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Tulum et les plages de la Riviera Maya

  • Photo du rédacteur: 1anenparenthese
    1anenparenthese
  • 7 févr. 2023
  • 11 min de lecture

Jour 1: faisons connaissance avec le tourisme de masse

Après le petit-déjeuner, nous nous attaquons aux sacs à dos pendant que les filles défont leurs tresses. Cette coiffure, souvenir de Livingston, leur a rendu service pendant 10 jours en leur évitant le brossage quotidien des cheveux.

Et voici le résultat !


Il est presque midi quand nous faisons nos adieux à Juanita, notre hôtesse de Bacalar. L'objectif de la journée est d'arriver à Tulum, une ville qui attire les voyageurs grâce à ses ruines mayas d'une part et à son littoral paradisiaque d'autre part. Tulum fait partie de la Riviera Maya qui est une zone touristique de littoral située au long de la mer des Caraïbes sur la péninsule du Yucatán, dans l'état de Quintana Roo. Elle s'étend sur 130 km, du sud de Cancun jusqu'au sud de Tulum et est réputée pour ses longues plages au sable blanc. Arrivés à la gare routière de l'entreprise ADO, nous achetons les billets pour le bus Mayab. Celui-ci est moins cher que les bus ADO, dont il est la version low cost. Nous devons attendre une heure sur place, mais nous économisons quelques pesos sur le prix du billet. Cela nous convient, d'autant plus que la salle d'attente est climatisée et il y a suffisamment de sièges libres pour s'installer confortablement pendant l'attente. Nous profitons de ce temps pour manger nos sandwichs préparés le matin. Quand le bus arrive, les gens se précipitent dehors et nous comprenons vite pourquoi. Le trajet est moins cher parce-qu'il n'y a pas de place attribuée et donc pas de place assise pour tout le monde. Le premier arrivé est le premier servi. Nous l'avons compris un peu tard, car nous montons parmi les derniers passagers et le bus était déjà bien rempli en arrivant à Bacalar. Nous trouvons donc une seule place assise vers le fond du bus. Les passagers du fond se serrent pour faire une place à Maëlys et je m'assois avec Alicia sur la place libre. Emilien se place par terre au milieu des rangés comme les autres passagers et nous échangeons de temps en temps nos places. Bon, ce n'est pas trop grave, ce n'est que pour 3 heures de route.

Arrivés à Tulum, nous marchons directement vers l'hôtel qui se trouve à 20-30 minutes à pied. Au début, nous longeons la rue principale, qui est animée et touristique. Des boutiques de souvenirs, des bars et des restaurants, des hôtels, des marchands de glaces, des banques et des agences de voyages: Tulum est certainement une destination touristique. Ça nous change de Bacalar qui était plus calme et moins animé.

Tulum signifie "forteresse" en maya et c'est la seule cité que ce peuple a construit en bord de mer à l'époque postclassique (XIIIe-XVIe siècles). À ses pieds se trouve une immense plage de sable blanc qui s’étend sur des kilomètres. Ce lieu est également connu pour les cenotes, ces puits naturels formés après l'impact du météorite qui aurait causé la disparition des dinosaures. Autant de choses qui attirent les touristes, dont une majorité d'Americains. Ce qui fut au début un petit village s'est donc développé rapidement (et de façon chaotique) en ville et son potentiel touristique a attiré des nouveaux habitants. Ceux-ci arrivent par milliers chaque année pour s'installer à Tulum.

Une fois que nous quittons la rue principale, l'ambiance devient plus tranquille et la zone plus résidentielle. Mise à part la gêne occasionnée par le trafic et les déchets aux bords des trottoirs, nous arrivons à l'hôtel sans aucun problème. Nous sommes soulagés d'enlever nos sacs à dos, ils sont vraiment lourds maintenant! L'hôtel est très charmant: la chambre est propre et confortable, la cuisine commune est fonctionnelle et la terrasse située sur le toit est un petit havre de paix. Petit plus: nous avons un marchand de fruits et de jus frais au pied de l'hôtel. Une fois nos sacs déposés dans la chambre, nous partons à la recherche d'un distributeur automatique (car nous n'avons pas de quoi payer l'hôtel) et d'un supermarché AKI. Tout se passe à merveille, nous trouvons ce qu'il nous faut pour la banque et pour les courses. Deux heures plus tard nous sommes de retour à l'hôtel et nous commençons à préparer le repas. Les propriétaires ont mis en place un système de récupération des restes des autres voyageurs : café, thé, riz, pâtes et autres aliments sont mis à disposition dans la cuisine. Nous y trouvons même quelques épices.

Les céréales churros du Mexique


Jour 2: parmi les ruines de la cité maya

Ce matin, nous nous réveillons un peu plus tôt que d'habitude, pour aller visiter les ruines de Tulum. Nous savons que nous ne pouvons pas échapper aux groupes de touristes qui envahissent le site, mais nous voulons mettre toutes les chances de notre côté en arrivant à l'ouverture afin de profiter de quelques minutes de calme. Le site archéologique ne se trouve pas très loin, il est à environ 4km du centre et 5km de l'hôtel, nous pouvons donc aller à pied. Comme nous sommes un peu en retard ce matin, nous finissons par prendre un taxi sur les 3 derniers km. Les taxis sont très chers à Tulum, c'est bien la première et dernière fois que nous y en faisons usage, même si nous avons réussi à négocier un bon prix. Quelques minutes de marche plus tard (car le taxi ne peut pas s'approcher davantage de l'entrée) nous voilà presque tout seuls à l'entrée du site. Nous profitons de cette tranquillité qui rend l'endroit presque magique. Ce qui fait la particularité de ce site archéologique c'est sa position sur une petite falaise dominant la mer des Caraïbes. La cité maya fut un important centre maritime, entouré d'épaisses murailles de protection, qui entretenait des relations commerciales avec une bonne partie de la Méso-Amérique.

Au début de la visite, nous étions quasiment seuls sur le site


Parmi les bâtiments de la cité de Tulum qui étaient pour l'essentiel des temples et des habitations de nobles et de prêtres, une dizaine ont été assez bien préservés. Ils étaient à l'origine recouverts de stuc rouge, blanc et bleu.

Les ruines de Tulum et les iguanes


La cité a été une des premières à avoir été découvertes par les Espagnols. Arrivés devant le temple central face à la mer, j'imagine bien les Mayas qui aperçurent d'ici les premières caravelles espagnoles en 1518. Il ne me faut pas plus pour me laisser tomber sous le charme de ce lieu. D'autant plus que nous sommes encore presque seuls sur place. L'apparition des papillons noirs nous surprend. Ils arrivent par milliers et tournent autour des ruines. C'est très impressionnant. Dix minutes plus tard, des dizaines de groupes débarquent. L'endroit devient bruyant et son charme de début disparaît peu à peu. L'avantage de croiser ces groupes (s'il y en a bien un) c'est que j'arrive à écouter des morceaux d'histoires et d'anecdotes racontés par leurs guides. Nous continuons notre parcours, désormais dans un brouhaha qui n'a rien à voir avec les premières minutes de la visite. Arrivés à la sortie nous sommes tous unanimes: malgré sa taille plus petite que la cité de Tikal ou de Palenque, la cité de Tulum, gardée par les iguanes qui ont élu domicile dans ses ruines, nous a conquis par son cadre unique, un mélange de plage de la mer des Caraïbes et de forêt tropicale.

Les ruines du Castillo qui domine la mer. Serait-ce l'endroit d'où les Mayas ont vu arriver les premiers Espagnols ?


Le deuxième objectif de la journée est de rejoindre la plage pour la baignade. Nous pouvons rejoindre à pied la Playa Santé Fe et la Playa Paraíso qui sont connues pour leur beauté et leur sable blanc. Par contre, un couple de Français que nous croisons en chemin nous informe de la présence des algues rouges: les fameuses sargasses. Nous les avons remarqués aussi sur la Plage des Ruines et c'est bien ce que nous craignons depuis Livingston au Guatemala où nous les avons vues pour la première fois. Nous sommes en pleine saison. Ce phénomène naturel et cyclique s'est beaucoup développé dernièrement et l'afflux est devenu de plus en plus important, d'après certains à cause du réchauffement climatique. Parmi les nombreux désagréments que les algues peuvent causer, notons aussi son impact sur le tourisme. En plein afflux de sargasses, il est impossible de se baigner et les plages sont, certes, moins paradisiaques. On y rajoute leur forte odeur et les dégâts qu'elles peuvent causer aux moteurs des barques qui longent les côtes avec les touristes. Malgré ces nouvelles, nous décidons d'aller quand même sur ces plages. Sur place, il n'y a pas beaucoup de monde. Quelques locaux nous interpellent pour nous proposer un tour de bateau afin d'observer les poissons et les tortues. Nous avons déjà vu des tortues à Mancora et pensons renouveler l'expérience de l'observation des poissons à Holbox, alors nous déclinons leur offre cette fois-ci. Nous continuons à longer la plage à pied et nous nous posons sur la plage Paraiso.

Petite promenade sur la plage


En effet, les sargasses sont partout. Emilien et les filles tentent la baignade et ils ressortent avec des bouts d'algues qui grattent. Cela devient très irritant pour Alicia, donc nous décidons de ne pas prolonger notre détente et de rentrer. En fin de compte nous sommes un peu déçus de ces plages qui se privatisent peu à peu et où tous les services sont payants. Ayant fini notre programme de bonne heure, nous décidons de rentrer à l'hôtel à pied. Facile à dire, mais sous le soleil de plomb ce n'est pas une mince affaire. Nous mettons 1h30 à 2h pour rentrer à l'hôtel, complètement épuisés et transpirés. Pour le reste de la journée c'est cuisine et recherche des activités autour de Tulum.


Jour 3: un jour de pause

Plus nous nous renseignons sur les nombreux lieux et activités à faire, plus nous nous rendons compte que tout est hors de prix et qu'il faudrait renoncer à certaines sorties. C'est assez frustrant de voir toutes ces merveilles et de se dire que nous sommes là, juste à côté, mais que nous ne pouvons pas y aller. Nous sélectionnons 2 sorties abordables pour les 2 prochains jours et décidons de rester à l'hôtel aujourd'hui. Nous sommes un peu en retard sur le programme scolaire, alors nous dédions cette journée à l'école. Les activités scolaire se déroulent sur la terrasse à côté des hamacs, avec quelques fruits frais à portée de main et nous nous disons qu'il y a pire comme salle de classe.

Vive la détente ...et l'école!


Nous profitons aussi du temps libre pour faire à nouveau quelques courses au supermarché AKI. Comme à Bacalar, nous constatons qu'ici aussi il est interdit de vendre des bières en week-end. L'interdiction est valable dans toute la région Quintana Roo. Le soir, nous rencontrons à la cuisine une famille de Mallorca, avec leurs deux enfants. Ils sont des voyageurs aguerris et ils sont partis pour un voyage de 3 mois au Mexique, Colombie et Pérou.


Jour 4: une plage sans sargasses

Pour aujourd'hui, nous avons choisi (parmi les dizaines d'activités disponibles) d'aller à Caleta Tankah. Comme partout ici, l'entrée est payante. Pour la première fois du voyage nous allons dans un beach club. Qui l'aurait cru? Mais dans cette zone touristique du Mexique on n'a pas d'autre choix que de mettre le pied dans des plages privatisées. Si on a choisi cet endroit c'est parce qu'il n'est pas très touristique, pas trop cher et surtout parce-qu'il s'agit d'une petite crique face à la Mer des Caraïbes où les algues ne rentrent pas. En plus, c’est une eau parfaitement transparente qui permet de voir des poissons! Maëlys s'y amuse beaucoup grâce à son masque acheté trois fois plus cher que le prix normal dans un magasin de la rue touristique de Tulum, mais on n'avait pas trop le choix.

La petite crique magique et son eau transparente


À l'heure du midi, pendant que les autres touristes dégustent les ceviche et les tacos hors de prix du restaurant, nous nous contentons de nos sandwichs faits maison. À Caleta Tankah, il y a aussi un petit cenote à environ 50m de la plage. Ici encore, il n'y a pas beaucoup de monde. Mais l'eau douce du cenote est beaucoup plus froide que l'eau de mer, alors il n'y a qu'Emilien et les filles qui osent y aller.

Pause sandwich avant de nager dans le cenote


Vers 16h, nous décidons de rentrer et comme à l'aller, nous montons dans un minibus qui nous amène vers le centre-ville. Nous sommes très contents de cette journée: cet endroit a été parfait pour nous comme pour les filles et nous avons tous passé un bon moment.

Au revoir petite plage magique !


Jour 5: la tournée des 4 cenotes

Pour notre dernier jour à Tulum, nous décidons d'aller voir un des cenotes les plus emblématiques de Tulum: el Gran Cenote. Il y en a plusieurs dans cette zone et nous avons du mal à faire un choix, alors on vote pour le plus connu. Nous marchons vers l'arrêt habituel du collectivo, mais une fois arrivés ici, on nous explique que nous ne sommes pas au bon endroit. Le colectivo qui va au Gran Cenote part de l'autre côté de la ville. Il n'en faut pas plus au monsieur qui se trouve à côté de l'arrêt de bus avec son stand. Il y vend des entrées aux cenotes, dont le cenote Casa Tortuga. Il s'agit d'un ensemble de 4 cenotes situés à 10km de la ville. Comme les autres lieux touristiques ici, cet éco-parc appartient à un organisme privé qui gère l’entretien des 4 cenotes : Wisho, Campaña ou Jaguar, Très Zapotes et Tortuga. Le vendeur nous propose des billets moins chers qu'à l'entrée du site. Nous sommes méfiants au début, mais finalement nous lui faisons confiance et achetons les tickets. Ils nous donne les bracelets qui font office de billet d'entrée et il envoie un WhatsApp pour prévenir le parc de notre arrivée. Cela a l'air carré. Il nous confie qu'il nous fait un tarif spécial, moins cher que pour les Américains. Ce n'est pas le premier Mexicain qui nous avoue faire des prix plus élevés aux Américains.

Nous montons dans un collectivo qui nous dépose au bord de la nationale, en face de l'entrée. Depuis la route, nous marchons 500 mètres jusqu’à un premier bâtiment où on valide notre ticket d’entrée. Nous marchons à nouveau pendant 300m pour arriver au centre de l'éco-parc. C'est ici que les guides attendent les groupes pour la visite des 4 cenotes. Nous pensions que l'accès était libre, sans visite, mais ici c'est tellement touristique que tout est chronométré. Et il y a plein de monde !

Nous prenons une douche obligatoire et nous rangeons le sac dans un casier gratuit avant de rejoindre notre guide pour un tour qui dure environ 1h30.

C'est parti au milieu de la foule !


Les premiers cenotes sont complètement ouverts, certains naturels, certains réaménagés par les hommes pour le tourisme. Toutefois, l'eau transparente vient bien des profondeurs, même si l'homme a creusé un peu plus dans la roche.

Notre coup de coeur parmi les 4 cenotes !


Les deux derniers cenotes sont couverts, le dernier est carrément dans une grotte souterraine. Il faut entrer dans le noir et nager à travers les stalagmites et les stalactites, sans toucher pied. Alicia a été très impressionnée par le premier cenote couvert et elle préfère passer son tour pour le deuxième. Elle reste dehors avec une dame du groupe qui est enceinte et sa petite fille.

À la sortie de la grotte


Une fois le tour terminé, le guide nous laisse enfin libres et nous revenons aux deux premiers cenotes. Emilien et les filles s'amusent à faire de la plongée et des sauts de 5m de haut. Même Alicia s'y lance et bat son record en sautant de cette hauteur. Bravo Alicia ! En fin d'après-midi, les moustiques font leur apparition autour de l'eau et commencent à piquer. Il est temps de partir. Nous passons de nouveau à la douche, récupérons nos affaires au casier, nous nous habillons et rejoignons à pied la nationale. Nous ne devons pas attendre longtemps pour le colectivo. À peine sortis au niveau de la route, le même chauffeur du matin arrive pour son trajet retour, direction Tulum. Il nous dépose au plus près de l'hôtel et nous rejoignons la cuisine et la terrasse pour le dîner. Une pluie tropicale commence à tomber et nous nous réfugions dans la chambre. Cette nuit est un peu courte pour moi, car en décalage avec le fuseau horaire européen, je me réveille plusieurs fois pour prendre des nouvelles d'une opération en Roumanie.

Tulum est une destination d'exception qui a beaucoup à offrir aux voyageurs, mais qui a perdu son authenticité humainement parlant. Les relations avec les locaux se limitent ici à la vente des services et les prix sont exorbitants. Les hommes essayent d'y privatiser le moindre morceau de plage pour l'exploiter dans des buts touristiques souvent au détriment de la nature et de l'environnement. Le lendemain nous devons quitter Tulum pour aller à Valladolid, notre prochaine destination.



To be continued...


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