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Une météo capricieuse à Bacalar

  • Photo du rédacteur: 1anenparenthese
    1anenparenthese
  • 23 janv. 2023
  • 9 min de lecture

Jour 1 : des Chiapas au Quintana Roo

Ce matin, nous avons rendez-vous à 9h au terminal de transport Brisas de Agua Azul. Nous avons décidé de faire une petite économie en les choisissant, plutôt que de passer par la grosse compagnie ADO, adulée par les touristes. Chose que nous regrettons très vite : le bus est en retard et le bus n'est pas un bus mais plutôt un minibus, ce qui change la donne sur un trajet de 8h. Alors certes, nous avons peut-être économisé l'équivalent de 10 euros, mais ça ne les vallait pas. C'est hélas souvent comme ça en Amérique du Sud et Centrale: on te promet un service, tu le paies puis pas à pas tu te rends compte que ce n'est pas à la hauteur des promesses... Une fois l'amertume de cette "surprise" passée, nous apprenons que le minibus nous déposera au bout d'une heure à un croisement de routes et que nous monterons cette fois-ci dans un vrai bus. Dans le minibus nous rencontrons un couple de Suisses qui va a Bacalar aussi. En leur compagnie, le trajet se déroule bien, malgré une attente prolongée dans un terminal de bus rustique et improvisé où nous avons été déposés par le minibus. Par contre, les paysages sont loin d'être extraordinaires dans cette partie du pays et dans le bus il fait chaud, alors la route nous paraît assez longue.

Au bout de 8h30 de mobilité, nous arrivons enfin à Bacalar. Il doit rester une heure avant que le soleil ne se couche, alors nous nous hâtons à rejoindre notre hôtel. Juanita, la gérante, nous accueille puis nous présente notre chambre. C'est assez propre et spatieux, il y a une cuisine commune à disposition ainsi qu'une petite piscine. Nous nous sentons très vite à l'aise dans cet environnement. Une fois installés, je pars à la supérette du coin acheter de quoi préparer à manger et faire également un petit apéro. Mais l'alcool n'est pas autorisé à la vente le dimanche dans cet État, surprenant... Ce sera donc sans apéro ! Après le repas, nous nous mettons d'accord sur les points d'intérêts à visiter à Bacalar, puis vient l'heure de rejoindre les draps.


Jour 2 : timide visite de la ville

Ce matin, la météo n'est pas en fête. A vrai dire, il n'arrête pas de pleuvoir. En se renseignant un peu, nous apprenons qu'un ouragan (Agatha) sévit à quelques centaines de km à l'ouest, dans l'état du Oaxaca. Notre météo déplorable n'est donc pas un hasard, même si nous sommes assez loin et épargnés, nous tenons le coupable du vent et de la pluie. Le problème est que cette situation risque de durer, voir de s'empirer si l'ouragan Agatha se déplace vers nous. Tout n'est pas perdu, nous profitons de cette pause imposée pour avancer dans le blog et la scolarité des filles.

En début d'après-midi, la pluie cesse. Nous sautons sur l'occasion pour partir à la découverte de la ville et à en humer l'ambiance. Bacalar est surtout célèbre car elle borde une lagune à sept teintes de couleurs qui est directement reliée à la mer des Caraïbes. Autre avantage, elle est épargnée du tourisme de masse comparée à d'autres villes du sud du Mexique (Tulum, Cancun, Playa del Carmen, pour ne citer qu'elles). Pour résumer, nous sommes à Bacalar pour voir les plus belles couleurs de l'eau qu'abrite ce monde et il fait un temps dégueulasse, annihilant toute lumière... Mais nous gardons le moral et marchons le long de la lagune en direction du centre-ville. La première chose qui nous choque est que le bord de lagune est entièrement composée de parcelles privées, encerclées de grillages et il n'y a pas moyen de s'approcher de l'eau. D'autant plus que nous longeons actuellement une cenote ouverte sans pouvoir même l'apercevoir, ce qui est légèrement frustrant. Heureusement, un km plus loin nous tombons sur le Balneario municipal. Celui-ci donne un accès gratuit à la lagune et est aussi la zone de départ de plusieurs lanchas. Nous en profitons pour examiner les tarifs, les horaires et les différents circuits des bateaux. Bon à savoir : pas de départ le mercredi, qui est un jour pour la préservation de la lagune. Une fois les informations en poche, nous allons nous détendre un bon moment sur le ponton. Malgré un temps capricieux, la lagune est merveilleuse et on ose à peine imaginer les couleurs sous le soleil. Pendant que nous faisons la trempette des pieds, un homme se pointe vers nous en paddle. C'est un Français expatrié au Mexique depuis plusieurs années, mais seulement depuis 2 ans à Bacalar. En allant de ponton en ponton, il vend ses chocolats faits maison. Pour l'aider et parce que ça nous fait de l'oeil, nous lui en achetons un petit format. Délicieux !

Paradisiaque ce ponton


La trempette terminée, nous continuons en direction du centre-ville, et plus particulièrement du Fort de San Felipe de Bacalar. Cette forteresse du 18ème siècle construite par les Espagnols, avait pour vocation de combattre les nombreuses attaques de pirates. La visite n'est pas possible à cause de la crise sanitaire. Ce n'est pas grave, nous admirons l'édifice de l'extérieur. Cette observation nous permet d'y découvrir des habitants inattendus. Sur les pierres du fort, des dizaines d'iguanes cherchent à chauffer leur belle peau rugueuse. Ils ont la couleur des roches, ce qui complique notre tâche pour les distinguer. Autre animal original en ce lieu, nous avons l'honneur d'être en présence de 3 renardeaux dans la fosse. Ils semblent avoir bravé l'interdiction de sortir du terrier et se bagarrent entre eux. Leur manège devient l'attraction principale, reléguant le fort au dernier rang.

Le Fort San Felipe de Bacalar


Sur la place principale, une exposition permanente explique la faune et la flore autour de Bacalar, notamment les stromatolithes, une des plus anciennes formes de vie sur terre. Ces structures organiques sédimentaires attirent chaque année de nombreux aficionados des sciences. Le paradoxe, c'est qu'ils sont également situés dans le lagon le plus connu du sud Mexique, autant dire que des milliers de touristes qui ne s'y intéressent pas viennent aussi et les piétinent par manque de savoir et de protection de la part du gouvernement local. Ainsi, cet organisme vieux comme le monde, disparaît sous nos yeux à petit feu.

Après avoir lu les panneaux explicatifs, nous continuons notre ballade dans le centre. Celui-ci n'est pas très grand et on est loin du charme d'une ville coloniale par exemple. Pour finir notre boucle, nous passons dans une supérette pour faire le plein de vivres pour les deux prochains jours.

En ballade dans le centre de Bacalar


De retour à l'hôtel, nous nous rattrapons sur l'apéro manqué la veille et en profitons pour découvrir la Tecate, la bière la plus consommée au Mexique.

Santé !


Pour le reste de la soirée, c'est cuisine et repas équilibré : ça change !


Jour 3 : une météo désastreuse...

Dès le réveil, nous comprenons que ça ne va pas être farniente aujourd'hui... L'ouragan Agatha continue de sévir sur la côte ouest et nous en subissons des conséquences nettement plus minimes, mais suffisantes pour rester cloîtrés. Heureusement pour nous, le fait d'avoir un hôtel confortable facilite l'attente. Nous en profitons pour faire école aux filles et jouer au yams. En fin d'après-midi, Maëlys et Alicia trouvent même le courage d'aller se baigner sous la pluie.

La mignonne piscine de l'hôtel


Bref, c'est une journée off !


Jour 4 : enfin quelques éclaircies aux Rapidos

Nous commençons quand même à tourner en rond dans cet hôtel. Mais cette fois, la météo est très changeante et nous sentons que nous devons saisir notre chance. Le temps de préparer notre pique-nique et nos maillots de bain, puis nous partons en quête d'un taxi aux alentours.

Notre souhait est de rejoindre Los Rapidos, un lieu où la lagune se montre la plus étroite, à quelques km au sud de Bacalar. Les couleurs y sont encores plus belles et la vitesse du courant légèrement plus forte, juste de quoi se laisser bercer. A notre second essai avec un taxi, nous arrivons plus ou moins à un arrangement qui nous convient. Les prix sont plus élevés que d'habitude, mais il va falloir s'y faire, à chaque destination on s'approche un peu plus de Cancun, donc du tourisme massif américain et des tarifs qui vont avec.

Quinze minutes plus tard, nous voici devant un bar/restaurant. Celui-ci possède tout le terrain avoisinant et fait payer le droit de passage à chaque visiteur. Une fois les billets d'entrée réglés, nous sommes équipés d'un joli bracelet vert, nous donnant accès à tout l'espace. On est bien loin d'une nature ouverte à tous comme en Bolivie par exemple. Au Mexique, c'est la politique de la privatisation à outrance !

Ambiance chill sur la terrasse


Bien que la luminosité ne soit pas parfaite, c'est un véritable coup de coeur. Les nuances de vert et bleu sont incroyables ! Alicia et Anca prennent le temps d'enfiler un gilet de sauvetage, puis nous longeons le ponton le long de la mangrove, jusqu'à son maximum, avant de nous jeter à l'eau. Non seulement l'univers est magnifique, mais en plus c'est assez fun. Les filles s'y donnent à coeur joie ! Vers la fin du parcours, le courant prend un peu de vitesse pour ajouter une note d'adrénaline. Après notre premier passage, nous savons déjà que nous allons rester là un bon moment, l'attraction naturelle nous plaît à l'unanimité.

Los Rapidos, au sud de Bacalar


Les passages s'enchaînent et on ne s'en lasse pas. Au contraire, Alicia et Maëlys sont de plus en plus enjouées et déterminées à y retourner. Parmis les animaux présents ici, nous observons de nombreux petits poissons et surtout un serpent vert qui passe dans l'eau juste sous nos yeux. Pas très rassurant... On va dire qu'il a plus peur que nous et qu'il voulait juste traverser au plus vite. Nous mangeons discrètement notre pique-nique sur un côté de la terrasse car nous sommes les seuls à ne pas consommer, pas dit que d'amener sa propre nourriture soit autorisé. Après ce repas mangé en vitesse, nous repartons pour notre activité favorite: nous laisser porter par les petits courants d'eau.

Un super moment pour toute la famille


Après avoir amplement profité des lieux, nous nous résignons à sortir. Nous attendons quelques minutes notre chauffeur de taxi, qui est censé venir nous récupérer, puis nous voilà de retour à notre petit hôtel de Bacalar. Nous achevons cette journée par une guerre sans merci contre les moustiques. Par je ne sais quel miracle, ils sont entrés par dizaines dans la chambre. C'est donc une chasse, armés de serviettes, qui se met en place. Mission accomplie, une demie-heure plus tard la pièce est vidée de ces parasites. Parfait pour passer une bonne nuit.


Jour 5 : en lancha sur le lagon

Une fois encore, la météo n'est pas avec nous. C'est quand même bien dommage d'être à Bacalar, au lagon à 7 couleurs, et de n'avoir aucune lumière. Nous ne manquons pas de remercier Agatha. C'est notre dernier jour ici et nous avons déjà allongé d'une nuit notre séjour, il n'est plus vraiment possible d'attendre plus. Donc que la météo soit bonne ou non, nous voilà partis en direction du Balneario Municipal pour embarquer dans une lancha.

Nous optons pour le circuit classique, à savoir : le Canal de los piratas, le Cenote Negro, l'Isla de los Pajaros et le Cenote Cocalitos. Dans le bateau, nous sommes un petit groupe de 10 touristes, venus de tous les horizons. Nous commençons notre visite par l'Isla de los Pajaros (l'île aux oiseaux). A ses abords, la lancha largue l'ancre et le guide nous invite à aller piquer une tête dans l'eau. Sitôt dit, sitôt fait ! L'eau est tellement belle et transparente qu'il est impossible et inutile de résister. On ne va pas se mentir, nous n'observons pas vraiment les oiseaux, mais l'endroit est paradisiaque. Après 20 minutes de trempette, nous sommes priés de retourner à bord.

Un premier arrêt idyllique aux bords de l'île aux oiseaux


Nous prenons désormais le cap pour rejoindre le Cenote Cocalitos. En chemin, les paysages sont grandioses et on ne se lasse pas de la couleur de l'eau, presque surréaliste. Après 15 minutes de navigation, nous atteignons notre étape. Ce cenote (comprendre "trou d'eau naturel") est ouvert sur la lagune et on le distingue facilement par le changement de couleur de l'eau tirant vers le plus sombre. Cette fois-ci, pas d'invitation à la baignade, les cenotes autour de Bacalar ont des profondeurs allant de 50 à 100m, le guide ne prend donc aucun risque avec ses touristes. Collée à la Cenote Cocalitos, une multitude de hamacs et balançoires plongés à mi-hauteur dans l'eau. Cet endroit est privatisé aussi et ce n'est pas prévu dans notre croisière, à croire qu'il fallait payer plus cher. Maëlys est déçue car les balançoires sont évidemment tentantes, mais n'étant pas des voyageurs Instagram c'était loin d'être notre priorité.

Vers le Cenote Cocalitos


Nous repartons des plus belles, cette fois en direction du Cenote Negro, le plus profond du lagon. Une fois encore, nous restons assis bien sagement dans l'embarcation. C'est impressionnant comme sensation, de flotter au dessus d'un énorme trou d'eau. Qui sait ce qui vit au fond de cette cavité ?

Une eau bien plus sombre au Cenote Negro


Pour finir en beauté, nous nous dirigeons désormais vers le fameux Canal de los Piratas. Une vingtaine de minutes suffisent à rejoindre ce haut lieu célèbre des touristes. Le guide nous explique que les pirates apparaissaient par ce canal juste avant de venir piller Bacalar. Après vérification sur Google maps, le terrain ne coïncide pas vraiment avec ces dires, mais l'information a l'air véridique cependant. Il n'empêche que le lieu est splendide. Sur place, nous en profitons pour faire une bonne baignade. Le sable à cet endroit est très particulier d'aspect et de texture. Nous lisons sur un panneau mis à disposition que ce sable argileux possède des propriétés exfoliantes. Il n'en faut pas plus pour qu'Anca commence son bain de sable ! En plein milieu de la lagune, nous tombons sur la base d'un bateau en ciment. Visiblement, le projet de construction a été abandonné. Nous apprenons que ce bâtiment devait être un restaurant, mais les autorités mexicaines ont retiré le permis de construire en cours pour motif d'atteinte à l'écosystème local. Mieux vaut plus tard que jamais...

Le Canal de los Piratas


Mais trêve de plaisirs, nous devons rejoindre le bateau pour rentrer au Balneario Municipal. Malgré un manque évident de lumière, nous ne sommes pas déçus de cette escapade, c'est un véritable bonheur pour la rétine. Une fois sur le ponton, nous rejoignons à pied notre petit hôtel et sa tranquillité. En chemin, les moustiques s'attaquent à nos jambes et à nos bras en plein jour avec une férocité incroyable. Le soir, après une nouvelle chasse aux moustiques dans la chambre, nous passons à table puis préparons nos sacs pour le lendemain.

Prochaine destination : Tulum !



To be continued...

1 commentaire


Gabrielle Bernhard-Van Den Heuvel
Gabrielle Bernhard-Van Den Heuvel
23 janv. 2023

Magnifique!

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©2021 par 1 an en parenthèse.

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