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El condor pasa à Colca

  • Photo du rédacteur: 1anenparenthese
    1anenparenthese
  • 14 mars 2022
  • 9 min de lecture

Jour 1 : entre bonheur et frayeur vers Cabanaconde

Fini la douceur et la belle vie à Arequipa, nous prenons la direction du terminal de bus pour rejoindre notre prochaine destination : Cabanaconde. C'est un petit village perdu au fin fond des hauteurs du canyon de Colca, l'idéal pour y chercher un peu d'authenticité.

La réceptionniste commande deux taxis, car à nous 6 plus nos sacs à dos, nous sommes chargés comme des mules. Il y a beaucoup de traffic aujourd'hui, les filles passent le temps à parier sur quel taxi arrivera avant l'autre au terminal. Comme souvent, nous observons une réelle différence entre le centre ville et le quartier du terminal, lui bien plus populaire et s'apparentant à une fourmilière. Nous achetons nos billets pour Cabanaconde, mais le bus ne part que dans 2h, nous avons du temps devant nous. Nous trouvons un coin plus calme à l'étage du terminal et on s'y installe par terre, nous et nos sacs. Chaton et Jean-Yves partent avec les filles à la recherche de quelques empanadas pendant qu'Anca et moi surveillons les bagages. L'attente passe vite, nous embarquons dans le bus à 13h30 pour environ 6-7h de trajet. Le bus est plein, mais le chauffeur continue à s'arrêter pour prendre des passagers dans la périphérie d'Arequipa. Un monsieur âgé se fait une place dans le couloir du bus, en s'asseyant sur un petit seau en plastique, du côté d'Alicia. Alicia a dû laisser sa place plusieurs fois à d'autres gens, dans des situations pareilles, mais cette fois-ci elle n'en a pas envie. Elle a marre de se faire piquer la place. Au bout d'un moment, en voyant que le pauvre monsieur s'endort sur le petit seau et risque de tomber en arrière, elle cède aux insistances d'Anca et lui laisse son siège.

Assez vite, nous commençons la grimpette. Effectivement, Arequipa est à 2300m d'altitude et Cabanaconde à 3300m, ce qui annonce généralement une route semée de pentes positives et négatives. Pour la première fois depuis notre voyage, nous découvrons l'Altiplano (signifiant "plaine d'altitude"). Le plat total de ces lieux impressionne, surtout lorsque l'on comprend qu'on est entre 3 500 et 4 500m d'altitude. C'est aussi le territoire des lamas, des alpagas et des vigognes: nous sommes émerveillés devant ces créatures, sans savoir que nous les cottoierons au quotidien pendant un mois. Étant de simples européens, nous ignorons tout de ces animaux d'altitude et ils nous semblent quasiment tous identiques au premier abord. Évidemment, ce n'est pas le cas. Par exemple, le lama préfère des terrains accidentés contrairement à l'alpaga et la vigogne n'est pas domestiqué comme c'est le cas des lamas et des alpagas. De nombreux détailles les différencient, nous y reviendrons plus tard, car pour l'heure c'est la découverte. Maëlys opère avec grand sérieux son travail de reporter des animaux: ce n'est pas un franc succès car ceux-ci sont assez loin et les vitres du bus sales à souhait.

Après quelque temps, nous approchons du point culminant de notre trajet, le col de Patapampa du haut de ses 4 900m d'altitude. Une invitée inattendue se pointe: la neige. Le décor change du tout au tout, laissant place à des étendues de blanc glaciales.


Changement de paysage et de température


Nous observons tranquillement ce spectacle de la nature, en regardant par la fenêtre a travers la buée. Puis, tout d'un coup, un mouvement brusque, un bruit assourdissant, des cris: le bus dérape. Nous voici dans le fossé! D'un côté, le trou collé à la montagne où nous sommes coincés, de l'autre le ravin. Nous imaginons le scénario si le bus avait glissé de l'autre côté... Dans quoi ai-je embarqué mes parents ? Quelle frayeur ! Nous descendons du véhicule pour voir la situation et nous ne sommes pas rassurés. La neige tombe en continu, le tout avec un vent qui nous pénètre dans tout le corps. Des Péruviens s'affairent à déposer des pierres et de la terre au niveau des roues ainsi qu'à enlever la neige à coup de pelles. Une dame leur prête son châle pour qu'ils puissent y transporter la terre jusqu'au roues. Après 1h de combat contre les forces de la nature, nous sommes invités à l'arrière du bus pour le pousser hors du fossé. La manipulation fonctionne après deux essais : les locaux mettent en avant leur débrouillardise et créativité dans ce genre de situation.


Nous avons glissé du bon côté...


Pour autant, nous sommes toujours coincés au sommet du col Patapampa car la neige ne décolère pas et le bus n'est pas équipé avec des pneus adéquates. L'opinion publique est partagée en deux : ceux qui souhaitent tenter de repartir tout de même pour affronter la descente et ceux qui misent sur la prudence et demandent de patienter que le déluge s'arrête. Nous votons évidemment pour la seconde option. Le chauffeur ayant le dernier mot, il décide de repartir. Nous espérons qu'il fera preuve de plus de prudence... La descente se fait au ralenti et après 1h à retenir son souffle c'est un succès, le col de Patapampa est passé sans incident et la neige a disparu du paysage. Ouf ! Il nous reste une heure de trajet jusqu'à Cabanaconde et tout se passe bien, les émotions retombent et le sommeil s'installe.


Il est plus de 22h, nous arrivons enfin à destination. Notre hôte, Manfred, est resté éveillé en nous attendant et s'avère bien sympathique. Nous faisons la distribution des chambres et au lit.


Jour 2 : les alentours de Cabanaconde

Au réveil, nous découvrons notre maison d'hôtes. C'est assez cosy : une cour intérieure avec un petit jardin verdoyant, un hamac disposé au fond, une terrasse spacieuse où les repas sont servis, c'est très bien. Le petit-déjeuner est copieux et nous remet d'aplomb pour lancer la journée. Nous discutons avec Manfred pour organiser notre journée autour de son village dont il est si fier. Il se propose de faire notre guide gratuitement, il nous fait payer seulement pour la sortie en voiture de la matinée. Nous sommes ravis de sa gentillesse et de sa disponibilité.

Première étape : nous partons à 20 minutes du village pour le mirador Cruz del Condor, point d'orgue de la région. Les tours operators y amènent les touristes avant de repartir vers Arequipa, ce qui ne laisse à mon goût pas le temps de bien profiter des hauteurs du canyon de Colca. La voiture de Manfred, ou plutôt de sa soeur, est de bonne facture : un pick-up flambant neuf. Nous arrivons vite au mirador, la météo est capricieuse, nous espérons y voir quelque-chose. A peine descendus du véhicule, nous devons nous acquitter des droits d'entrée au parc : 70 soles par personne.

Le canyon de Colca est un incontournable au Pérou. Deux fois plus profond que le Grand Canyon au États-Unis, il est pourtant dépassé par son voisin le Canyon de Cotahuasi de 130m. Ses 3 400m de profondeur en font un terrain de jeux parfait pour les condors : ils y apprécient la force des vents, la douceur du matin et les falaises qui coïncident avec leur mode de vie. Nous espérons bien pouvoir en observer quelques uns. Le canyon de Colca est aussi célèbre pour son trek de deux ou trois jours proposant des paysages saisissants. Nous faisons l'impasse sur celui-ci car cela requiert une bonne condition physique et nous ne voulons pas infliger cette sortie aux filles (bien que des services de mules soient mis en place).

Nous avançons tranquillement vers le point de vue. Les nuages sont toujours présents et nous empêchent de profiter pleinement du lieu. D'un autre côté, ils apportent une certaine profondeur au paysage, ce qui n'est pas non plus pour nous déplaire. Après quelques minutes à se délecter de la vue, nous apercevons au loin deux condors. Ils volent majestueusement dans cet univers immense et sauvage. En rejoignant le pick-up, Maëlys et Alicia trouvent leur bonheur sur le stand d'une petite dame, elles repartent avec un châle pleins de couleurs.


La météo nous frustre un peu et Manfred nous rassure. Cruz del Condor est un célèbre mirador, mais ce n'est pas son favori. Les alentours proposent bien d'autres points de vue tout aussi beaux. C'est ainsi qu'il nous embarque vers le prochain : le mirador de Tapay. Son nom provient du fait que la vue donne sur le canyon ainsi que sur le village de Tapay, situé juste en contrebas sur la montagne opposée. Des éclaircies commencent à se faire et nous apprécions le mirador à sa juste valeur.

Pour terminer cette sortie matinale, notre hôte nous conduit au mirador San Miguel. Là encore, la vue est exceptionnelle et la suerte (chance) est enfin de notre côté. Nous observons de nombreux condors survoler le canyon. Par groupes de deux ou trois, ils se suivent et laissent une impression de calme et de sérénité dans ce milieu. Il n'y a personne sur place, pourtant le mirador est tout aussi beau que celui de Cruz del Condor. Une autre particularité de ce mirador est qu'il possède une vue sur l'oasis de Sangalle tout au fond du Canyon. Le Rio Colca serpente le long des montagnes et permet à cette oasis de perdurer. Ce lieu fait l'objet d'une étape de repos pour les courageux partis à l'aventure dans le canyon.


L'oasis de Sangalle en contrebas


Une fois repus de paysages, nous continuons notre route pour rejoindre Cabanaconde pour le repas. Nous avons beaucoup apprécié ces trois miradors, malgré une météo plus ou moins capricieuse.

Placés sur la terrasse de l'hébergement, nous profitons de l'arrivée du soleil en attendant le repas et observons l'agitation du village de Cabanaconde. Des chiens s'amusent à courser des cochons, les habitants passent avec de lourdes charges de maïs, toute la panoplie du petit village de campagne est présente : c'est calme et reposant.


Entre deux pluies, les habitants et leurs activités quotidiennes


A Cabanaconde, comme dans les autres villages du Canyon de Colca (et plus généralement dans ceux des Andes), chaque population se distingue avec son propre chapeau. Ici, les femmes portent un magnifique chapeau de broderies colorés qui demande un travail de fabrication monumental et les hommes un chapeau de paille plus simple.


Le chapeau de Cabanaconde


Le repas (préparé par la maman et par la soeur de Manfred) est servi, c'est délicieux mais bien trop copieux. Nous peinons à terminer nos assiettes, surtout lorsqu'il s'agit de finir les assiettes des filles.

Manfred nous invite à découvrir son village. Il nous propose une ballade autour de Cabanaconde, l'activité nous convient parfaitement. Quoi de mieux qu'un habitant du lieu pour guide ? Il nous explique la vie dans son village et ceux environnants. Il y a une forte cohésion entre eux et les paysans se rencontrent régulièrement aux fêtes ainsi que pour le troc et la vente du fruit de leur travail agricole. L'agriculture représente la majeure partie de leurs activités ; ils partent aux champs tôt le matin et reviennent vers 16h au village. Parmis les cultures, le maïs est prépondérant sur toutes les autres qui ne représentent qu'une minorité. Étant donné l'isolement de Cabanaconde, les animaux ont une place importante dans la gestion de leur quotidien : chaque famille possède chiens, moutons, cochons et mules.

La ballade continue tranquillement, dans un calme olympien et un soleil désormais radieux.


Au bout d'une heure de marche, nous atteignons le mirador de Achachihua. C'est un coup de coeur immédiat, la vue y est différente des autres miradors que nous avons vus la matinée. Le canyon y semble moins profond à cet endroit, mais en contrepartie la vue sur le Rio Colca et l'Oasis de Sangalle y est plus agréable à l'oeil. Nous restons sur place à discuter et se régaler du paysage pendant une bonne demie-heure. Jean-Yves a bien du mal à partir, il semble que le paysage lui plaît bien.


Plus loin, nous passons devant une sorte d'arène. Celle-ci sert pendant la grande fête annuelle du village : la virgen de Candelaria. Tous les villages du canyon se regroupent pour participer une semaine durant à fêter la bonne récolte du maïs et à en remercier la Pachamama. Manfred nous raconte en souriant que c'est bien festif, nous le croyons sur parole !


The place to be à la Candelaria


Quelques minutes plus tard, nous rejoignons l'entrée du village de Cabanaconde. Nous observons le tout nouveau terrain de foot de l'école ainsi que l'église dont ils sont très fiers : ils ont réussi à conserver au niveau du clocher la lune et le soleil sur une bâtisse catholique. Nous remercions Manfred pour la découverte de la boucle autour de son pueblo natal.


Arrivés à l'hôtel, ça sent très bon : la maman est en train de faire ses cancha dans le jardin: variété de maïs grillé servi aux prémices des repas, un peu comme les gâteaux apéritifs chez nous. Elle en prépare une quantité astronomique, mais nous rassure en disant que c'est une partie de son stock pour l'année. Nous y goûtons et on peut dire qu'ils sont très bons tout chauds.


Tant qu'on est dans les dégustations, nous testons le tuna (fruit du cactus), un délice !


Découverte de la tuna


Biens fatigués de la journée, nous faisons quelques petits achats et nous nous regroupons dans la chambre de Chaton et Jean-Yves pour s'improviser un repas.


Nous ne trainons pas, car demain est une longue journée : direction le lac Titicaca !


To be continued...


3 commentaires


Chantal Gautier
Chantal Gautier
17 mars 2022

Ah oui, quelle aventure ce col de Patapampa !

mais aucun regret 😉

Cobanaconde, quel beau souvenir en effet d'un calme campagnard et d'une vie simple.


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Gabrielle Bernhard-Van Den Heuvel
Gabrielle Bernhard-Van Den Heuvel
15 mars 2022

😱😱 pour la sortie de route!!

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Evelyne Lemonnier
Evelyne Lemonnier
14 mars 2022

« La vie ne tient qu’à un fil » C’est parfois vrai!

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©2021 par 1 an en parenthèse.

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