Des sommets pleins les yeux à Huaraz (2ème PARTIE)
- 1anenparenthese

- 3 févr. 2022
- 7 min de lecture
Day 6 : Laguna 69
Le trek de la Laguna 69 (les lagunes n'ayant pas de nom Quechua possèdent des numéros) est une randonnée de 14km en haute altitude : de 3 900m à 4 600m, puis on attaque les 700m de dénivelé négatif au retour. C'est un peu l'objectif de notre acclimatation, le test tant attendu, l'apothéose des treks à Huaraz pour les petits novices que nous sommes. Avec Anca, nous nous préparons à toutes éventualités, notamment celle là plus probable: que ce soit trop difficile pour les filles et qu'il faille faire demi-tour. Grâce à Charlotte et Christopher, nous récupérons deux paires de bâtons de marche pour Maëlys et Alicia. Elles sont ravies et plus rien ne semble les arrêter. Le réveil sonne, il est 4h30, c'est parti pour 3h de route. Nous faisons une première halte petit-déjeuner. Une fois n'est pas coutume nous faisons l'impasse car nous avons tout le nécessaire dans le sac et les prix sont encore une fois exagérés. Cela fait partie du jeu avec les tour operators. Nous commandons tout de même un maté de coca pour la forme. De là, nous distinguons le majestueux mont Huascaran, point culminant du Pérou du haut de ses 6 768m.
Plus loin, le minibus marque un second arrêt de 5 minutes : le temps d'admirer la Laguna de Llanganucho. La lagune mériterait plus de temps car elle est splendide, son bleu est majestueux. Son seul défaut est qu'elle se situe en bord de piste, ce qui a pour effet d'annihiler toute notion de mérite.
Les couleurs font plaisir à la rétine
La piste continue et déjà le trajet nous plaît, les paysages sont d'une grande beauté. Il est 9h15 et nous arrivons au bord d'une rivière, signe de départ du trek. La couleur de la rivière est étonnante : elle est trouble, telle de la chaux d'après nos souvenirs de chimie.
Paysage le long de la piste et la fameuse rivière de départ
Nous décidons de partir sur un bon rythme afin d'avaler les premiers kilomètres rapidement. Nous avons la pression car le guide fait également l'ascension et part sur un rythme de 3h30 pour l'aller. Ceux ne réussissant pas à tenir la cadence doivent faire demi-tour afin de respecter les délais et de ne pas rentrer à Huaraz trop tard. Maëlys et Alicia étant évidemment les seuls enfants et n'ayant pas d'éléments de comparaison, nous ne sommes pas forcément rassurés sur les délais. Mais les filles usent de leur bâton de marche et ne se laissent pas impressionner par les grands. A tel point, que finalement nous ne sommes pas loin du groupe de tête. La première partie de la marche est plaisante, une montée légère au milieu de prairies où broutent quelques vaches en liberté. Puis, nous passons devant un cascade et la grimpette devient plus sérieuse. Je m'assure de la bonne hydratation familiale en faisant quelques allers-retours et distribue quelques raisins secs pour rebooster la troupe. Avec l'effort et le soleil qui pointe son nez, il fait chaud mais rien d'insupportable. Au bout d'une heure et demie de marche, nous atteignons un gigantesque plateau. Il nous plaît beaucoup, aucune trace humaine à perte de vue, seulement l'immensité des montagnes. Le plateau offre un répit à nos mollets car c'est tout plat sur 2km.
Arrivés au pied de la grande montagne de la dernière photo ci-dessus, un panneau indique : "Lag 69 - 1 km". On se dit easy, ça va passer tranquillement finalement. C'est sans compter sur ce fameux dernier km (qui d'ailleurs doit au moins faire 1,5km). La pente est extrêmement difficile sur tout le kilomètre, l'oxygène manque et nous réduisons de plus en plus la vitesse de marche. On dirait des astronautes tellement tout devient lent et compliqué. Les filles nous épatent, pas même un râle, elles s'appliquent à monter du mieux qu'elles peuvent. Anca prend quelques pauses respiration, mais continue l'ascension doucement mais sûrement. Puis, au bout de 2h50 d'efforts, la récompense : lagune en vue !
Que dire de ce moment ? De cet endroit ? Si à la Laguna de Llanganucho la sensation de mérite n'y est pas, c'est tout l'opposé ici. La magie opère pour nous tous, peut-être est-ce lié à l'oxygène manquant menant à l'euphorie où tout simplement le spectacle qui se déroule sous nos yeux. Les filles sont applaudies à l'arrivée par les 5-6 personnes déjà sur place qui avouent être impressionnées par leur résistance. Grâce à notre bonne vitesse de marche, nous disposons d'une grosse heure sur place avant de repartir. Nous deballons les sandwichs et c'est parti pour profiter de ce lieu.
Les autres personnes du groupe nous rejoignent petit à petit et sont tout aussi émerveillées à l'arrivée. Seules 2 personnes ont dû faire demi-tour, sûrement par manque d'acclimatation, cela doit être dur à digérer. Le guide est également là et regarde les filles avec un sourire. Nous l'avons surpris dans le minibus à l'aller émettre des doutes sur leur réussite. Quand elles ont su cela, Maëlys et Alicia nous ont bien fait rire en criant : "Quoi? Moi j'suis pas cap? Nan mais c'est trop facile les trucs d'adultes". C'est la tête remplie de belles images que nous entamons le retour du trek. Le premier km est devenu une formalité, quoiqu'il soit tout de même douloureux pour les genoux. Au niveau du plateau, nous croisons un animal étrange: une tête de lapin avec une queue d'écureuil. Après recherche sur internet, il s'agit d'une viscache, rongeur proche du chinchilla.
Mais, où est la viscache ?
La suite de la descente de passe à merveille et nous observons les montagnes sous un autre angle qu'à l'aller. Sur la fin de la randonnée, les filles sont pleines d'énergie et se mettent à courrir loin devant. Elles sont vraiment surprenantes car nous sommes rincés. Heureusement qu'elles croisent quelques vaches qui leur bloquent la route, du coup elles nous attendent. En 2h l'affaire est bouclée, nous sommes redescendus à la rivière.
Quelques photos du retour
Nous attendons une bonne demie-heure l'arrivée de tout le groupe et c'est reparti pour 3h de minibus. Le trajet passe très vite car nous nous endormons passés deux ou trois virages.
Day 7 et 8 : repos et école
Au petit matin, nous rêvons encore de montagnes et de lagunes. La cordillère Blanche à vraiment de nombreux atouts dans sa manche. Ne faisant pas partie du circuit classique des touristes au Pérou (car Huaraz est dans la partie nord du pays, bien qu'assez proche finalement de Lima), elle est épargnée par le tourisme de masse. Seuls les acharnés de trek ou bien les personnes qui ont du temps (nous) passent par ici. Nous voyons cela comme une bonne chose car une trop grande affluence dénaturerait les lieux. Nous profitons de ces deux jours calmes pour faire quelques leçons d'école avec les filles : au programme mathématiques et français. Pour les maths je m'y colle et Anca gère le français, à mon grand soulagement. Nous continuons les discussions et apéros avec Charlotte et Christopher. Ils se préparent au trek de Santa Cruz qui s'effectue sur plusieurs jours. Ils ont bien du courage car en saison des pluies il faut avoir un mental d'acier. Nous partageons également un repas au restaurant pour se dire au revoir, c'était un moment très sympa. Pendant ces deux jours de repos, nous cuisinons les repas avec les produits frais du marché, ce qui a deux avantages: c'est sain et économique.
Day 9 : Laguna Paron
Pour notre dernier jour à Huaraz, nous optons pour une sortie à 3h de route plus au nord, proche de Caraz : la Laguna Paron.Cette lagune est célèbre pour sa beauté, mais surtout pour sa taille. Il s'agit de la plus grande lagune de la cordillère Blanche. Cette fois-ci, pas de longue marche à prévoir. Seule une petite ascension est nécessaire pour accéder à un mirador. Cela s'annonce donc tranquille. Nous faisons le tour par l'intermédiaire de l'hôtel car nous avons besoin qu'ils nous gardent nos bagages. En effet, le check out est à midi et nous ne rentrons qu'en soirée de la Laguna Paron. Échange de bon procédé, nous payons le tour via l'hôtel et ils nous gardent notre chambre jusqu'à l'heure de notre bus de nuit à 22h00. Ils sont vraiment très arrangeants sur ce coup là ! Nous partons donc pour 3h de minibus pour la destination la plus touristique de la cordillère. Plusieurs raisons à cela : la lagune est réputée très belle, l'accès y est facile car peu de marche à pied et enfin l'altitude n'est "que" de 4 200m. Le premier arrêt valide ce constat : nous sommes arrêtés sur une place d'un village qui ne vit que par le tourisme. Plusieurs minibus y font halte et des rabbateurs sont aux aguets. Sur place : glaces, gauffres, repas complets, artisanats, boutiques souvenirs, tout est mis en place pour le touriste. Maëlys et Alicia, par leur pouvoir de persuasion y gagnent une glace. Deux heures plus loin, après un trajet plutôt sympathique, mais très sinueux, nous arrivons à la Laguna de Paron. Notre guide est très particulier, et passe de longues minutes à rire seul de ses blagues. Du parking, nous entamons le sentier menant au mirador donnant une superbe vue sur la chaîne de montagnes. Seul soucis, la météo n'est pas d'accord: nous sommes dans les nuages et il faut très froid, car le vent est fort et glacé. Nous ne voyons donc pas plus loin que le bout de nos pieds.
On ne peut pas avoir de chance avec la météo à tous les coups
Nous redescendons du mirador pour aller admirer la lagune. Cette fois, la vue est belle et bien présente, et nous sommes loin d'être déçus. La lagune est immense et d'un bleu turquoise saisissant. Les montagnes surplombant le lac rajoutent encore du cachet à cette merveille naturelle.
Nous restons autour de la Laguna Paron à l'admirer pendant une petite heure, puis notre guide nous rappelle à l'ordre. Il est déjà temps de repartir. Bien qu'il faille faire 6h de route au total pour venir à la rencontre de ce lac démesuré, celà en vaut largement la peine. Sur le chemin retour, les nuages nous rattrapent à nouveau. Il faut admettre que ce changement de paysages est assez plaisant.
A la tombée de la nuit, nous sommes de retour à Huaraz. Plus que 2-3 heures d'attente et nous embarquons dans notre bus de nuit vers notre prochaine destination : Trujillo. Huaraz et la cordillère Blanche resteront à jamais gravés dans nos mémoires. Le temps y est suspendu et la nature y a gardé ses droits. Le sentiment de liberté et de symbiose avec la nature y est très présent. Ici, on réalise à quel point l'humain est petit et insignifiant devant ces merveilles de la nature, mais en même temps à quel point l'impact de l'activité humaine, notamment via le réchauffement climatique, peut affecter ces paysages et cet équilibre naturel. To be continued...

























































































Superb😍
wahooo, ce bleu !
Bravo les filles! Les lagunes sont magnifiques! !
Superbes paysages!!! Et quelle rando! Bravo à vous 4! Les filles vont avoir des super mollets! 🤣😘