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Valladolid, une ville à taille humaine

  • Photo du rédacteur: 1anenparenthese
    1anenparenthese
  • 19 mars 2023
  • 16 min de lecture

Jour 1: le plaisir de retrouver une harmonie architecturale


Après les 5 jours passés à nous baigner à Tulum, tantôt sous un soleil de plomb, tantôt sous des nuages gris annonçant la tempête, il est temps de quitter cette ville construite à l'arrache. Nous avons adoré les ruines mayas, les cenotes et les eaux turquoises, mais nous avons détesté la surexploitation des ressources naturelles et des touristes à travers des prix exorbitants. C'est aussi avec une certaine frustration, pour ma part, de ne pas avoir pu tout visiter à cause des prix, que je quitte Tulum. Après avoir pris le petit-déjeuner sur la terrasse et avoir fait nos adieux à Susana et sa famille qui partent ce même jour vers Bacalar, je passe un dernier appel en Roumanie pour prendre des nouvelles. La matinée passe vite et il est déjà midi quand nous terminons nos sacs à dos. Nous montons nos affaires à nouveau sur la terrasse où nous mangeons un petit repas avant de partir à pied vers la gare routière.

La petite souris est encore passée dans la nuit !


Nous faisons une halte en chemin dans une petite boutique de téléphonie où nous chargeons la carte SIM. Il fait extrêmement chaud en pleine journée et à la gare routière nous sommes obligés de garder le masque qui me donne l'impression d'étouffer. Au guichet, nous achetons nos billets de bus pour Valladolid. Dans un premier temps nous achetons des billets Mayab que nous échangeons ensuite contre des billets ADO Connect, qui sont légèrement moins chers et qui nous épargnent 15 minutes d'attente. Toute économie est bonne à prendre, qu'elle soit d'argent ou de temps. Il nous reste tout de même plus d'une heure d'attente, dans ce four qu'est la salle d'attente, alors les filles profitent pour s'acheter une glace qui fond comme neige au soleil à cette température. ADO Connect est en fait un minibus et à sa vue, nous nous mettons tous de bonne humeur: il est neuf, propre et climatisé. C'est extraordinaire ! Après environ 2 heures de route, nous débarquons à la gare routière de Valladolid. La ville nous paraît magnifique! Après les constructions chaotiques de Tulum, ça nous fait tellement de bien de revoir de jolis bâtiments. Les maisons de Valladolid gardent leur architecture coloniale harmonieuse, leurs couleurs vives, leurs jolies colonnes et ne sont pas plus hautes de deux étages. C'est un plaisir pour l'œil et pour le cœur et nous sommes sous le charme!

Le joli centre de Valladolid avec sa cathédrale et le comedor


Nous passons devant la place principale et sa majestueuse cathédrale, ensuite nous traversons le comedor avant d'arriver, quelques minutes plus tard, à la maison que nous avons réservée. Il s'agit d'un studio avec une cuisine ouverte sur une chambre et une salle de bain. Nous sommes surpris par une forte odeur de moisissure qui agresse nos narines dès que nous ouvrons la porte et par les cafards géants qui nous accueillent plus tard dans la salle de bain, mais à part ça la chambre est spacieuse et la clim fonctionne. Plus tard, nous ajouterons à la liste des inconvénients les bruits de la rue (notamment des voitures et motos) qui s'infiltrent à travers les fenêtres mal isolées et le manque d'ustensiles dans la cuisine. La propriétaire, qui habite dans la maison à côté, remédie rapidement au dernier désagrément en nous prêtant des poêles et des casseroles de sa propre cuisine. Une fois installés, nous partons vers le centre pour prendre le pouls de cette sympathique ville et découvrir ses habitants qui ne sont pas plus nombreux de 50 000 âmes.

C'est le conquistador espagnol Francisco de Montejo qui fonda la première ville nommée Valladolid à quelques km distance de l'emplacement actuel et lui donna le nom de la capitale de l'Espagne à cette époque, Valladolid. Les premiers colons espagnols souffrirent de l'humidité et des moustiques, alors en 1545 Valladolid fut reconstruite sur son site actuel, à l'emplacement d'une cité maya nommée Zaci. Ses bâtiments furent démolis et leurs pierres utilisées comme matériaux de construction par les Espagnols. En 1546, les Mayas se révoltèrent, mais l'insurrection fut réprimée par les troupes espagnoles. En 1840 de nouvelles rébellions s'emparèrent de Valladolid et de sa région qui furent le théâtre de violents combats pendant la guerre des castes.

Nous nous arrêtons d'abord dans le joli parc au pied de la cathédrale San Servacio. Ce parc, où règne une agitation particulière, porte le nom de Zócalo. C'est ici que les locaux et les touristes, venus par dizaines dans de beaux bus en provenance de Cancun, se côtoient et consomment une petite spécialité salée ou sucrée vendue dans les stands du parc. Nous assistons à une jolie danse exécutée par de jeunes filles et garçons habillés en costumes traditionnels et portant des bouteilles sur la tête. Nous y découvrons les bancs blancs typiques de cette zone du Yucatan. Il paraît que la modalité dont les bancs sont construits permettait aux jeunes amoureux de s'asseoir l'un à côté de l'autre pour se parler sans pouvoir s'embrasser, donc sans craindre les réprimandes de leurs aînés. Pour la découverte gustative, nous hésitons un peu entre le sucré et le salé, mais après avoir observé les deux, nous décidons de goûter la préparation salée. Il s'agit d'un sachet de chips qu'on ouvre pour ajouter du maïs, du citron vert, du piment rouge, du fromage et de la mayonnaise... Ingénieux!

Beaucoup de découvertes autour du petit parc central


Nous nous approchons ensuite de la cathédrale qui a une histoire sombre: lors d'une révolte, le maire de l'époque a été tué sur l'autel même de la cathédrale ce qui a provoqué la destruction et ensuite la reconstruction de celle-ci, avec un autel situé cette fois-ci vers le nord. Depuis la cathédrale, nous longeons les jolis bâtiments à colonne pour arriver dans un supermarché que nous avons repéré plus tôt en arrivant à la gare routière. Nous y faisons nos courses d'eau et d'aliments pour les jours à venir. Fait étonnant, un monsieur qui se trouve à côté des caisses propose de l'aide pour nous aider à mettre nos courses dans un carton. C'est son moyen de gagner quelques pesos. Certains clients se laissent aider, d'autres non. Il est content quand Emilien lui tend quelques pièces. La nuit commence à tomber quand nous sortons du magasin et nous nous dirigeons vers le Bazar Municipal, le comedor public que nous avons également observé en arrivant, plus tôt. Plusieurs stands, chacun ayant sa petite cuisine, proposent des plats faits sur place. Nous faisons le choix de goûter les plats mexicains, malgré l'attraction des filles pour le stand des pizzas et des pâtes. Les serveurs essaient de nous attirer chacun vers leur stand, mais nous finissons par nous asseoir devant celui qui a l'air le plus appétissant, même si les plats se ressemblent énormément et c'est dur de les départager. Nous commandons 3 plats différents et après une attente plutôt longue, les assiettes arrivent. Nos papilles sont loin de se régaler, mais les recettes sont tout de même originales et nous sommes contents de les déguster. Pendant le repas, nous assistons à une petite embrouille entre notre serveur et des clients mécontents de l'addition. Nous vérifions bien la nôtre, avant de nous diriger à notre tour pour payer, mais pas de mauvaise surprise pour nous. Nous prenons notre carton de courses et nous allons trouver notre sommeil dans la chambre qui donne vers la rue bruyante.

Notre dîner 100% spécialités du Yucatan


Jour 2: des balades et des visites culturelles

Il y a beaucoup de choses à faire à Valladolid et dans ses environs. Aujourd'hui, nous décidons de rester dans la ville pour mieux découvrir ses jolies rues et bâtiments et de visiter quelques musées. Il est assez tard quand nous sortons de la maison, alors le premier arrêt sera un restaurant plus éloigné du centre-ville, qui présente un bon rapport qualité-prix. Nous y arrivons pour le temps du midi et nous y commandons quelques spécialités et une limonade fraîche. Nous sommes ravis de notre expérience dans ce restaurant.

Encore quelques spécialités du Yucatan


Après le repas, nous partons en direction du Couvent San Bernardo, construit par les Franciscains au 16ème siècle, tout en marquant des petits arrêts et rencontres d'habitants (je finis par acheter une longue robe jaune chez une couturière qui me fait les ajustements à ma taille sur place, nous croisons une dame qui vend des gâteaux qui sont loin d'être frais sous cette chaleur et nous finissons par nous acheter une glace pour nous rafraîchir 2 minutes).

Le couvent San Bernardo et ses environs


Après le couvent que nous observons de l'extérieur seulement, nous nous dirigeons vers le MUREM (musée de vêtements ethniques de Mexique). Le musée a été créé par une Américaine d'origine mexicaine qui voulait présenter et collectionner les vêtements traditionnels mexicains. La collection est très belle et elle présente les vêtements en passant d'une région à l'autre. C'est là que je réalise la richesse ethnographique et culturelle du Mexique! C'est impressionnant de voir autant de représentations vestimentaires différentes. Les costumes sont en très bon état, pour la plupart brodés et colorés. Quel beau voyage dans ce monde des textiles! Les filles s'y amusent aussi, puisqu'elles ont reçu à l'entrée des jeux qui leur permettent d'observer les vêtements et de les retrouver ensuite sur leurs papiers.

Petit aperçu de la variété des costumes traditionnels au Mexique


Nous sortons assez émerveillés de ce musée, avant de nous diriger vers le Palacio Municipal, un musée d'histoire. Le temps est passé trop vite et nous avons raté la visite guidée de la Casa de los Venados. Tant pis, nous allons voir le Palais Municipal à la place, avant qu'il ne ferme lui aussi. On y trouve des peintures présentant l’histoire de Valladolid, ainsi que quelques photos prises depuis 1920, en plus d’obtenir une belle vue sur la place et le parc depuis le balcon. Cette visite est très courte et pas assez riche en informations historiques, alors quand j'aperçois juste derrière un autre musée d'histoire, je convainc Emilien et les filles d'y aller. Ce n'est pas encore ce que j'espérais pour m'aider à comprendre l'histoire de la ville et les moustiques nous y attaquent férocement, alors nous abandonnons vite les lieux. En rentrant vers la maison, nous traversons le marché artisanal où nous trouvons surtout des vêtements et des chaussures et nous partons à la recherche d'une boulangerie pour acheter du pain. Nous apercevons des gens avec des pains dans les mains et nous arrivons dans une super boulangerie: des pains, des gâteaux et des cakes partout. Nous en achetons pour le dessert et le petit-déjeuner avant de rentrer et de préparer le dîner.

Vue sur le parc (avec les bus touristiques) du premier étage du Palacio Municipal qui affiche des jolies fresques, en passant par le marché artisanal pour un essayage de robes colorées


Jour 3: découvrons enfin la tequila

Ça fait déjà deux semaines que nous sommes au Mexique sans avoir goûté la téquila, alors aujourd'hui nous décidons de visiter une distillerie où on fabrique cette boisson. Mais d'abord, nous allons au marché alimentaire de Valladolid. Nous avons essayé de le trouver la veille mais nous étions arrivés trop tard. Ce matin, nous partons en direction opposée du centre-ville et nous longeons le cenote Zaci. Celui-ci se trouve en plein milieu de la ville mais il est malheureusement fermé en cette période, sûrement pour des travaux, même si tout à l'air abandonné à l'intérieur.

Un aperçu du cenote Zaci, fermé au moment de notre visite


Nous arrivons d'abord dans un marché couvert, de vêtements et de chaussures. Surpris, nous demandons où se trouve le marché de fruits et légumes et on nous indique d'aller un peu plus loin. En effet, les stands de fruits et légumes sont à l'extérieur. Les produits qui y sont vendus sont très variés: du chocolat, du miel, des piments en bocal, des gâteaux, toutes sortes de plats cuisinés, des herbes et les immanquables fruits et légumes, dont certains sont nouveaux pour nous. J'ai encore envie d'acheter tous les produits des stands et de goûter à tout, mais Emilien me tempère comme à chaque fois que je suis dans un tel marché. Les mains pleines, nous rentrons à la maison où nous mangeons ce que nous venons d'acheter.

Un stand d'épices et de sauces à base de piments


L'après-midi, nous nous lançons dans les rues de Valladolid à la recherche d'un taxi pour aller à la distillerie Mayapan. D'après ce que les gens nous racontent, les taxis partent d'un endroit précis, attribué à chaque destination. Nous nous dirigeons vers la direction de la distillerie, au nord de la ville, en espérant arrêter un taxi en route. Nous en arrêtons plus d'un, mais les prix proposés sont à chaque fois hors du commun. Nos négociations ne mènent à rien. Des habitants nous indiquent un parking d'où partent des voitures en direction de la distillerie. Nous nous attendons à un minibus, mais ce sont encore des taxis. Ici aussi les prix sont trop élevés. Nous sortons à nouveau dans la rue en essayant de tomber sur un chauffeur honnête. Après plus de 30 minutes d'essais, nous finissons par le trouver, notre homme honnête. À peine 10 minutes plus tard, il nous dépose devant la distillerie. Ici, une visite guidée privée nous est proposée pour 50 pesos et nous entamons le circuit des explications qui dure environ 20 minutes, dégustation comprise. Cette distillerie artisanale utilise l'agave bleu, qui produit un fruit semblable à l'ananas, pour fabriquer la tequila avec des techniques datant de plus de 400 ans. Nous n'avons pas retenu le processus complet de production, mais nous gardons en tête un souvenir plutôt sympa. Après la dégustation, avec citron vert et sel, comme dans les films (même si les Mexicains dégustent la tequila plutôt pure), nous sommes invités dans la boutique. Celle-ci expose peu de Tequila locale Mayapan (ils nous ont expliqué que leur production personnelle est limitée) mais plutôt une large game de produits souvenirs, des textiles aux céramiques.

Nous voilà à la fin du circuit de visite et de dégustation


En sortant de la boutique, nous discutons un peu avec un couple de voyageurs qui sont venus en scooter. Nous ne pouvons pas appeler de taxi pour le retour, alors nous commençons à longer la grande route, en espérant en croiser un. À peine partis, un taxi arrive dans notre direction. Il est vide et veut bien nous ramener en ville sans abuser avec le prix. Décidément, le retour a été beaucoup plus simple à organiser que l'aller. Le taxi nous dépose dans le centre-ville et nous rentrons à la maison pour préparer le dîner et la visite de grand site du Chichen Itza qui est prévue le lendemain matin.


Jour 4: une autre merveille du monde moderne

Ce matin, le réveil est matinal mais nous nous rendons à peine compte qu'il est 6h du matin quand nous sortons dans la rue. La luminosité et la chaleur sont celles d'un midi. À la gare routière, nous nous précipitons vers le premier bus Mayab de la journée. Nous avons hésité avec les minibus qui partaient un peu plus tôt, à 2 minutes de la gare routière. Le bus est en retard et nous nous impatientons dans la salle d'attente qui est déjà pleine à craquer. Trois jeunes françaises attendent le même bus, pour arriver, comme nous, avant la masse de touristes et profiter au maximum du lieu. Malgré le retard du bus, nous arrivons à l'entrée de Chichen Itza à une heure assez convenable. Le site est très touristique ! Il y a plusieurs caisses pour acheter son billet, des agents de sécurité à l'entrée qui vérifient les sacs, des boutiques alimentaires et non alimentaires. Mais les stands de souvenirs les plus impressionnants se trouvent à l'intérieur du site historique. Je n'ai jamais vu autant de marchands à l'intérieur d'un site archéologique. Beaucoup d'entre eux parlent français et essaient de nous attirer avec des formules toutes faites. Il doit y avoir beaucoup de touristes français par ici, mais aujourd'hui nous n'avons croisé que les trois filles et un jeune couple. Les avis des voyageurs ne sont pas toujours positifs au sujet de Chichen Itza, alors nous nous attendons à être un peu déçus de notre visite. En réalité, cet endroit est bien plus impressionnant que nous le pensions. Chichén Itzá est une ancienne ville maya qui fut le principal centre religieux du Yucatán au 10ème siècle. Il reste aujourd’hui l’un des sites archéologiques les plus importants et les plus visités de la région. Le site a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1988, et a été élu, en 2007, comme l'une des sept nouvelles merveilles du monde. Le lieu est divisé en deux secteurs. Le secteur nord est dédié à Kukulkán, le serpent à plumes. Il est composé de nombreux édifices dont les plus importants sont la grande pyramide (Castillo), le Caracol (Observatoire), le Grand Terrain de jeu de balle, le Cénote sacré, l'Osario (ossuaire ou tombe du Grand Prêtre), le Groupe des mille colonnes, le Temple des Guerriers.

El Castillo, temple emblématique de Chichen Itza


La pyramide la plus impressionnante par son excellent état de conservation (et de restauration) c'est el Castillo (le Château). Entre ce que j'entends dire par les guides des autres et ce que je lis sur les panneaux, je comprends qu'elle présente quatre faces, chacune divisée en neuf plateaux et portant quatre escaliers ayant chacune 91 marches, plus une marche pour la plateforme correspondant aux 365 jours du calendrier solaire. L’orientation et la construction de la pyramide sont telles qu'au moment précis des équinoxes de printemps et d'automne, le soleil produit avec les arêtes de la pyramide une ombre portée qui fait croire que les grosses têtes de serpents au pied des escaliers de la pyramide sont prolongées par le corps ondulé d'un serpent. Ce serpent n'est autre que le dieu Kukulkan ou « serpent à plumes ». Ce phénomène provoque un afflux très important de touristes à cette époque. Bien sûr, depuis quelques années c'est interdit de monter sur la pyramide, d'une part pour éviter de l'abîmer et d'autre part pour éviter les chutes, souvent mortelles. Nous voyons aussi des guides frapper des mains pour faire entendre l'écho qui ressemble à un cri d'oiseau, symbolique des dieux mayas.

Nous sommes également impressionnés par l'Observatoire (ou le caracol c'est à dire escargot) qui permettait aux Mayas d'étudier le mouvement des étoiles dont ils avaient une connaissance très précise. Il paraît que les « prêtres » mayas ne sortaient jamais la journée afin d'avoir un œil plus sensible leur permettant d'observer les étoiles sans aucun appareil. Nous continuons la visite vers le secteur sud, en passant dans les allées remplies des étals de souvenirs. En chemin, nous observons des temples plus ou moins bien conservés et nous faisons une petite pause pour grignoter un peu quand la faim s'empare de nous.

L'observatoire et d'autres vestiges du secteur nord


Le secteur sud est composé d'édifices moins hauts, mais plus joliment décorés: la Casa Colorada, la Casa del Venado, l'Iglesia (l'Église) et le Quadrilatère des Nonnes. De ce côté il n'y a pas beaucoup de monde au moment où nous arrivons. Sur certains bâtiments, nous observons des traces de peinture qui prouvent que les murs avaient été autrefois peints en couleurs vives. Avant de repartir, nous nous émerveillons devant des oiseaux avec des longues plumes et devant un duel d'iguanes.

Le secteur sud habité par les iguanes et une reconstitution de maison maya


Nous arrivons ensuite dans la zone appelée "le groupe des mille colonnes". On s'y croirait dans l'empire Romain et non au Mexique. C'est impressionnant et je me dis qu'il doit bien y en avoir mille comme son nom l'indique. Des colonnes, nous nous dirigeons vers le cenote sacré. Ça doit faire au moins deux heures que nous sommes sur le site et il commence à faire chaud. Nos réserves d'eau s'amenuisent aussi. Arrivés au cenote sacré, qui a une eau verte, nous l'observons et imaginons ce qui a pu se passer à cet endroit. Son dragage a permis de mettre au jour de nombreux objets d'or et de jade ainsi qu'un nombre important d’ossements (en particulier de jeunes enfants). À partir de ces éléments, c'est effectivement assez facile de s'imaginer un lieu de sacrifices et de cérémonies. Les panneaux nous indiquent que les personnes qui étaient jetées dedans étaient souvent des prisonniers. Si une personne arrivait à se maintenir à la surface et à survivre jusqu'à midi, elle était repêchée en tant que sauvée des dieux.

Les colonnes et le cenote sacré, en passant par les stands d'artisanat


De cet univers sacré, nous retournons vers la partie nord du site pour voir une autre construction impressionnante: le grand terrain de jeu de balle ou el juego de pelota. Nous en avions vu un à Tikal mais celui de Chichen Itza est énorme ! Le plus grand de toute la Mésoamérique. Les Mayas jouaient à ce jeu lors des grandes fêtes, quand une équipe représentant les forces de l'inframonde (le monde souterrain) affrontait une équipe représentant la lumière, avec une balle en caoutchouc. Le match pouvait durer plus d'un jour et selon les explications, la tête du capitaine de l'équipe perdante était tranchée par le capitaine de l'équipe gagnante et son sang était répandu sur le sol. C'est la même explication qu'à Tikal. À moins que ce ne soit pas le capitaine gagnant qui était sacrifié d'après certaines versions, car c'était un honneur pour le plus fort d'être offert aux dieux. Ça fait beaucoup de sang versé chez les Mayas ! Il y a juste un détail technique que nous ne comprenons pas trop: ils étaient censés marquer en faisant passer la balle par un trou qui était placé en hauteur et tout ça sans utiliser leurs bras ou leurs mains. Pas facile...

Le terrain du fameux jeu de balle, à l'heure où les visiteurs affluent sous un soleil de plomb


À cet endroit il y a énormément de monde. Nous sommes contents d'avoir commencé la visite tôt, en plus la chaleur devient insupportable. Après presque 4h sur place, nous décidons de rentrer à Valladolid. Avant de sortir, nous passons aux toilettes et ce petit détour nous fait rater le bus que nous voyons partir sous notre nez. Nous prenons notre mal en patience et attendons le prochain bus. Mais ce n'est pas un bus climatisé qui arrive, mais un minuscule minibus rempli à craquer. Nous sommes perdants au change, mais comme nous ne savons pas quand passera le prochain bus, nous acceptons de monter dans ce véhicule qui est extrêmement lent! Nous avons chaud et soif et nous comptons les arrêts et les minutes pour arriver dans la ville. Ici, nous filons directement au magasin pour acheter de l'eau. Beaucoup d'eau et une glace chacun ! Nous ne sommes toujours pas habitués à cette chaleur depuis le Guatemala et je ne sais pas si un jour nous pouvions l'être, tellement cette température nous est insupportable. Nous rentrons à pied à la maison, avant de ressortir une heure plus tard pour la visite guidée de la Casa de los Venados. La “Maison des Cerfs” est une grande maison coloniale qui accueille un musée privé dédié à l’art populaire mexicain. On trouve ici 3000 objets de partout à travers le pays, qui ont été recueillis par un couple d’Américains tombés amoureux du Mexique. C’est une visite haute en couleurs qui fascine les grands et les petits. Nous sommes impressionnés par l'omniprésence des squelettes et des têtes de morts dans l'art mexicain.

Un aperçu de la collection de la Casa de los Venados


Après cette passionnante visite, nous rentrons à la maison assez fatigués car le réveil a été matinal et nous préparons le dîner et la sortie aux cenotes du lendemain.


Jour 5: jour de baignade

Ce matin c'est plutôt grasse matinée. S'il y a bien une chose à faire sous cette chaleur, c'est bien la baignade et ce n'est pas le choix qui manque, car il y plusieurs cenotes autour de la ville. Nous optons pour les cenotes Xkeken et Samula dans le village de Dznitnup et nous nous y rendons en taxi, puisqu'il n'y a pas de bus. Ces cenotes sont des grottes avec des stalagmites et stalactites. Les locaux nous ont indiqué un tarif autour de 80 pesos pour y aller, donc au moment où le chauffeur nous en demande 100, nous estimons que c'est un prix correct pour des touristes. À peine 15 minutes plus tard, nous y voilà à l'entrée. Nous payons le prix d'entrée pour deux cenotes auquel s'ajoute le prix des gilets de sauvetage, obligatoires. Les grottes, quoique sombres, sont très belles et par endroit, des fascicules de lumière donnent de très jolis reflets à l'eau. Nous restons environ une heure dans chaque cenote. Même si nous avons beaucoup hésité avec d'autres cenotes comme celui de Suytun ou Palomitas, nous sommes contents de notre choix. Les grottes sont magnifiques.

Un univers inoubliable


Après quelques heures de baignade dans cet univers hors de commun, c'est à nouveau en taxi que nous rentrons à Valladolid où nous profitons une dernière fois de la ville, avant de partir vers Merida, notre prochaine destination.


To be continued...


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