top of page

Poursuite des incursions dans le passé à Chiclayo

  • Photo du rédacteur: 1anenparenthese
    1anenparenthese
  • 5 févr. 2022
  • 6 min de lecture

Jour 1: Arrivée à Chiclayo, ville surpeuplée

Après 4 heures de bus, nous arrivons à Chiclayo en milieu d'après-midi. Avant de choisir cette destination, nous avons beaucoup pesé les arguments pour et contre un changement d'itinéraire. Initialement, nous avons prévu d'aller de Trujillo à Chachapoyas pour voir la cité perdue de Kuelap. Mais juste avant notre arrivée au Pérou, il y a eu un tremblement de terre dans le nord du pays et la route qui nous intéressait a été détruite. D'après nos informations, les réparations sont en cours, pour une durée indéterminée, et la route n'est toujours pas praticable. Nous gardons une lueur d'espoir et pensons que, comme en Colombie, il y a toujours une solution. Nous nous renseignons auprès de plusieurs compagnies de transport et effectivement aucune ne propose le trajet. Une option reste ouverte cependant : passer par une autre route, très sinueuse, dangereuse même et très longue, qui durerait 4 jours aller (pauses dodo comprises) et 4 jours retour. Cela représente beaucoup de temps sur la route, alors nous décidons à contre cœur de laisser tomber la visite de la cité de Kuelap. Arrivés à Chiclayo, nous avançons doucement à pied vers le centre-ville, les sacs sur le dos. Plus on s'approche du centre, plus le brouhaha et la densité des habitants par km carré deviennent impressionnantes. Les trottoirs sont impraticables, des stands ambulants y sont installés et nous pouvons à peine nous creuser un chemin avec nos grands sacs à dos. À part le centre ville de Medellin, tout aussi chargé, nous n'avons jamais vu une telle densité de population et de bruitages. La traversée nous paraît interminable! L'hôtel est à deux rues de ce brouhaha, mais du bon côté, ce qui fait que nous sommes un peu plus au calme. Chiclayo ne nous enchante pas du tout: les rues sont sales, les déchets sont jetés dans tous les sens, les fuites d'eaux usées débordent parfois sur les trottoirs, le centre ville est surpeuplé et l'architecture est très chaotique, suite aux tremblements de terre qui ont tout détruit. L'hôtel n'est pas non plus des plus propres et confortables, mais pour deux nuits nous nous disons que ça peut passer.


La gestion des déchets est inexistante à Chiclayo...


Cependant, pour équilibrer nos constats, les habitants que nous croisons sont très aimables (une dame se propose même de nous payer un petit sac dont nous avons besoin pour transporter nos sandwichs, car nous n'avons plus de monnaie) et l'expérience culinaire dans un restaurant du centre nous surprend agréablement.


Jour 2 : À la rencontre du fameux monsieur de Sipan

Si nous sommes ici à Chiclayo, 4ème ville la plus peuplée du Pérou, c'est pour visiter un musée qui est comparé par les Péruviens au musée du Louvre : el Museo Tumbas Reales de Sipan ! Il s'agit d'un musée situé à Lambayeque, à 12 km de Chiclayo et qui abrite les découvertes provenant du complexe de Huaca Rajada, le plus important complexe funéraire de la culture Moche découvert à ce jour. Nous sommes déjà bien initiés dans le domaine de la culture Moche, alors cette visite représente l'apothéose en matière de connaissances sur cette civilisation. Avant d'aller à Lambayeque, nous faisons un tour au marché des sorcières de Chiclayo. Il s'agit d'un très grand marché où on trouve du tout, mais l'endroit est connu surtout pour les herbes, les épices, les os, les coquillages et les plantes séchées qui sont utilisés pendant les cérémonies chamaniques.


Le marché de Chiclayo et Maëlys avec ses chips de bananes préférées


Nous marchons ensuite en direction de l'endroit d'où partent les collectivos pour Lambayeque. Nous cherchons un minibus, mais il y a surtout beaucoup de voitures particulières qui s'appellent collectivos. Les chauffeurs nous interpellent et essayent tous de nous faire monter dans leur voiture et pas dans celle du concurrent. En effet, depuis le Covid, au Pérou beaucoup de chauffeurs ont troqué leur minibus contre des voitures de 5-7 places pour se conformer aux mesures sanitaires et pour permettre à leur clients de voyager en plus petit groupe. Nous montons donc dans une voiture qui nous dépose près du centre de Lambayeque, mais pas devant le musée comme nous lui demandons. Ce n'est pas grave, le musée n'est pas très loin, mais il fait très chaud et la circulation dans cette ville est ahurissante. Arrivés au museo Tumbas Reales de Sipan, nous déposons notre sac à dos à l'accueil, car c'est une étape obligatoire avant d'y rentrer. La visite se fait de haut en bas, en retraçant l'expérience des découvreurs de la sépulture des étages les plus récents de la pyramide vers les plus anciens. Plus de 2 000 objets Moche en or, argent ou cuivre, des bijoux et céramiques y ont été découverts et sont gardés dans ce musée, un de plus importants du Pérou. Pour se donner une idée de l'importance de cette découverte archéologique, il faut savoir qu'elle est considérée comme la plus marquante au Pérou, depuis celle de Machu Picchu.


Le panneau du musée et la maquette de la pyramide où ont été réalisées les découvertes exposées, avec quelques éléments de présentation de la culture Moche


Au deuxième étage du musée, nous découvrons une réplique exacte de la chambre funéraire du Seigneur de Sipan. Elle est entourée d'une présentation des quelque 600 objets d'or, d'argent, de cuivre, de bronze ou de terre cuite qu'elle contenait. Les études du squelette concluent que le seigneur de Sipán a régné au cours du IIIème siècle, il faisait environ 1.60m et est décédé à l'âge de 40 ans. Six autres squelettes de sa famille (dont un enfant de 9-10 ans) et de sa suite ont été également retrouvés autour de sa tombe. Ils ont été enterrés en même temps que lui, comme à l'habitude des cérémonies funéraires Moches.


La tombe et le squelette du Senor de Sipan, les objets originaux présents dans la tombe et reconstitution 3D du roi


Suite des objets retrouvés dans la pyramide


Les sépultures d'autres dignitaires découvertes sur le site sont présentées dans le musée, comme celles du Vieux Seigneur de Sipan, qui a régné avant le Seigneur de Sipan, mais qui appartenait à la même famille. Le musée est impressionnant, la collection des céramiques et des bijoux est d'une rare beauté et en très bon état de conservation ou de restauration. C'est clairement un endroit à ne pas rater si on est fan d'histoire !


Le vieux seigneur de Sipan en chair et os


Après presque deux heures de visite, nous sortons du musée et retournons à la réalité : les filles ont faim et nous devons chercher un almuerzo. Lambayeque est un petit village, la place principale n'est pas très animée et nous avons un peu de mal à trouver un restaurant. Nous assistons tout de même à une séance photo de deux jeunes mariés et nous observons un bâtiment (certes dans un mauvais état) renommé pour ce qui paraît être le plus grand balcon colonial d'Amérique du Sud. C'est ici que la déclaration d'indépendance du pays à été proclamée pour la première fois en 1821.


Lambayeque et son balcon long de 67 m


Après le repas, nous faisons face à un dilemme : rester à Lambayeque et visiter un autre musée d'histoire (moins intéressant que le premier) ou sauter dans un minibus et aller à la rencontre des pyramides de Tucume, le plus grand complexe de pyramides en adobe d'Amérique du Sud. La tentation est grande et nous succombons. C'est parti pour Tucume, à 30 minutes de route. Ces pyramides représentent l'un des centres administratifs et cérémoniels de la culture Sican ou Lambayeque et datent du XIème siècle. Le lieu a été annexé au royaume Chimu et ensuite à l'empire Inca et était encore en activité à l'arrivée des Espagnols. Nous nous dirigeons impatients vers le musée du site archéologique et là, grande déception: le musée est fermé le vendredi. Comme par hasard, on est vendredi. Parfois, les informations sur internet ne sont plus à jour depuis le covid. Nous demandons quand même confirmation aux gardiens, mais il n'y a rien à faire, il faut revenir demain nous disent-ils. Mais demain nous ne serons plus à Chiclayo... Nous essayons d'observer quand même les pyramides sur le site, certaines d'entre elles sont visibles du côté de la route.


Musée fermé...


Cette fois-ci, il n'y a plus rien à voir dans les environs, alors nous montons dans un minibus, direction Chiclayo. Les filles s'endorment sur la route et c'est difficile de les réveiller quand le chauffeur nous dépose à sa bonne volonté à la périphérie de la ville. Il n'est pas trop tard, alors nous décidons de marcher jusqu'au centre ville. Nous croisons en chemin plusieurs rues, toutes spécialisées par "secteur industriel", par métiers où professions. Nous traversons la rue des garagistes, celle des peintures industrielles, celle des verreries etc, avant d'arriver dans la rue de notre hôtel qui est la rue des meubles et des canapés. C'est bien la première fois que nous rencontrons cette organisation sous forme de guilde. Il nous reste encore un peu de temps avant la tombée de la nuit, alors nous allons à l'agence des Transportes Chiclayo pour acheter nos billets de bus pour la prochaine étape de notre voyage : Mancora, au bord de l'Ocean Pacifique. Nous avons la chance de trouver un bus direct, car ce n'était pas gagné d'avance. Les autres compagnies proposaient un changement de bus à Piura. Nos billets en poche, nous faisons quelques courses pour le petit déjeuner et pour la route du lendemain qui s'annonce longue. Nous trouvons une petite cafétéria où on vend des gaufres au chocolat. Quel bonheur! Nous en achetons pour le lendemain. Nous sommes prêts maintenant pour la prochaine étape du voyage: Mancora. To be continued...

1 commentaire


Gabrielle Bernhard-Van Den Heuvel
Gabrielle Bernhard-Van Den Heuvel
06 févr. 2022

Ça me donne envie de retourner au Pérou prochainement et d'y faire le nord que nous n'avons malheureusement pas eu le temps de faire!

J'aime
Post: Blog2_Post

©2021 par 1 an en parenthèse.

bottom of page