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La vie paisible autour du lac Atitlan

  • Photo du rédacteur: 1anenparenthese
    1anenparenthese
  • 14 nov. 2022
  • 10 min de lecture

Jour 1: Première expérience en chicken bus

Après avoir fait nos adieux à Oscar, le propriétaire et aux autres voyageurs de l'auberge, nous quittons l'établissement avec une pointe de mélancolie. Nous avons adoré Antigua et nous y avons passé un très bon moment, malgré les petits soucis de santé. Mais il est temps de poursuivre le voyage et d'aller à la découverte du lac Atitlan, une destination incontournable quand on visite le Guatemala. L'objectif de la journée est d'arriver, avant la tombée de la nuit, à Panajachel. Cette ville touristique est située au pied du lac, à une centaine de kilomètres d'Antigua. Pour y arriver, nous devons prendre des chicken bus. Nous en avons tellement entendu parler! Le moment est venu pour nous de les tester. Les chicken bus sont des bus scolaires américains. On les appelle chicken (poulet) parce qu'ils sont jaunes et/ou parce-qu'ils servent à transporter (entre autres) des poulets dans les bagages des locaux. En effet, les Etats-Unis revendent au Guatemala leurs bus scolaires considérés obsolètes (après 10 ans ou 100 000 km d'usage). Ces véhicules sont ensuite repeints avec des couleurs vives au goût de chaque conducteur et servent au transport des locaux. Chaque chicken bus compte sur un chauffeur et un ou deux assistants responsables des passagers, de leurs bagages et surtout de l'encaissement de l'argent. Pour aller à Panajachel, il y a plusieurs itinéraires possibles; nous ne savons pas encore lequel est le meilleur, mais comme souvent dans le voyage, nous nous laissons entre les mains du destin. Nous marchons un quart d'heure avec nos sacs à dos avant d'arriver au marché, d'où partent les bus. Nous faisons la queue pour accéder au distributeur situé à côté du marché d'artisans, car nous n'avons plus de quoi payer le trajet. Une fois l'argent en poche, nous partons vers le premier bus jaune que nous apercevons un peu plus loin. Deux hommes nous indiquent que celui-ci va à Guatemala City et que nous devrions y aller aussi. Pour lui c'est la meilleure option si on veut aller à Panajachel. Nous sommes un peu confus car Guatemala City se trouve dans la direction opposée. Est-ce qu'il faut l'écouter ? Finalement, nous ne cédons pas à ses insistances et nous allons demander plus loin. En effet, d'autres bus partent vers notre destination. Par contre, aucun n'est direct. Nous devons changer plusieurs fois. Une des options est d'aller à Los Encuentros, ensuite à Solola pour enfin arriver à Panajachel. Mais Oscar nous a aussi conseillé d'aller à Chimaltenango, d'où nous pouvons prendre un bus direct vers Panajachel. Son option nous paraît plus alléchante car nous ne devons changer qu'une seule fois.

Les fameux chicken bus


Nous sommes les premiers à prendre place dans le véhicule, mais celui-ci se remplit assez vite. Nous demandons aux locaux quel est le prix du trajet, avant de vérifier l'information avec le chauffeur et son assistant. En effet, au Guatemala, les étrangers se font souvent avoir sur les prix des choses, car ils n'ont aucune référence. Plusieurs voyageurs nous ont raconté avoir dû payer jusqu'à 4 fois le prix normal d'un billet par exemple et j'ai observé moi-même des marchandes vendre à des Américains de l'artisanat à des prix exorbitants. L'expérience du chicken bus est très authentique, mais pas très confortable ! Les locaux sont sympas et commencent à discuter avec nous. Un monsieur qui doit avoir la quarantaine m'explique qu'il a vécu 10 ans aux États-Unis et qu'il a fini par revenir au Guatemala pour sa famille. Nous apprendrons plus tard que, comme au Mexique, beaucoup de Guatémaltèques émigrent vers l'El Dorado nord-américain et chaque famille a une connaissance ou un membre qui y travaille, souvent illégalement. Le temps passe vite et une heure plus tard nous arrivons à Chimaltenango. Depuis le début du trajet, nous sommes tout au fond du bus et observons que les gens descendent soit par les portes situées à l'avant soit par les portes situées à l'arrière. L'assistant du chauffeur nous dit que nous sommes presque arrivés et que nous pouvons descendre à son signal. Comme nous avons vu faire les locaux, nous nous préparons pour descendre par la porte arrière, Emilien en premier. Nous sommes dans la ville, l'agitation ne trompe pas. C'est alors que le bus s'arrête, l'assistant a l'air de faire un signe et Emilien ouvre les portes. Il a tout juste le temps de descendre, quand le bus se remet aussitôt en route. La scène est dangereuse, car les filles s'apprêtaient à descendre aussi. Je reste dans le bus avec elles, tandis qu'Emilien se trouve au milieu de la route et on le voit s'éloigner. Les filles commencent à paniquer, car nous nous trouvons séparés d'Emilien. Nous le voyons au loin avec deux personnes qui donnent l'impression de vouloir lui enlever son sac. À mon tour de m'inquiéter aussi. Heureusement, le chauffeur arrête le bus 300m plus loin. À priori c'était là le "vrai" arrêt. Je descends avec les filles et je cherche des yeux Emilien. Il arrive, suivi des deux jeunes qui sont, nous comprenons maintenant, des assistants de deux bus différents. Chacun veut nous convaincre de monter dans son bus à lui. Ils se mettent à tirer sur mon sac à dos à tel point que les coutures sont à un pas de craquer. J'ai l'impressions d'être inexistante: il ne m'écoutent pas quand je leur dit non, seul mon sac compte. Celui qui a le sac a aussi le client. Après quelques secondes qui nous paraissent de longues minutes, nous montons avec un des deux, au pif. Quelle première expérience en chicken bus! Nous sommes encore boulversés par ce qui s'était passé quand le bus démarre, direction Los Encuentros. Nous pensions que c'était direction Panajachel, car c'est ce qui nous a indiqué l'assistant pendant qu'il tirait sur notre sac à dos. Leçon du jour: ici il faut apprendre à se méfier de ce qu'on nous dit, on le comprendra plus tard encore. Une heure plus tard, sans autre incident, nous arrivons à Los Encuentros. Il s'agit d'un énorme carrefour qui fait office de gare routière. Nous descendons donc du deuxième bus (cette fois-ci par la porte avant, fini l'usage des portes arrières comme les locaux) et nous cherchons le prochain bus vers Panajachel. Ce n'est toujours pas un bus direct: il s'arrête à Solola, d'où nous prenons enfin le bus vers Panajachel. Mise à part l'expérience avec les assistants de bus qui ont essayé d'enlever nos sacs à dos pour nous convaincre de les suivre, nous sommes contents de notre journée. Dans les bus, nous avons rencontré beaucoup de locaux sympas et gentils, prêts à communiquer avec nous et à nous aider. C'est épuisés mais soulagés que nous arrivons à la maison d'hôte où nous avons loué une chambre pour la nuit. Il fait presque nuit et la petite ville est très animée. Des chicken bus, des motos, des voitures, des tuk-tuk et des piétons bougent dans tous les sens. Il y a beaucoup de commerces et de restaurants. Nous déposons nos sacs à dos à la chambre avant de ressortir pour goûter à la cuisine de rue en guise de dîner.

Des graffitis et de la cuisine de rue à Panajachel


Jour 2: sur les rives du lac, à San Pedro La Laguna

Ce matin, nous prenons le petit-déjeuner sur la terrasse. Il consiste en quelques produits de panification achetés à une boulangerie la veille, avec de la margarine et confiture. Nous quittons ensuite la maison d'hôte pour aller en direction de San Pedro La Laguna, de l'autre côté du lac. Le lac Atitlan est considéré l'un des plus beaux lacs du monde et il est entouré par 3 volcans imposants. Il s'est formé il y a 84000 ans, lors d'une énorme éruption volcanique. Tout autour, sur ses rives, il y a une dizaine de villages. Les voyageurs, notamment les Américains, viennent ici pour le calme et la sérénité qu'offre le lac, mais aussi pour des cours d'espagnol lors des séjours d'une semaine minimum. De nombreuses familles d'accueil proposent logement, repas et cours: une offre 3 en 1. De notre côté, nous n'avons réservé que 3 nuits, dans une maison familiale du côté moins touristique. Pour aller à San Pedro, nous devons traverser le lac en bateau, donc direction le petit port. Panajachel est un peu moins animée de jour, mais des stands de vêtements et autres artisanats bordent la petite rue qui descend vers le port. Emilien s'arrête dans une petite boutique Claro pour acheter une carte SIM, car nous ne sommes pas sûrs d'avoir une bonne connexion internet dans notre chambre d'hôte.

En descendant vers le port


Au port, il y a beaucoup de monde. Nous sommes un dimanche, c'est peut-être pour cette raison. Le prix de la traversée est plus élevé que nous avons pensé. En plus, Alicia est censée payer sa place, alors que jusque-là ce n'était pas le cas. Nous essayons de négocier en vain. Il n'y a qu'une seule compagnie et qu'un seul moyen d'aller à San Pedro, alors les messieurs du port ne font aucune concession. Soit! Nous payons le prix et entamons la traversée qui dure 40 minutes. En chemin, le bateau s'arrête au bord des autres villages pour laisser ou prendre des passagers. Le bateau va très vite et nous sommes sur nos gardes à chaque fois que celui-ci prend de plein fouet une vague.

La traversée du lac Atitlan


Le port de San Pedro est tout mignon, l'accueil est agréable et le village est calme. C'est différent de Panajachel. Les filles insistent pour monter dans un tuk-tuk, mais nous les motivons et réussissons à rejoindre notre chambre à pied, après 20-30 minutes de marche. La marche n'est pas des plus simples, parce-que les rues montent et descendent et le poids de nos sacs à dos se ressent. Nous nous reposons quelques minutes dans la chambre, puis nous repartons vers le port. Les restaurants sont placés de ce côté-ci et ce midi nous avons décidé de nous faire plaisir. Nous longeons les rues et examinons les prix des cartes avant de s'arrêter dans un local qui a des tarifs raisonnables.

Dans les rues de San Pedro La Laguna


Ici, nous croisons Stéphanie, qui était venue avec nous et Elvin la veille de l'ascension du volcan. Nous croisons également une des Américaines qui était dans notre groupe d'excursion d'Acatenango et une Française que nous avons rencontrée à l'auberge d'Antigua. Que le monde est petit ! L'après-midi, nous nous promenons dans les rues étroites de San Pedro. Les filles et moi en profitons pour acheter quelques souvenirs encore et Emilien guette les offres des agences qui proposent la sortie à "Indian Nose" le fameux mirador qui promet une vue exceptionnelle au lever du soleil sur le lac. Le soir, en rentrant à l'hôtel, nous observons la mise en place des stands de cuisine de rue et nous achetons quelques produits pour le dîner, car nous n'avons pas de cuisine cette fois-ci.

Notre dîner est tout prêt


Jour 3: Un anniversaire à San Juan La Laguna

Nous sommes le 9 mai, c'est l'anniversaire d'Emilien! Pour l'occasion, nous allons dans le village voisin: San Juan La Laguna. C'est le seul village que nous pouvons rejoindre par la route, les autres sont accessibles uniquement en bateau. Initialement, notre objectif était de faire le tour de 4-5 village aux ambiances différentes, mais le prix du bateau nous en a dissuadé. Nous nous contentons de San Juan, qui est déjà un très beau et charmant lieu. Un tuk-tuk nous amène à l'entrée du village. Apparemment il n'a pas le droit d'y entrer. Les tuk-tuk ont le droit de circuler uniquement dans leurs villages respectifs. San Juan nous plaît beaucoup! Les rues nous invitent à la promenade. Des petits ateliers textiles et des magasins où on vend du miel et des plantes médicinales se trouvent un peu partout et notamment dans la rue qui descend au port. L'artisanat du tissage y est à l'honneur dans ce village. Une coopérative textile est tenue par des femmes Maya qui utilisent des teintures naturelles pour la confection des tissus.

Le magnifique village San Juan La Laguna


Une fois au port, nous remontons de l'autre côté du village pour chercher un restaurant que nous avons repéré sur internet. Nous sommes déçus, le restaurant est fermé ce jour. Nous tournons un peu en rond pour en trouver un autre, mais aucun ne nous attire, jusqu'à ce qu'on tombe sur un endroit qui propose une dégustation de fromage et de vin. C'est parfait comme cadeau pour notre fan de fromage! Par contre, il n'ouvre qu'à partir de 15h. Pour tenir encore 2h, nous achetons quelques tortillas dans la rue pour calmer notre faim.

Des tortillas à volonté en attendant chez le coiffeur


Ensuite, nous profitons de ce laps de temps pour passer chez le coiffeur et pour visiter Xunah Kaab. Il s'agit d'un musée vivant dédié aux abeilles sans dard. Je ne savais même pas que de telles abeille existaient. Nous sommes accueillis par une jeune femme qui nous fait la visite et nous présente les différents types d'abeilles. Elles sont toutes petites et elle produisent très peu de miel. Nous passons à la dégustation de ce miel très surprenant, car il est aigre-doux. Une heure plus tard, nous sortons impressionnés de cet endroit.

Nous en savons des choses maintenant sur ces petites abeilles !


La visite a plu à tout le monde, petits et grands. Après la dégustation sucrée, place à la dégustation salée. Les fromages et le vin sont délicieux et improbables !

Joyeux anniversaire !


Le soir, nous sommes de retour à San Pedro et nous nous couchons tôt, car le réveil est prévu à 3h30 pour grimper sur l'Indian Nose.

Sympa cette journée à San Juan !


Jour 3: lever du soleil sur le lac Atitlan

À 4h, le minibus de l'agence de voyage vient nous chercher au pied de l'hôtel. Nous avons décidé de faire cette expérience avec une agence, parce-que d'autres touristes se sont faits racketter en partant tout seuls sur le sentier. Le temps que le chauffeur cherche les autres passagers, Alicia s'endort sur mes genoux. Elle n'est pas en forme ce matin. Elle se plaint d'une douleur à la dent depuis 3 jours. Vers 4h45, le minibus nous dépose dans un autre petit village où nous accueille notre guide. Il fait nuit encore et nous devons marcher environ 30 minutes, jusqu'au mirador. Habitués aux marches tout terrain, le sentier nous paraît facile, mais le fait de marcher dans le noir est assez particulier. Arrivés au sommet, le guide nous installe sur une terrasse construite pour les touristes et commence à nous préparer du café et du thé pour nous réchauffer. Notre guide est très sympa et amusant. Il vante son café bio et local, mais le breuvage n'est pas très réussi. Il y a beaucoup trop d'eau dans sa préparation. Mais cela a le mérite de nous réchauffer. Nos tasses à la main, nous attendons que le soleil se lève et que la lumière envahisse le lac. Le moment est très appréciable, malgré les quelques nuages qui gâchent un peu la vue.

Un magnifique lever de soleil


En total, nous restons une bonne heure sur place. Il fait bien jour quand le guide décide de faire demi-tour au village. Notre chauffeur arrive et nous embarque pour le retour. À San Pedro, il s'arrête pour déposer les passagers au niveau du port, mais parce-que notre hôtel est sur son chemin, il nous y dépose. Cela nous arrange, car ça nous économise 20 à 30 minutes de marche et Alicia n'est pas au top. Je regarde sur Google maps pour trouver un cabinet dentiste et une heure plus tard, nous sommes dans la salle de consultation. La dentiste qui nous accueille est très gentille et elle accepte de nous prendre sans rendez-vous. Elle dévitalise la prémolaire d'Alicia qui a une grosse carie et nous dit de revenir le lendemain pour réaliser le plombage. Entre l'expédition matinale et son anesthésie locale, Alicia est très fatiguée et s'endort une bonne heure. Nous sortons manger dans le village avant de revenir pour une deuxième sieste d'Alicia.

Dernière balade dans les rues de San Pedro


Le reste de la journée c'est repos et préparation de la suite du voyage, car le lendemain nous partons à Chichicastenango pour flâner dans le plus grand et le plus ancien marché d'Amérique centrale.

To be continued...


1 commentaire


Gabrielle Bernhard-Van Den Heuvel
Gabrielle Bernhard-Van Den Heuvel
14 nov. 2022

Bravo Alicia d'avoir marché malgré ta rage de dent!

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