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Nazca, suivons les lignes !

  • Photo du rédacteur: 1anenparenthese
    1anenparenthese
  • 3 mars 2022
  • 10 min de lecture

Jour 1: Arrivée à Nazca

Après la courte nuit d'entre les ans, nous nous réveillons vers 10h et nous faisons nos bagages. L'objectif est d'attraper le bus de 11h, en direction de Nazca. Nous montons dans deux tuk-tuk (nous occupons trop de place avec nos bagages), en direction du terminal de transport de la compagnie PeruBus. Nous sommes le 1er janvier et les horaires semblent flexibles ce jour. Mais à notre surprise, il y a beaucoup de monde aux guichets et nous craignons de rater le bus dont le départ est imminent. Une dame nous laisse passer devant elle, nous achetons les billets in extremis et sautons dans le véhicule pour 4h de route. Nous longeons la côte qui est très aride (il s'agirait d'une des zones les plus sèches au monde) et l'air est très chaud. Le trajet paraît long dans ce bus sans climatisation. Arrivés à Nazca, on nous dépose près du centre-ville et le gardien de l'agence PeruBus nous cherche un taxi. Le chauffeur, qui nous propose aussi ses services de guide, a du mal à trouver l'hôtel qui est très excentré; il se trouve dans le district de Vista Alegre et non pas de la ville de Nazca, mais nous ne savions pas au moment de la réservation. Après avoir demandé des indications à plusieurs locaux, le taxi finit par trouver l'hôtel. Nous avons très chaud en arrivant à Nazca et nous espérons un peu de fraîcheur dans l'hôtel, mais la chambre, exposée au soleil, est un vrai four ! La preuve : les quelques vêtements que nous lavons l'après-midi sèchent en moins d'une heure. Ça annonce deux jours caniculaires à Nazca. Le soir, nous préparons notre dîner dans la spacieuse cuisine de l'hôtel: une salade de pâtes et de thon avec quelques légumes que nous trouvons dans l'épicerie en face de l'hôtel (la seule ouverte ce jour férié). Nous croisons ensuite le propriétaire de l'hôtel, qui est exceptionnellement présent sur les lieux. Il possède deux autres hôtels à Cusco et à Puno (lac Titicaca) et il vient voir sa maman qui habite à Nazca. Nous profitons pour lui demander s'il peut nous proposer un tour sur mesure, pour nous permettre de visiter les géoglyphes et les autres sites archéologiques des alentours. Dix minutes plus tard il revient avec une solution : une de ses connaissances, qui est chauffeur - guide, nous emmènera aux géoglyphes et au cimetière des momies de Chauchilla pour une somme qui paraît correcte. Cela nous convient parfaitement et nous acceptons le plan.


Jour 2: face à face avec les momies et les fameux géoglyphes

Le matin, Cesar nous attend comme convenu devant l'hôtel avec sa voiture un peu vieillotte dont il manque un rétroviseur. Il sera notre chauffeur et guide pour la journée. Nous partons en direction du cimetière de Chauchilla, situé à 30 km au sud de Nazca. Il s'agit d'un cimetière pré-Inca très particulier et assez effrayant, puisqu'il abrite des momies bien conservées, certaines ayant gardé même leurs cheveux de 2m de long. Ce site a été découvert "grâce" à des chasseurs de trésors qui ont eu le mérite d'avoir mis en lumière l'endroit, mais qui ont malheureusement pillé les tombes et volé tous les objets de valeur. Depuis, cet endroit situé dans une zone aride et désertique a été aménagé en site touristique. Ce matin, nous sommes les seuls touristes sur place et nous avons le privilège d'observer les momies en toute tranquillité. Aucun panneau n'explique l'histoire du lieu, heureusement que Cesar nous accompagne pour nous donner quelques informations. Nous apprenons que les momies sont dans leurs tombes d'origine et qu'il y a des hommes, des femmes et des enfants, souvent regroupés dans une seule tombe. La longueur des cheveux indique la position sociale de la personne et nous sommes impressionnés par la bonne conservation de ces corps. Cela est dû au climat aride de cet endroit et aux mélanges de plantes et matières utilisés pour les embaumer. Les momies sont toutes en position fœtale, ce qui a nécessité de couper les tendons des genoux pour permettre de bien les plier. Après la couche de baume, les corps sont enveloppés dans une couche de coton et enfin dans les textiles, majestueusement travaillés, dont on devine parfois les jolis motifs. Nous faisons le tour d'une douzaine de tombes qui nous laissent bouche bée. Grands et petits, nous partageons un sentiment d'émerveillement, d'effroi et de surprise devant chaque tombe que nous découvrons l'une après l'autre. Après la visite du site extérieur, nous allons dans le petit musée qui abrite deux momies plus fragiles, dont celle d'un bébé sans tête ! Il aurait fait l'objet d'un rituel de sacrifices. Ces momies sont incroyablement bien conservés, on voit la peau et même les ongles sur les corps!!! Cet endroit est déconcertant !


Les momies appartenant à la culture Nazca, dans le cimetière de Chauchilla


Les momies très bien conservées à l'intérieur du petit musée


Encore sous l'effet des émotions générées par cette visite, nous quittons le cimetière de Chauchilla pour aller voir le lieu emblématique de Nazca : les fameux géoglyphes.

En chemin, Cesar nous montre les cultures de cactus qui longent la route. Il en possède aussi et il nous explique que les cochenilles se nourrissent de cette plante. C'est donc pour ces insectes, qui fournissent le fameux colorant rouge, qu'il y a autant de cactus dans la région et au Pérou en général. Une fois arrivés sur la Panaméricaine, nous commençons à apercevoir des lignes droites tracées sur le sol. Il y a beaucoup de minéraux naturels dans le sol et dans les roches de Nazca, notamment du fer, ce qui donne cette couleur rougeâtre au paysage. Cesar s'arrête à un premier mirador naturel, en haut d'une roche. Sur cette roche se trouve dessinée une forme qui ressemble à un chat. D'en haut, nous apercevons des longues lignes droites qui sont parallèles avec d'autres lignes ou qui en croisent d'autres. Les lignes sont bien tracées et très visibles. Cesar nous explique qu'elles ont été créées en enlevant ou en déplaçant les pierres au sol, ce qui a laissé les traces gris-blanches. Cet endroit étant très aride, il pleut très peu et cela permet la bonne conservation des lignes. De plus, des mini tornades viennent nettoyer les lignes et les figures régulièrement et ainsi entretenir naturellement leur visibilité. Ce qui nous attire dans ces endroits c'est également le mystère qui entoure les géoglyphes de Nazca. Pourquoi les civilisations précolombiennes (la culture Nazca s'est développée entre 200 av. J-C et 600 ap. J-C) avaient-elles dessiné ces lignes et ces figures et à quoi servaient-elles? Les théories sont multiples et nombreux sont les scientifiques qui les ont étudiées. Cesar nous dit qu'elles auraient servi à des rituels, notamment en lien avec l'eau, ressource si précieuse dans ces lieux arides. D'après d'autres scientifiques, les figures ont également un lien avec l'observation astronomique, car certaines correspondent à des constellations et laissent deviner un calendrier agraire. Nous n'insistons pas sur les autres théories comme celle évoquant une piste d'atterrissage pour les extraterrestres et qui m'avait fait rêver pendant mon enfance, au moment où j'ai découvert l'histoire des lignes dans un magazine !


Le mirador naturel avec vue sur les lignes de Nazca


Après le mirador naturel nous découvrons un mirador en métal, construit juste au bord de la route. Celui-ci est payant et nous permet de voir 3 figures: l'arbre, la main et le lézard. C'est assez impressionnant de les voir de ses propres yeux! Nous apprenons que le lézard a perdu sa queue lors de la construction de la Panaméricaine, car en effet la route traverse le lieu qui est aujourd'hui protégé et passe juste à côté des figures représentant la main et l'arbre.

Les filles font le lien entre cette situation et l'anecdote du lézard avec sa queue qui se régénère.


Vue du deuxième mirador sur les 3 géoglyphes


Nous n'observons pas les autres figures, qui se trouvent un peu plus loin et qui représentent d'autres animaux comme le singe, l'araignée, la baleine, le colibri etc. En effet, les plus téméraires montent dans un petit avion pour survoler les lieux, mais nous n'avons pas osé cette expérience avec les filles. Nous nous contentons de contempler quelques minutes de plus les 3 images, avant de redescendre et de reprendre notre route vers la ville de Nazca. Sur le chemin de retour, nous apercevons le Cerro Blanco, une grande dune qui dépasse les 2000m et qui est impressionnante dans ce décor.


Le Cerro Blanco au fond


Il est encore tôt et nous avons l'intention de visiter le Museo Arqueológico Antonini, alors Cesar nous dépose en centre-ville. Nous y prenons notre déjeuner, avant de marcher vers le musée. Celui-ci est très excentré et la ville est vide de ce côté. Malgré l'apparence, le musée est ouvert; heureusement nous n'avons pas fait ce chemin pour rien. L'entrée est plus chère que prévue et nous n'avons pas l'argent suffisant pour payer les 4 billets. Oups! Devant notre dépit, le garde accepte de nous laisser entrer en payant uniquement 2 entrées adultes. Le musée est très bien équipé et documenté. Il réunit toutes les découvertes (céramiques, crânes, squelettes, textiles et bijoux) réalisées par une mission italienne, majoritairement sur le site du Rio Grande et de Cahuachi, un centre cérémonial de la civilisation Nazca érigé en forme de pyramide à quelques km de la ville. Nous sommes impressionnés par la qualité des objets exposés et effrayés par les têtes momifiées qui nous fixent de derrière les vitres. Dans le jardin intérieur, nous observons également un aqueduc original de l'époque nazca, une reconstitution des tombes de cette civilisation et des lignes de Nazca, comme vues du ciel. Au même endroit, les filles s'amusent à observer un paon et ses petits. Toute la famille trouve le lieu intéressant, chacun laisse libre cours à son imagination devant ces objets qui nous racontent le passé. Nous sortons du musée émerveillés.


Et encore des momies !


Avec nos derniers soles péruviens nous achetons une bouteille d'eau : il fait vraiment chaud à Nazca et le ceviche (poisson cru agrémenté avec une sauce à base de jus de citron) du midi était bien salé. Nous partons à la recherche d'un distributeur automatique (BCP ou Banco de la Nation, les seuls qui n'appliquent pas de frais de retrait), mais nous nous retrouvons dans l'embarras puisque les machines sont vides: il n'y a plus aucun billet dedans ! Sans argent cash, nous ne pouvons pas prendre le taxi vers notre hôtel, ni faire les courses pour le repas du soir. Nous persévérons et demandons des indications aux passants. Nous finissons par trouver un distributeur et nous arrivons au bon moment: nous prenons les derniers billets de la machine. Au Pérou, il nous est arrivé plusieurs fois de ne pas pouvoir retirer d'argent aux distributeurs qui se retrouvent vite à sec (notamment BCP). Nous pouvons maintenant rentrer à l'hôtel et préparer une bonne salade froide de pâtes (les féculents préférés de Maëlys). Nous partageons la fin du repas avec deux jeunes Péruviennes qui nous donnent des informations sur leurs villes natales : Arequipa et Cusco.


Le centre-ville de Nazca


Jour 3: découverte des aqueducs sud-américains

Ce matin, nous quittons notre chambre d'hôtel à 10h. Marlon, le propriétaire, nous autorise à rester dans l'espace commun jusqu'au soir, car nous prenons un bus de nuit à 22h, en direction d'Arequipa. La matinée passe vite entre les activités école et cuisine. Nous mangeons cette fois-ci une salade froide de quinoa, toute aussi délicieuse que celle des pâtes de la veille (qu'est ce que c'est bien de se faire à manger d'après ses envies) ! A 14h, nous avons rendez-vous avec Cesar, notre chauffeur-guide, au parc central du district de Vista Alegre. Il nous emmène en voiture pour visiter 3 autres sites intéressants près de Nazca: les aqueducs de Cantalloc, le site archéologique de Paredones avec ses ruines incas et El Telar, un géoglyphe moins connu.

Les ingénieux aqueducs de Cantalloc ont été construits par la culture Nazca et ils sont toujours en fonctionnement aujourd’hui. Les puits sont reliés entre eux par des canaux souterrains qui dirigeaient l’eau dans les endroits les plus secs à la fois pour l'irrigation et pour l'usage domestique. Les canaux souterrains sont ouverts sur des "ojos" (yeux) qui permettent l'accès aux canaux pour la maintenance. Nous nous promenons pendant une heure parmi ces aqueducs en colimaçon. Nous en comptons entre 15 et 20 (en fonction de notre version et celle des filles). Quelques petits moucherons viennent nous embêter et le soleil tape fort, mais nous allons jusqu'au bout du parcours de visite.


Ensuite, Cesar nous conduit vers le géoglyphe El Telar. Il s'agit des lignes qui ressemblent à un métier à tisser et d'une figure en spirale qui représente une pelote de laine. Ici, nous montons sur la colline qui nous permet l'accès au mirador avec vue sur le Telar. Nous ne croisons aucun touriste sur place, ce qui nous donne un sentiment d'exclusivité.



A quelques km plus loin, nous arrivons sur un lieu où nous croisons enfin la trace des Incas! Ça fait un mois que nous sommes au Pérou, mais sur la côte Nord nous avons découvert uniquement l'histoire des civilisations pré-Incas.

Sur le site de Los Paredones, nous marchons sur les ruines d'un centre de contrôle administratif (douanes) Inca. Celui-ci est construit en adobe et pierres, les représentants de Cusco s'y sont installés après leur victoire sur les populations Huari. Les Huari avaient, juste avant, pris le pouvoir dans la zone suite au déclin de la civilisation Nazca. L'histoire fait que le site a été détruit en grande partie par les conquistadors espagnols. Nous sommes donc dans un lieu qui a vu se succéder au moins quatre civilisations différentes et de tout ca il ne restent que des ruines aujourd'hui. Ca fait réfléchir à l'histoire et à la soif de pouvoir de chaque grande civilisation.


2h30 plus tard nous retournons à l'hôtel. Maelys et Alicia en profitent pour jouer avec la fille de Marlon, pendant qu'Emilien et moi nous documentons sur notre prochaine étape dans la ville d'Arequipa.


À 21h c'est le moment de dire au revoir à nos hôtes qui nous appellent un taxi et nous partons vers le terminal de transport de la compagnie de bus Cruz del Sur. Il paraît que celle-ci fait partie des compagnies les plus sûres et confortables du Pérou, mais nous ne l'avons pas encore testée. Nous trouvons un petit restaurant à côté de l'agence et nous y mangeons un panini et une empanada chacun, avant de monter dans le bus. Le restaurant est vraiment bien placé, car nous y croisons quasiment tous les touristes étrangers de Nazca qui attendent ici jusqu'à l'heure de départ de leur bus. Le temps passe vite et le moment est venu de quitter Nazca. Nous allons au terminal de Cruz del Sur, nous enregistrons nos bagages qui vont en soute (comme quasiment à chaque fois que nous voyageons au Pérou) et nous montons dans le bus. Mais juste avant, une "hôtesse de bus" nous accueille avec un petit sac pique-nique (comme dans les avions) et nous nous installons à nos places au deuxième étage du bus. C'est parti pour une nuit dans des "sièges-lits". Arequipa, on arrive !


To be continued...


1 commentaire


Gabrielle Bernhard-Van Den Heuvel
Gabrielle Bernhard-Van Den Heuvel
06 mars 2022

Cool l'hôtesse! On n'avait pas eu droit a ça sur Cruz d'El Sur 😉

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