais que 10% de sa taille initiale; le réchauffement climatique le faisant disparaître peu à peu. Le guide estime que dans 20 ans, il ne sera plus là... Pour autant, il reste magnifique à nos yeux, nous tombons sous le charme de cette immense couche de glace d'un blanc pur. Nous restons de longues minutes à l'observer, mais aussi à espérer une éclaircie qui mettrait en avant sa beauté. Cela ne sera pas pour cette fois, il reste tout de même époustouflant sous le ciel gris.


Sur le chemin retour, surprise : l'éclaircie tant attendue arrive. Nous ne voyons plus le glacier mais cela embellie les montagnes qui nous entourent. Aussi, Alicia se réchauffe et la bonne humeur est de retour.


Nous arrivons au parking où nous attend le chauffeur. C'est reparti pour 2h30 de minibus pour rentrer à Huaraz. Pour cette première journée de trek, nous sommes éblouis par la beauté de la cordillère Blanche. Des espaces invraisemblables au milieu de sommets tout autant gigantesques, nous sommes si petits parmis ces montagnes.


Day 4 : Chavin de Huantar

Aujourd'hui, l'attraction n'est pas la cordillère Blanche en elle-même, mais plutôt une civilisation qui y a vécu et prospéré : les Chavin. Il s'agit d'une des plus anciennes populations recensées au Pérou, bien avant les Incas que nous connaissons. Effectivement, ceux-ci contrôlaient les routes commerciales de l'océan Pacifique à l'ouest jusqu'à l'Amazonie à l'est, des années 1 500 à 300 avant JC. Pour comprendre et toucher du doigt la culture Chavin, notre tour nous amène à 3h de Huaraz, dans le village de Chavin de Huantar situé de l'autre côté de la cordillère. Là bas s'y trouve le fleuron des Chavin : le centre administratif et religieux, qui attirait bon nombre de personnes pour les rituels qui y étaient effectués. Mais avant cela, nous marquons une pause en chemin à la lagune de Querococha. A noter que quasiment toutes les lagunes possèdent le suffixe "cocha" dans leur nom : ce qui signifie lagune en Quechua. La météo est clémente et la vue depuis la lagune est agréable. Nous apprécions cette pause et en profitons pour boire un maté de coca car nous allons franchir ensuite un col à 4 500m.


L'arrêt à la lagune Querococha terminé, nous reprenons la route sinueuse vers le col. En haut, nous traversons le tunnel de Kahuish qui est un des plus haut au monde (4 516m). Celui-ci, de ses 500m de long, est réputé comme dangereux et a dû en voir des accidents. Pourtant, son aspect n'a franchement rien d'impressionnant. De l'autre côté, une énorme statue du Christ nous accueille, peut-être est-il là pour protéger ceux qui franchissent le col ?


Après 35min de lacets en descente, nous arrivons au site archéologique de la culture Chavin. Le site, situé à 3 177m d'altitude, est à la rencontre des rivières Huachzksa et Mosna, ainsi qu'au point de passage pré-inca entre la côte Pacifique et la jungle. Cette position entraîne sa croissance et son importance dans le transit des marchandises. Classé au patrimoine mondial en 1985, il a été découvert par l'archéologue péruvien Julio Tello, qui a effectué une campagne de fouilles dans les années 1920 à 1930. En Quechua, le nom Chavin signifie "au milieu" et waantar désigne une plante andine. Chavin de Huantar est célèbre car il représente le plus important centre de pèlerinage du monde andin. Également, c'est un exemple exceptionnel dans l'ancien art de la construction : perfection dans l'ingénierie, la sculpture et le polissage des pierres. Nous commençons la visite du site accompagnés de notre guide. L'homme est passionné, ce qui rend la visite plaisante et intéressante. Car après tout, il ne s'agit que d'un tas de cailloux d'un autre temps. Mais ce tas de cailloux a une histoire, et les rituels qui y étaient pratiqués devaient être terrifiants.


Avec quelques explications et un peu d'imagination, le site archéologique reprend vie


Les Chavin représentent leurs dieux sur de grands monolithes. Les plus connus étant : le Lanzon (disponible sur le site mais pas de photo possible), la stèle Raimondii (disponible au musée) et l'obélisque Tello (disponible dans le musée national de l'archéologie à Lima). Chacun d'eux sert au contrôle politique et social de la population et réunissent les trois éléments de Chavin : l'aigle, le serpent et le jaguar (air, eau et terre).


Les trois monolithes (dont 2 répliques)


Le temple servait à de nombreux rituels, où les initiés devaient passer une où plusieurs épreuves. Celles-ci avaient lieu en grande majorité pendant le solstice d'hiver (21 juin) et d'été (21 décembre). Les épreuves que devaient subir les initiés s'apparentaient à une transformation spirituelle en jaguar, grâce à une transcendance acquise par de nombreuses plantes hallucinogènes, dont le cactus San Pedro qui est amplement représenté sur les sculptures Chavin. Le dosage des chamans étaient donc la clé de la survie ou non des initiés. Sacrée époque ! A la sortie du site archéologique, le guide nous emmène dans un restaurant touristique pour y faire halte. Une fois encore, nous avons prévu notre casse-croûte et nous passons notre tour. Nous décidons de partir à pied vers le point suivant, le temps que le reste du groupe se restaure. La traversée du village de Chavin de Huantar est assez rapide et les habitants ne semblent pas habitués à voir des touristes non véhiculés.


Le village de Chavin


Nous voyant sans groupe, le vigile du musée nous mène la vie dure. Mais nous réussissons finalement à passer et pénétrons dans le musée (qui est entièrement financé par les japonais). La visite est intéressante et la collection de cabeza clava (traduire littéralement "tête clé") est impressionnante. Après 30 minutes de visite seuls, le groupe nous rejoint. Étant complètement hors délai, le guide fait une visite éclair du musée. Nous nous réconfortons de notre idée de venir en amont, c'était la bonne.


Les cabezas clavas, qui servaient à consolider les édifices, et une reconstitution d'un rituel avec un initié


La visite s'achève rapidement, puis nous entamons la route retour de 3h vers Huaraz. Le trajet se passe à merveille, nous nous endormons même sur une bonne partie.


Day 5 : repos bien mérité

Après 2 journées d'excursions bien pleines, les filles ont besoin de repos et à vrai dire nous aussi ! La journée débute on ne peut mieux car des pancakes nous sont proposés au petit-déjeuner. Nous en profitons pour discuter avec les quelques touristes de l'hôtel, également venus à Huaraz pour arpenter les différents treks. Parmis eux, nous rencontrons un jeune couple belge : Laura et Hervé. C'est assez drôle car Hervé ressemble étrangement, que ce soit dans l'attitude, dans la voix ou dans les traits physiques à Alexandre, le belge de la famille (je te rassure tu es encore plus cool qu'Hervé). Nous croisons aussi la route de Charlotte et Christopher, également un jeune couple venu tout droit de Montluçon. Pour eux, le voyage s'achève bientôt et ils terminent leur périple à Huaraz avant de rentrer en France. Nous partageons d'ailleurs avec eux quelques apéros durant les jours de repos, mais attention pas plus d'une bière pour ne pas subir l'altitude le lendemain ! Lors de ces échanges on constate une chose : tous ces jeunes couples nous vouvoient ! Je pense que c'est la première fois que cela nous arrive. A chaque rencontre, le vouvoiement est de mise, dur dur. Il faut dire que la moyenne d'âge des trekkeur à Huaraz est très basse: 20 à 25 ans tout au plus. Une fois ce coup de vieux assumé, nous partons faire des emplettes au marché puis nous nous préparons à la randonnée du lendemain, qui est un sacré challenge pour les filles.


To be continued...

2 commentaires


Chantal Gautier
Chantal Gautier
02 févr. 2022

Bravo les filles, vous êtes des championnes ! 😍

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Gabrielle Bernhard-Van Den Heuvel
Gabrielle Bernhard-Van Den Heuvel
02 févr. 2022

😂👵🏻👴🏼

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