Un pied dans le Chiapas à Palenque
- 1anenparenthese

- 20 janv. 2023
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Jour 1: sous la pluie tropicale
En début d'après-midi, nous arrivons à Palenque, cette ville qui se trouve dans l'État de Chiapas. Le minibus qui nous transporte depuis la frontière avec Guatemala, nous dépose à 2 minutes à pied de notre hôtel. C'est un gros point positif pour nous, car les sacs à dos sont bien chargés. En descendant du véhicule, c'est une chaleur humide qui nous accueille. Nous la ressentons d'autant plus que nous quittons la climatisation du minibus. La petite rue touristique et presque piétonne est monopolisée par les hôtels, les restaurants, les agences de voyage et quelques magasins d'artisanat. Le caractère touristique saute aux yeux, mais en même temps l'ambiance est très agréable. Notre hôtel est parfait, la chambre propre et confortable, la clim fonctionne et nous avons même une fontaine d'eau potable dans le couloir. La gourde filtrante peut se reposer encore un peu. Un sentiment étrange nous envahit: nous réalisons que le Mexique est le dernier pays de notre voyage et que dans un mois nous serons en Europe. C'est un mélange d'impatience et de nostalgie: nous sommes très enthousiastes à l'idée de rentrer, mais un peu tristes à l'idée de nous projeter à la fin de l'aventure. Heureusement, nous n'avons pas beaucoup de temps pour tomber en proie à la mélancolie. Nous voulons sortir découvrir la ville, retirer des pesos (nouvelle monnaie pour nous), trouver une offre convenable pour la visite des objectifs touristiques de Palenque et manger avant la tombée de la nuit. Une fois sortis du quartier touristique, le vrai visage de Palenque, plus authentique mais plutôt urbain, se dévoile. Quelle ambiance, quelle agitation! Les gens fourmillent dans les rues principales, mais dès qu'on s'en éloigne, c'est un peu plus calme. Nous achetons quelques tacos à un monsieur qui est installé avec sa petite "boutique" ambulante sur un trottoir. Les tacos sont un peu gras à notre goût, heureusement que nous n'en avons acheté que deux. Un peu plus loin, nous achetons une petite brioche qui nous fait de l'œil, mais elle n'est pas si fraîche qu'elle en a l'air. Nous terminons le cycle des dégustations par un ananas et un morceau de pastèque, un peu périmé finalement lui aussi. Nous allons ensuite vers l'arrêt des minibus qui vont aux ruines de la cité maya et nous nous renseignons sur les prix. Nous enchaînons avec deux agences de voyage, mais nous ne sommes pas encore décidés quant à l'organisation de nos visites. Vers 17h déjà, nous commençons à avoir faim. Nous croisons le chauffeur du minibus qui nous avait conduit de la frontière jusqu'à Palenque et il nous conseille un restaurant. La carte affichée est un peu chère par rapport à notre budget, alors nous nous dirigeons vers une pizzeria bien notée. Malheureusement, elle ne fait que des pizzas à emporter, impossible de manger sur place. Quelques rues plus loin, nous tombons nez à nez avec un petit restaurant de type familial. Les différents plats chauds, exposés sous nos yeux nous inspirent. En plus, les prix ne sont pas gonflés pour les touristes. Nous découvrons deux plats locaux, dont le mole poblano: du poulet dans une sauce à base de fruits secs, de chocolat et de piments: le mélange est assez étonnant.
Notre premier jour au Mexique et dégustation du mole poblano
Pendant que nous nous régalons avec ces plats sur la petite terrasse, il se met à pleuvoir. La pluie tropicale n'est pas prête à s'arrêter, donc au bout d'un moment nous nous résignons et nous partons en courant sur les trottoirs, en longeant les maisons pour profiter au maximum des abris. Nous n'avons pas prévu la pluie et nous nous retrouvons sans k-way. De toute façon, vu la quantité d'eau qui tombe, même avec le k-way on aurait été mouillés. Nous sommes assez loin de l'hôtel, heureusement que la pluie est chaude. 30 minutes plus tard, nous arrivons à notre chambre, complètement trempés. Il fait déjà nuit dehors, nous essorons nos vêtements, nous nous séchons et nous nous mettons sous la couette. La journée a été longue et marquée par le passage de la frontière, alors la fatigue a raison de nous assez tôt ce soir.
Jour 2: en quête des agences de voyage
Aujourd'hui, nous avons trois objectifs: avancer avec l'école, acheter une carte SIM mexicaine, trouver un moyen de visiter les ruines et les cascades autour de Palenque et continuer à préparer la suite du voyage en achetant notamment nos billets de bus vers Bacalar. Nous partons donc pendant quelques bonnes heures en ville et nos efforts paient. Tout est réglé pour la suite du voyage, y compris pour la journée touristique de demain. Nous avons trouvé une agence compétitive qui organise notre transport et gère également les entrées sur les sites. De toute manière, en Mexique nous n'avons pas beaucoup de liberté d'organisation. Il faudra souvent se plier aux règles, aux prix et à l'organisation touristique locale. Comme nous avons déjeuné en ville, dans un bistrot qui servait des poulets rôtis servis avec tortillas et haricots rouges, nous prenons notre temps en nous balladant dans la ville. De retour dans la rue de l'hôtel, juste avant la tombée de la nuit, nous constatons avec étonnement des mouvements et des bruits dans les arbres. Ce sont des singes, de taille assez grande, qui se nourrissent de mangues directement à la source. C'est impressionnant de les voir comme ça dans la ville, comme si la présence des hommes ne les dérangeait en rien. Je me dis aussi que s'ils viennent jusque-là c'est aussi à cause de l'extension de la ville qui se fait au détriment de la nature et des habitats des animaux.
Si vous regardez bien ce manguier, vous pouvez observer le singe
Nous terminons la journée avec une des meilleures pizzas de notre voyage, sur la terrasse de l'hôtel. C'est de cette même terrasse qu'Emilien et Maëlys ont pu observer de près, quelques minutes plus tôt, les singes qui se régalaient avec de bonnes mangues fraîches.
Jour 3: ruines et cascades au programme
Ce matin, nous avons rendez-vous avec le chauffeur de minibus devant notre hôtel. Aux côtés des autres touristes, nous commençons la journée par la visite des ruines mayas dans la Zona Arqueólogica de Palenque, située à seulement 8 km de la ville. C'est l’un des sites les plus impressionnants de la culture maya. Comparée aux autres cités de cette culture, Palenque est de taille moyenne, bien plus petite que Tikal, que nous avons visitée au Guatemala. Cependant elle se distingue par son patrimoine architectural et sculptural; de nombreux bas-reliefs et inscriptions y ont été découverts. Le site a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1987. La zone découverte de nos jours représente seulement 10 % de la superficie totale de la cité. Il reste encore plus de mille structures couvertes par la forêt. Par ailleurs, un itinéraire bis à travers la jungle est également proposé aux touristes accompagnés d'un guide, pour découvrir une partie des ruines encore sous la végétation. D'après les fouilles archéologiques, la cité de Palenque aurait atteint son apogée entre 600 et 700 et commencé son déclin à la fin du Xe siècle. Les archéologues ont trouvé dans le Temple des Inscriptions le tombeau du grand roi Pacal, qui a régné au VIIe siècle. Une nouvelle découverte réalisée récemment alimente d'autres théories et soulève des questions sur l'identité de la Reine Rouge, dont le corps à été retrouvé dans un des temples. Cet endroit a sûrement plein d'histoires à nous apprendre encore. Nous entamons la visite du site sans guide cette fois-ci, sous un ciel un peu couvert. Nous observons les différents temples sur lesquels nous avons le droit de monter sans aucun aménagement ou protection, au grand bonheur des filles.
Le site archéologique de Palenque
Nous sommes impressionnés par les bas-reliefs et les sculptures, mais aussi par le nombre de vendeurs de souvenirs en lien avec la culture maya. Un petit instrument en céramique, représentant le jaguar fait fureur sur tous les sites touristiques des environs. En soufflant dedans, celui-ci reproduit le rugissement du jaguar et les enfants ne s'y lassent pas.
Suite de la visite
Après avoir fait le tour des ruines, nous longeons la route asphaltée pour descendre vers l'entrée du parc où se trouve le musée et où notre chauffeur est censé nous récupérer dans moins de 40 minutes. En descendant vers le musée, nous nous rendons compte que nous avons raté un joli sentier qui longe une rivière à travers la forêt où se cachent d'autres ruines, des temples et des habitations, mais aussi deux petites cascades dont une magnifique nommée Baño de la Reina. La reine venait apparemment se laver à cet endroit, juste à côté des bains de vapeurs. Nous faisons tout de même le petit détour pour visiter rapidement ce côté plus sauvage du site, avec une pointe de déception: nous aurions apprécié qu'il soit mieux indiqué et qu'on le découvre dans son intégralité.
Visite rapide de ce circuit caché
Il nous restent quelques minutes seulement pour visiter le musée. Malgré le temps qui court, nous marquons une petite halte au stand d'une dame qui vend des tamales cuisinés d'après une recette locale et une boisson à base de maïs.
Notre déjeuner constitué de tamales
En moins de 10 minutes nous visitons le musée et nous sortons pile à l'heure pour le rendez-vous avec le minibus. Sauf que celui-ci n'est pas à l'heure et nous devons l'attendre encore 10 minutes. Je regrette un peu de m'être dépêchée au musée car finalement avec le retard du chauffeur, j'aurais pu prendre le temps de regarder et lire plus attentivement les panneaux explicatifs. Je les ai quand même pris en photo pour les lire plus tard, donc rien n'est perdu.
Une partie de l'exposition au musée
Le minibus qui était à moitié vide ce matin, est maintenant bien rempli. Il a visiblement récupéré d'autres touristes à Palenque entre temps. Prochain arrêt : la cascade Misol-Ha dans 20 km. La cascade est très jolie, nous l'admirons et nous nous promenons derrière ses chutes d'eau, mais nous n'avons pas le temps de nous baigner car le chauffeur est pressé pour aller à Agua Azul.
La cascade Misol Ha
40 km plus loin, nous débarquons du minibus au niveau de la cascade Agua Azul et ce que nous voyons nous impressionne. Nous nous attendions à un endroit calme, sauvage et préservé et en réalité sur place il y a la foule. S'ajoutent à ça les restaurants, les vendeurs ambulants de nourriture, les stands d'artisanat et les terrasses installées littéralement au pied de la cascade. C'est très loin de l'image paisible que nous avions en tête. L'après-midi est bien entamé quand nous arrivons à Agua Azul et malgré les quelques fajitas à la purée d'haricots rouges que nous avons mangés dans le minibus, nous avons un peu faim. Nous achetons quelques empanadas à la pomme de terre et au fromage. Maëlys n'a qu'une idée en tête: se baigner. J'en ai moins envie, car le ciel est très couvert et une pluie tropicale nous tombe dessus. Nous nous mettons à l'abri pendant quelques minutes, mais nous comprenons vite que, tout comme l'autre jour, la pluie n'est pas prête à s'arrêter tout de suite. Cependant, a un moment donné le débit commence à diminuer, alors nous nous mettons en route et partons admirer la cascade en suivant le sentier qui a été aménagé dans ce but et qui est bordé de stands de souvenirs. Elle est vraiment impressionnante, cette cascade!
La magnifique cascade Agua Azul sous la pluie
Nous avons beaucoup hésité à réaliser ce tour pour venir la voir car, en période de pluie, les eaux sont marron et pas turquoises comme sur les photos. Avec la pluie, je m'attendais à être déçue, mais je suis fascinée et surprise d'une part par la couleur encore assez pure de l'eau et par les dimensions de la cascade. Les pluies de ces derniers jours ont participé à augmenter le débit de l'eau et à rendre la cascade encore plus épatante. Nous montons à pied jusqu'au point le plus haut du sentier et descendons ensuite en avale de la cascade, où l'eau est plus calme, pour la baignade. Nous avons tous pris nos maillots de bain, mais aujourd'hui je passe mon tour. La pluie, même si elle est de plus en plus éparse, ne me donne vraiment pas envie de me baigner. Entre temps, les autres baigneurs sont sortis de l'eau, alors Emilien et les filles ont la cascade rien que pour eux.
Les trois courageux dans l'eau
Comme d'habitude, c'est Maëlys qui résiste le plus longtemps dans l'eau, mais au bout d'un moment elle abdique aussi. C'est dommage que la météo ne soit pas au rendez-vous aujourd'hui. Du coup, nous retournons au minibus un peu en avance par rapport au temps donné sur place. Notre chauffeur, qui a profité pour faire une sieste dans un hamac, à l'abri d'une terrasse, se réveille et nous partons enfin. La clim du minibus nous fait un peu peur car nous sommes trempés. Nous essayons de nous couvrir avec ce que nous avons dans notre sac. À peine parti que le minibus s'arrête à un carrefour et il nous dit de changer de véhicule. En effet, une partie des touristes rentre à Palenque et l'autre partie continue vers San Cristobal, une autre ville de l'Etat du Chiapas. Le retour se passe bien, malgré la vitesse et les secousses que cela entraîne à l'arrière du minibus. À peine réchauffés et séchés au retour à l'hôtel, que nous devons affronter à nouveau la pluie pour sortir manger quelques pâtes qui font plaisir aux filles. Nous rangeons ensuite le maximum des affaires dans nos sacs, car demain c'est un départ de bonne heure vers la ville de Bacalar.
To be continued...





















































































































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