Voyage en Terre de Feu à Ushuaïa
- 1anenparenthese

- 26 juin 2022
- 18 min de lecture
Jour 1 : le stress des frontières...
Réveil 6h, ça pique un peu les yeux, mais c'est pour une bonne cause car nous prenons la route pour rejoindre Ushuaïa. Cependant, nous sommes un peu stressés car nous n'avons que peu de retour sur ce trajet qui a la particularité de passer par le Chili, sur une portion de deux heures. Le soucis, c'est que nous n'avons pas les pré-requis pour aller au Chili puisqu'il est nécessaire que les filles soient vaccinées, que nous disposions d'une troisième dose et que nous ayons monté un dossier MeVacuno pour avoir l'autorisation d'y aller. Hors, nous n'avons aucune de ces trois conditions remplies. Aussi, les retours que nous lisons sont diverses. D'un côté, certains se font refouler à la frontière, obligés de fait à retourner à Rio Gallegos pour y prendre un avion hors de prix. De l'autre, certains passent sans problème, Marga Taqsa leur a juste confisqué les passeports pendant les deux heures de voyage au Chili. Nous sommes donc dans l'incertitude et dans le doute quant à ce trajet.
Avec peine, nous trouvons un taxi pour nous emmener au terminal de bus de si bon matin. Tout semble bon, le bus est à l'heure, nous remplissons un formulaire de sortie d'Argentine que nous remettons au chauffeur et nous grimpons dans le véhicule. Trois quarts d'heure plus tard, nous voici déjà à la sortie du pays, le chauffeur remet les formulaires des passagers aux autorités, nous passons très rapidement cette étape. Un kilomètre plus loin, se trouve le poste chilien, le bus y fait halte. Nous avons le droit à un contrôle de tous les bagages, gare à celui ou celle qui tenterait de faire passer une banane : les choses sont prises au sérieux et il est formellement illégal de passer la frontière avec des fruits/légumes/plantes. Encore une fois, pas de soucis et nous nous rendons désormais devant le service de migration. Quelques questions et vérifications de documents plus tard, le passeport est tamponné, nous sommes soulagés. Comme nous l'avions lu dans un des deux scénarios possibles, le chauffeur confisque les passeports de tous les passagers pour les deux heures qui suivent. Règle n°1 du voyageur : ne jamais se séparer de son passeport. Pour le coup, c'est loupé, pas le choix sur ce trajet...
L'archipel de la Terre de Feu est géologiquement bizarrement fait. Le bus doit embarquer dans un gros navire pour une traversée de 20 minutes. C'est assez original et sympa finalement comme trajet.
Traversée d'un canal avec le bus
Les filles restent au chaud, tandis qu'Anca et moi bravons le froid pour aller prendre l'air. Le paysage est assez beau et agréable. Anca me crie de venir voir de l'autre côté du bord. Incroyable ! Deux toninas, les dauphins noirs et blancs que nous avions manqué à Puerto Madryn, nagent et sautent le long du bateau. Ils sont magnifiques ! Leur présence est de très courte durée, mais c'est un réel bonheur d'avoir pu les observer. Suite à cette rencontre, nous remontons dans le bus et en parlons aux filles : elles sont évidemment déçues d'avoir raté le spectacle. Quelques minutes plus tard, le navire arrive à quai, le bus repart de plus belle. Le temps d'une micro sieste et nous voici déjà à la sortie du territoire chilien. Rebelote, nous récupérons nos passeports, présentons les documents, tampons de sortie, puis la même chose pour re-rentrer en Argentine. Mentalement sportif ce trajet !
Cette fois, plus de stress à avoir, nous filons droit vers Ushuaïa. Le paysage change du tout au tout et se vallonne, jusqu'à traverser des zones montagneuses. Un vrai plaisir pour les yeux cette partie de la route. Finalement, après une longue journée de route, nous voici à Ushuaïa, ville la plus australe du globe terrestre. En réalité, Puerto Williams au Chili, situé à quelques kilomètres de là, est la ville la plus australe. Mais elle ne peut glaner ce titre car son nombre d'habitants est trop faible. On ne va pas se mentir, nous vivons un rêve éveillé d'être là, à l'autre bout du monde et si proche de l'Antarctique. D'ailleurs, on est très loin de l'univers de la publicité du célèbre gel douche : pas de cocotiers en vue et hors de question de se mettre en maillot de bain avec le froid qu'il fait. Ushuaïa est également célèbre en France grâce à l'émission de Nicolas Hulot, qu'ont visionné des millions de foyers de 1998 à 2014. Pour nous, c'est l'occasion de découvrir le monde austral, sa faune et sa flore et de pointer sur l'endroit le plus au sud du continent, après avoir été sur celui le plus au nord il y a quelques mois (au désert de Guajira en Colombie). Celà en fait des milliers de kilomètres en bus et sac à dos !
C'est en fin de journée que nous arrivons au terminal de bus de la ville. Comme il fait nuit, nous prenons un taxi jusqu'à l'appartement que nous avons réservé. C'est une agréable surprise, le logement est neuf, propre, bien équipé, et dispose de grandes baies vitrées donnant sur le Canal de Beagle. Nous allons être bien ici pendant quelques jours. Pourtant, le logement n'était pas beaucoup plus cher que la moyenne d'Ushuaïa, c'est un confort auquel nous ne sommes pas habitués, mais je sens qu'on va vite y prendre goût. Bien que nous soyons exténués, nous allons faire quelques achats pour le repas, puis rentrons à l'appartement pour apaiser notre faim. La digestion aidant, nous trouvons vite un sommeil réparateur.
Jour 2 : cap sur le Canal de Beagle
Se réveiller dans la ville du "bout du monde", c'est son joli surnom, ça fait quelque chose. Surtout quand la vue est aussi belle au petit déjeuner.
Prendre son café dans ces conditions, on a connu pire ...
Depuis la fenêtre, nous voyons même une otarie se promener de bon matin. Pour couronner le tout, nous avons une météo exceptionnelle. En effet, la majeure partie du temps en cette saison, Ushuaïa est sous la pluie ou la neige et le vent, ce qui n'est pas du tout le cas actuellement. Nous profitons de cette matinée pour nous reposer un peu, ainsi que pour organiser nos quelques jours dans la ville.
Après le repas du midi, nous sortons de l'appartement en direction du port d'Ushuaïa. Nous sommes à 20 minutes à pied et c'est très agréable de se promener le long du canal. Le décor est impressionnant avec les montagnes enneigées tout autour.
Ballade jusqu'au port d'Ushuaïa
Nous avons rendez-vous à 14h00 pour une sortie de 5 heures sur le Canal de Beagle. Plusieurs options sont possibles dans les excursions en bateau, nous optons pour celle qui va jusqu'à l'île de Martillo. Arrivés à l'agence, nous déchantons rapidement. La dame s'excuse car elle a oublié de booker notre réservation faite une semaine plus tôt par téléphone... Nous sommes dégoûtés car notre programme est fait pour les jours suivants et pas question de supprimer une sortie. Nous supplions l'agence de nous trouver une place. Elle se sent gênée et multiplie les appels. Finalement, elle nous dégote des sièges chez un concurrent, des gens se seraient debookés à la dernière minute. Celà nous convient très bien et nous la remercions pour son effort. Soulagés, nous embarquons pour une longue virée. L'ambiance à bord est un peu chic, le genre de tourisme qu'on ne fait pas trop : une employée commente au micro ce qu'on voit par la fenêtre, chacun doit bien rester assis sur son siège jusqu'à ce que l'autorisation de se lever soit donnée. Ça fait un peu croisière, mais on s'en contentera, l'important est de naviguer sur le majestueux canal et d'y observer les sites majeurs. Au programme c'est prévu : l'Isla de los Pajaros, l'Isla de los Lobos, l'Isla du Faro Les Éclaireurs et enfin l'Isla Martillo. Une fois tout le monde en place, le bateau démarre les moteurs et nous débutons cette croisière d'observation de la faune. Nous naviguons tout l'après-midi sur le Canal de Beagle. Celui-ci a pour particularité d'être une frontière naturelle entre le Chili et l'Argentine. C'est d'ailleurs un sujet qui a longuement été débattu : les frontières entre les deux pays, au niveau de la Terre de Feu, ont énormément évolué au cours des deux derniers siècles. Aussi, ce canal long de 240 km tire son nom du navire britannique HMS Beagle, qui prit part à deux missions hydrographiques au 19ème siècle.
Avec cette météo parfaite, le paysage est grandiose et nous passons la majeure partie du temps sur le pont à observer tant le côté argentin que celui chilien.
La croisière s'amuse...
Rapidement, nous atteignons le premier objectif : l'Isla de los Parajos (l'île des oiseaux). Sur cette petite île, des centaines de Cormorans de Magellan s'agglutinent parmi quelques lions de mer et otaries. Le son émis par ces derniers est surprenant, on est plus proche de la vache qu'autre chose.
Curieuse petite île
Nous continuons notre bout de chemin sur le Canal de Beagle et quelques minutes plus loin c'est le tour de l'Isla de los Lobos. Cette fois-ci, c'est l'inverse : de nombreuses otaries et peu de cormorans, comme si chacun avait son lopin de terre bien défini. L'île est minuscule mais toute aussi ravissante. Bien que le bateau s'en approche au plus près, les lobos ne semblent pas dérangés le moins du monde. Ils vivent ici leur plus belle vie, à se prélasser au soleil et à s'engager de temps à autre dans des duels avec leurs congénères. Malgré une odeur nauséabonde nous devons admettre que nous les aimons biens. Après tout, ils sont drôles et mignons.
Séance farniente pour les lobos
Nous continuons sur notre lancée pour aller découvrir le 3ème spot : le Faro Les Éclaireurs. Surnommé le phare du bout du monde, il possède un nom francophone car les îlots autour ont été baptisés par le capitaine de frégate Luis Fernando Martial, commandant de l'expédition française de La Romanche en 1882-1883. L'édifice, du haut de ses 11 mètres, surplombe le canal et est encore en fonctionnement aujourd'hui, bien qu'il soit télécommandé à distance. Je tombe sous le charme de cet endroit, que ce soit pour la symbolique qu'il apporte ou tout simplement pour la beauté de cet univers.
L'Isla Faro Les Éclaireurs
Le bateau prend ensuite la direction d'une destination un peu plus lointaine afin de rejoindre l'Isla Martillo. En chemin, nous croisons un banc de dauphins. C'est majestueux ! N'étant pas très doués avec les photos, nous n'arrivons pas à capturer cet instant, tant c'est inattendu. Maëlys est plus réactive et réussit toutefois deux clichés avec le téléphone d'Anca.
Deux dauphins parmi les dizaines croisés dans le canal
Plus tard, nous arrivons finalement sur l'île des manchots : l'Isla Martillo. Nous sommes en fin de saison, ils ne sont donc pas nombreux car la plupart sont déjà répartis vers de nouveaux horizons. Nous en avions observé des centaines à Puerto Madryn, forcément cette fois-ci le spectacle nous impressionne nettement moins. D'autant plus que nous ne devons pas les déranger et ainsi rester dans le bateau. Pourtant, le capitaine ne se gêne pas pour venir se caler directement sur la plage, c'est paradoxal... Je ne sais pas ce qui est le pire pour eux, mais dans ce contexte autant rester à les regarder d'un peu plus loin. Nous guettons l'arrivée, par vagues, des manchots sur la plage : ils nagent si vite ! En revanche, une fois les pattes sur terre, ils semblent si patauds et maladroits. Sur l'île, il est possible de voir plusieurs espèces de manchots, dont le Manchot de Magellan, le Papou et le Gorfou doré. Nous ne trouvons pas ce dernier, la guide nous explique qu'un couple est encore présent sur l'île mais qu'ils sont certainement plus au centre, en phase de repos. Malgré le côté tourisme de masse, c'est une expérience sympathique et nous en profitons pleinement.
Tourisme de masse ? Mais nonnnnnn...
Nous en avons désormais terminé avec les points d'intérêts de la croisière, nous reste à effectuer le retour à Ushuaïa. La météo est vraiment clémente et il est agréable de passer du temps sur le pont en cette fin de journée. Le soleil se couche petit à petit et les paysages ne nous laissent pas indifférents.
Ushuaïa en vue !
Nous rentrons jusqu'à l'appartement, ravis de cette journée. Le temps de se cuisiner un petit plat, puis nous rejoignons nos lits.
Jour 3 : de la boue en veux-tu en voilà...
Après un copieux petit-déjeuner, nous préparons les sandwichs pour le pique-nique à venir ainsi que le sac de randonnée. Benito, le chauffeur de taxi avec qui nous avons négocié plusieurs sorties cette semaine, vient nous récupérer à l'hôtel. Le courant passe bien, l'homme est honnête et sérieux. Je précise honnête car chauffeur de taxi c'est quand même le métier le plus détesté par les touristes en Amérique du Sud : ils ont très mauvaise réputation, surtout dans les grandes villes. Benito est en fait Bolivien et vit à Ushuaïa avec sa famille depuis pas mal d'années car le niveau de vie y est plus élevé. Après une demie-heure de route, il nous dépose au parking du départ du trek. Aujourd'hui, nous nous attaquons à la Laguna Esmeralda. La randonnée ne fait que 8km (4 aller, 4 retour), pas de quoi nous effrayer après le trek que nous avons fait à El Chalten il y a quelques jours. Nous avons lu sur internet que la zone peut être parfois boueuse. Pour sauver nos chaussettes nous sommes venus avec des sacs plastiques (volés au rayon légumes du supermarché...) que nous enfilons aux pieds. Celà a le don d'énerver Alicia, qui trouve que c'est inconfortable, mais elle finit par s'habituer. Notre dégaine ne laisse désormais aucun doute sur le fait que nous soyons des touristes.
La première partie du sentier nous emmène dans les sous-bois et ce n'est finalement pas si boueux que ça. Le paysage automnal est agréable et les kilomètres défilent.
Des sous-bois à la clairière sur le sentier
De nombreux castors peuplent les environs, nous y croisons même un barrage construit par leurs soins. Ils ont à Ushuaïa une image étonnante de nuisibles car en trop grand nombre ils perturbent l'équilibre de la flore locale. Nous continuons tranquillement notre balade sous un soleil éclatant, puis nous passons sur de nombreuses passerelles, nous épargnant ainsi d'être les pieds dans l'eau.
Les passages des passerelles à l'ombre sont délicats, attention à la glissade !
A la sortie d'une passerelle, nous comprenons d'où viennent les commentaires sur internet concernant la boue... C'est un carnage ! Il ne reste qu'un kilomètre pour rejoindre la lagune mais nous sentons qu'il va être long. Pas à pas, tout en assurant notre équilibre, nous y parvenons finalement dans un état presque présentable, le secret : nous avons juste mis 1h à faire 900m. Nous sommes récompensés de cette salissure par un splendide décor. Nous trouvons un rocher d'où la vue sur la Laguna Esmeralda est imprenable et y installons notre pique-nique. A peine ai-je pris une bouchée qu'un invité surprise sort des buissons : un renard et il n'est pas farouche celui-là. Étant habitué aux randonneurs, il s'approche au plus près pour glaner son morceau de nourriture. Maëlys est évidemment aux anges puisqu'il s'agit de son animal favori. En voir un si beau et de si près n'est pas commun.
Instant sandwichs devant la Laguna Esmeralda
Après le repas, nous nous approchons du bord de la lagune pour nous émerveiller un peu plus de sa beauté. Elle est en partie gelée et les filles s'amusent à détacher des blocs fins de glace qui sont "satisfaisants" d'après leurs dires. Ayant pris un peu de retard avec l'épisode de la boue, nous ne nous attardons pas trop car Benito nous récupère au parking à 16h30. Un dernier regard à ce paysage féerique, puis nous entamons la partie retour.
Sur les bords de la lagune
Cette fois-ci, pas question de trainer les pieds dans la boue. Nous faisons les sangliers et coupons à travers les bois et les champs pour rejoindre les passerelles. Le raccourci s'avère technique mais très efficace, nous y gagnons pas mal de temps et nos baskets en sortent également gagnantes. Sur la fin, nous nous égarons quelques peu mais rejoignons le parking où Benito nous attend juste au timing donné. N'ayant plus de cash, nous lui demandons de nous déposer au WesternUnion d'Ushuaïa, situé à Carrefour. Pas de chance, nous y arrivons à 17h05 et il ferme exceptionnellement aujourd'hui à 17h00... Tout ça pour rien, nous voici à l'autre bout de la ville et toujours pas d'argent en poche. Il ne nous reste plus qu'à ronger notre amertume et rentrer à pied à l'hôtel. Maëlys et Alicia en sont particulièrement ravies. Le temps de se remettre en condition, de préparer et manger le repas qu'il fait déjà bien nuit. Au lit, car demain une autre aventure nous attend.
Jour 4 : en chemin vers le Glacier Martial
Nous passons la matinée à faire une bonne session d'école car nous commençons à accumuler un peu de retard. Puis, après le repas, Benito nous envoie un taxi car il n'est finalement pas disponible. Celui-ci nous emmène à quelques kilomètres de là, au pied d'une piste de ski. Notre objectif du jour est d'aller saluer le Glacier Martial, situé sur la montagne du même nom, qui surplombe la ville d'Ushuaïa. En cette saison, il n'y a pas encore de sport de glisse car l'abondance de neige manque à l'appel. Ainsi, la majorité des randonneurs empruntent la piste pour accéder au glacier, mais le paysage n'y est pas folichon. Nous préférons passer par le petit sentier qui la longe, nettement plus agréable bien que certains passages soient plus délicats à cause du gel. Maëlys et Alicia ne sont pas en grande forme, il faut dire que nous enchaînons énormément les sorties depuis Bariloche. Nous décidons donc d'y aller tranquillement et de nous laisser porter par la balade.
En route pour le Glacier Martial
Après une heure d'ascension, nous atteignons un premier mirador donnant sur la ville. Le lieu est magique avec toutes les feuilles d'automne et la neige fraîchement déposée sur l'herbe, nous nous y plaisons beaucoup. A tel point que nous renonçons à l'idée d'aller jusqu'au point final de la randonnée, à savoir le glacier. Pour autant, nous négocions avec les filles de nous rendre juste au mirador principal à 1km de là, avant de revenir profiter des bienfaits de la neige ici. Elles acceptent notre compromis et nous voilà partis sur une corniche quelques minutes.
Un sentier bien mignon le long d'une corniche
Nous ne regrettons pas ce choix, le mirador est exceptionnel ! La météo aidant, nous avons le droit à une vue époustouflante sur Ushuaïa et le Canal de Beagle. Nous restons sur place, comme figés dans le temps, à contempler les merveilles de la Terre de Feu.
A l'horizon, les terres chiliennes
Mais Alicia et Maëlys s'impatientent, il est temps d'aller se rouler dans la neige. Comme promis, nous faisons donc demi-tour jusqu'au mirador précédent. Au début, ça démarre gentillement, on fait un bonhomme de neige, puis on se lance quelques flocons, puis on se roule complètement par terre pour finir en méga bataille de boules de neige. C'est un super moment pour tout le monde, tant pis pour le glacier.
Armez...Feu !
C'est évidemment complètement trempés que nous entamons la descente, cette fois par la piste de ski. Heureusement pour nous, il ne fait pas si froid, nous évitant ainsi de congeler sur place. De retour au parking, nous trouvons un taxi et lui demandons de nous déposer au WesternUnion du Carrefour pour une seconde tentative. A notre grand soulagement il est ouvert, mais il y a une file d'attente monumentale. Une heure plus tard, nous sommes enfin en possession de cash, c'est vraiment le nerf de la guerre les WesternUnion en Argentine. Il fait encore très beau, nous en profitons donc pour rentrer à pied en longeant le Canal de Beagle. Nous y croisons un grand nombre de jeunes collégiens réunis dans un parc à la sortie des cours. Ils sont tous en uniforme, comme la plupart des étudiants en Amérique du Sud. Plus loin, nous nous prêtons au jeu de la photo devant les lettres de la ville d'Ushuaïa. Le temps passe et nous arrivons finalement en fin de journée à l'appartement.
Sur le retour vers l'appartement
La soirée passe également vite à cuisiner, à papoter, ainsi qu'à préparer le pique-nique du lendemain.
Jour 5 : d'une baie à une autre
Le réveil sonne, il est 6h30, c'est un peu difficile mais nous sommes motivés à nous réveiller tôt pour une simple raison. Pour cette dernière sortie nature à Ushuaïa, nous faisons le choix de découvrir le Parque Nacional Tierra del Fuego. Comme tout parc national en Argentine, l'entrée y est onéreuse pour les étrangers et sans réductions pour les enfants. Bref, on a assez donné en Patagonie, surtout que Benito nous a assuré que si nous rentrons dans le parc de bonne heure, les gardiens ne sont pas encore sur place et que la barrière est ouverte. Ni une ni deux, nous programmons un départ matinal vers le Parque Nacional Tierra del Fuego ce matin.
7h30, notre chauffeur est à l'heure, nous voilà partis et croisons les doigts pour que son astuce fonctionne. Il est 7h50 quand nous passons devant le poste de contrôle et nous le passons gratuitement sans aucun problème, 45€ d'économisé en quelques secondes... Merci Benito ! Il nous dépose à un départ de sentier à la Ensenada Zaratiegui. La randonnée fait 8km, mais nous souhaitons la prolonger jusqu'au Mirador Lapataia, tout en faisant un crochet par le Centre de Visitantes Alakush. Soit un total de 16km tout de même, avec les petits dénivelés typiques des bords de mer.
Le support de la journée
Il fait à peine jour quand nous commençons à emprunter le sentier, nous présentant des couleurs que nous n'avions pas encore vues à Ushuaïa. Rapidement, nous faisons des rapprochements avec la Bretagne, une magnifique région de France, vous connaissez ? Effectivement, nous croisons une multitude de moules et berniques ancrées dans la roche, quelques algues par-ci par-là, des criques avec des petites plages. On se croirait à la maison.
Ne manque plus que le Gwenn ha du !
La balade est fraîche, surtout à cette heure. Mais l'avantage est que le parc nous appartient, pas un seul touriste à l'horizon. Pendant les 8km, nous enchaînons des portions longeant la côte avec des portions dans les sous-bois. Nous avons une nette préférence pour les bordures de la Bahia Lapatahia. Nous sommes également trop matinaux pour les Ouettes de Magellan que nous réveillons à notre passage. Les Ouettes sont similaires à des oies et sont le symbole du Parc Nacional Tierra del Fuego, nous sommes donc très contents de les croiser.
Les Ouettes de Magellan
Niveau flore, nous voyons d'étranges champignons violacés et des arbres se protégeant d'une étrange façon. Les kilomètres défilent et c'est un réel plaisir de marcher dans cet univers. Puis, à force d'enchaîner les pas, nous en terminons avec cette randonnée.
Quelques photos de notre matinée
A un kilomètre plus loin, nous rejoignons le Centre de Visitantes Alakush. Celui-ci à le mérite de posséder un petit musée sur la formation des glaciers, sur la faune et la flore locale ainsi que sur les Indiens qui habitaient dans la baie. C'est bref mais très instructif, nous y restons tout de même une bonne demie-heure avant de ressortir pour faire la pause pique-nique.
A partir de là, nous débutons la seconde randonnée de la journée qui mène au mirador Lapataia. Nous longeons dans un premier temps la route, puis bifurquons sur un petit sentier qui slalome entre les lagons. Le décor est complètement différent de ce matin et c'est encore plus paisible de marcher à cette heure, car le soleil a décidé de pointer le bout de son nez. Nous croisons des pêcheurs à la mouche et de nombreux touristes qui débarquent en taxi pour aller s'émerveiller du mirador.
En chemin vers le Mirador Lapataia
Ce second trek nous plaît beaucoup, et bien que nous prenions notre temps, nous arrivons au mirador en avance sur nos estimations. Il est 14h15, le fils de Benito est censé venir nous récupérer au parking à 16h. Pas de soucis, nous décidons de prendre tout notre temps sur ce beau point de vue et de faire un petit crochet ensuite.
Vue depuis le mirador
Comme l'indique une des trois photos ci-dessus, c'est ici que s'achève la Ruta n°3. Elle a la particularité, comme sa soeur la Ruta n°40 mais à l'ouest de l'Argentine, de longer complètement le pays du nord au sud. Ce qui représente un sacré paquet de kilomètres. Du parking démarre une petite balade de 1,2km : le senda Baliza. Comme nous n'avons rien de mieux à faire, nous partons voir de quoi en il retourne. C'est sans regrets, car la promenade dispose encore une fois de multiples points de vues sur la baie. Arrivés à la balise (une sorte de mini-phare lumineux), des barbelés bloquent le passage, nous voici donc au plus loin du bout du monde, impossible d'aller au-delà si ce n'est en payant une excursion de plusieurs dizaines de milliers d'euros pour avoir la chance de toucher l'Antarctique. Nous nous contentons de faire des ricochets avec les filles, c'est plus abordable.
Un, deux, trois, plouf...
Comme convenu, notre pilote arrive à 16h pour nous reconduire à Ushuaïa. De retour à l'appartement, la fatigue nous rattrape, nous achevons cette journée en mode zen.
Jour 6 : école et repos
Après avoir enchaîné les randos, nous décidons de profiter de notre appartement à sa juste valeur. C'est donc un programme composé d'école, de Netflix, d'organisation du voyage, de lessives, de crêpes et de flemmardise aujourd'hui.
Jour 7 : partir comme des princes
Ce matin, nous nous activons pour faire nos sacs prêts à partir ainsi que pour vérifier tous nos documents pour notre vol vers Buenos Aires de l'après-midi. A 10h, nous partons visiter un petit musée qui nous a été conseillé, le Museo del Fin del Mundo. Il y a pas mal de panneaux explicatifs sur la faune de la Terre de Feu, mais ce qui attire notre attention sont plutôt toutes les espèces animales de la région, empaillées. Maëlys les prend en photo un par un afin de pouvoir les dessiner plus tard, ce qui prend un certain temps car des espèces il y en a un paquet. Un autre détail important nous plaît ici, c'est la présence d'un sac à dos rempli d'activités pour les enfants. Alicia et Maëlys se prêtent au jeu et, l'entrain aidant, nous n'entendons plus qu'elles.
Le Museo del Fin del Mundo
En sortant du musée, nous partons faire mon activité préférée : manger. Mais attention, pas n'importe quoi ! Nous nous offrons le luxe d'aller goûter la Centolla Magallanica, autrement dit du crabe royal de Patagonie. Comme son nom ne l'indique pas, c'est un crustacé qui n'appartient pas à l'espèce des crabes. Vivant entre 150m et 600m de profondeur, il s'agit du plus grand crustacé, avec une carapace pouvant mesurer jusqu'à 60cm de diamètre. Quant à ses dix pattes, elles ont jusqu'à 1,5 mètre d'envergure; et fort heureusement car c'est la seule partie comestible de l'animal. Le crabe royal de Patagonie est destiné à l'export à hauteur de 80%, ce qui en fait un mets de choix dans les boutiques et restaurants de luxe. Mais comme nous sommes sur place, le produit est frais et abordable, il n'est donc pas question de rater cette occasion. De nombreux restaurants proposent le crabe à la carte, à l'intérieur de son aquarium il est même la vedette des vitrines. Nous optons pour El Viejo Marino, un établissement bien noté sur Google. L'ambiance est au top et les gens font la queue pour venir y manger, c'est un signe qui ne trompe pas. Arrivant avant le rush, nous n'attendons qu'un petit quart d'heure avant de pouvoir prendre place. Notre choix porte évidemment sur le crabe royal de Patagonie et nous le goûtons sous deux déclinaisons : nature et en sauce. Le tout accompagné d'un verre de blanc, c'est divin.
Ushuaïa et la Bretagne, il y a quand même pas mal de similitudes !
C'est les papilles réveillées que nous quittons le restaurant, pour nous diriger ensuite vers les rues marchandes. Cette fois, je vous le donne en mille, c'est bien l'activité préférée d'Anca qu'on est en train de faire. Heureusement pour moi cette souffrance ne dure pas longtemps, car l'avion n'attend pas et il est désormais temps de rejoindre l'appartement pour récupérer nos affaires.
Prochaine étape, 3000 km plus au nord : Buenos Aires.
To be continued...





























































































































































































































































Trop bien les sacs plastiques 😂😂!